Les États-Unis ont un territoire, et des troupeaux, qui font que le problème de la perte de bétail par le loup est tout autre que dans des contrées telles le petit canton du Valais en Suisse, ou certaines régions françaises.
Le loup gris américain avait disparu de la plupart des régions. Il a été réintroduit dans le parc national de Yellowstone en 1995. Écoutez ce que dit Rodger Schlickeisen, responsable d’une ONG pour la protection de la faune, et ajoutez à ses paroles un ton enthousiaste: “Aujourd’hui, les animaux ont reconstitué des meutes, et leur présence a transformé l’écosystème du parc.
Les élans ont été forcés de changer leurs habitudes alimentaires, et nous voyons revenir les sous-bois, les trembles, les roseaux, ce qui provoque une réaction en chaîne pour bien d’autres créatures: on a vu reparaître les castors, pour la première fois depuis des dizaines d’années. Les barrages qu’ils construisent créent des zones humides, et ces zones à leur tour sont vite peuplées de canards et de loutres. Le retour du loup est un des plus grands succès écologiques de ces cent dernières années.”
Ce retour s’est accompagné d’une part d’une campagne très efficace de démythification de la peur légendaire du loup que l’homme avait amenée depuis l’Europe, et d’autre part de mesures de compensation pour les fermiers qui perdraient une bête par la faute d’un loup (il y en a peu, mais il y en a).
On voit donc que pour beaucoup d’Américains le loup a pris une connotation positive: Yellowstone est fréquenté par des dizaines de millions de personnes chaque année, et chaque jour elles sont très nombreuses à se poster aux endroits propices pour en voir. À tel point que depuis trois ans, de nombreuses protestations se sont exprimées contre la politique de l’administration Bush par rapport aux parcs nationaux, et contre l’intention exprimée de couper les crédits pour les entretenir, et pour protéger la faune qui s’y trouve.








Les commentaires récents