Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, tuée par des chasseurs

Ourse_canelle Une ourse baptisée Cannelle, la seule femelle connue de souche pyrénéenne en Pyrénées-Atlantiques, a été abattue lundi par un chasseur près d'Urdos en vallée d'Aspe.

Alors qu' un groupe de chasseurs faisait une battue aux sangliers, l'ourse accompagnée d'un ourson, s'est sentie menacée et a chargé les chasseurs, selon la cellule de renseignement de la gendarmerie de Pau.
Bien que les ours bruns des Pyrénées soient une espèce protégée, l'un des chasseurs a tiré à bout portant pour se défendre, blessant mortellement l'animal.

Cannelle, âgée d'une quinzaine d'année, était la dernière ourse femelle autochtone recensée en Béarn, selon l'association FIEP (Fonds d'intervention eco-pastoral) de Pau, qui s'occupe de la protection des ours. Elle avait été aperçue avec un ourson l'été dernier en vallée d'Aspe.

En Béarn et Navarre, la zone à ours qui couvre environ 100 000 ha, à cheval sur France (Aspe, Ossau) et Espagne, compte une demi-douzaine d'ours. Papillon, le vieux mâle emblématique de la nature sauvage dans les Pyrénées, et père de tous les oursons de Cannelle jusqu'à l'année dernière, s'est éteint en juillet.

A Paris, le ministère de l'Ecologie a confirmé l'incident mardi matin.
"Les chasseurs ont agi en légitime défense, la femelle protégeait son petit et a chargé les chiens, en blessant un, un des chasseurs a alors tiré", a précisé le directeur de la Nature et des Paysages au ministère, Jean-Marc Michel, joint par l'AFP.

Le petit, dont on ignore s'il est de sexe mâle ou femelle, "s'est enfui ou se cache".
Selon M. Michel, il n'y a plus désormais d'ours femelle dans la vallée d'Aspe mais seulement un mâle d'origine slovène et peut-être un autre mâle "qui navigue entre l'Espagne et la vallée d'Aspe".
Au total, d'après ce responsable du ministère, la population des ours pyrénéens comporte encore "plus de 15 individus dont trois ou quatre femelles".

"Aucune circonstance atténuante" ne saurait justifier "cet acte inqualifiable et catastrophique pour l'une des espèces les plus emblématiques de notre patrimoine naturel", écrit l'association Action Nature dans un communiqué.

"Les chasseurs et organisateurs de cette battue au sanglier (...) savaient parfaitement que, sur le site où ils allaient s'adonner à leur loisir, se trouvait Cannelle et son ourson de l'année", poursuit-elle.
"La mort de la seule femelle pyrénéenne connue est un crime contre la nature", juge de son côté la Ligue Roc de l'astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves. "L'ourson orphelin va-t-il survivre", demande-t-elle dans un communiqué.

(AFP)

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