Les cloches (las esquires)
Moment de fête lors de la préparation du troupeau, les plus belles sonnailles sont accrochées au col des brebis dominantes. Les sons font partie intégrante de la transhumance.
Quand on ne voit pas le troupeau, on l'entend. Esquires, esquirrous, trucs, toupies, autant de nom différents pour désigner les sonnailles qui animent la montagne, l'été, au rythme des mouvements des animaux. Leur musique bien agréable est en réalité très utile et précieuse, quand le brouillard envahit les pentes qui dissimule tout à la vue.
Elles sont également précieuses quand le bétail est dans les bois, le berger sait précisément si toutes sont là. Chaque animal porte une cloche différente en fonction de son âge. Il y en a une qui est plus grosse que les autres, c' est la "métale". Elles ont toutes des battants en coeur de sapin. Les plus petites "esquirous" on les met sur les jeunes bêtes.
Fixé au cou de l'animal, ce collier est complété par une sonnaille dont le tintement permanent permet au berger de connaître la position de ses bêtes dans l'alpage ou dans la prairie. Finement décorée et sculptée, sans doute par le berger, cette pièce témoigne de l'attachement de l'homme à son troupeau, mais aussi de la situation sociale du propriétaire des animaux.
Collier d'une seule pièce décoré de formes géométriques. Travail finement exécuté. Deux clavettes en forme de visage humain maintiennent une sangle en cuir à laquelle est
suspendue une clochette en fer forgé dont le battant est constitué par une ancienne clé. (photo musée Dauphinois)