Nous avons appris le 14 décembre que les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage des Alpes Maritimes (04) ont acheté une dizaine de brebis vivantes destinées à servir d'appât dans le but de tirer un loup dans le cadre du quota de quatre loups valable jusqu'au 31 décembre 2004.
Sur la commune du Beuil, à 1630 m d'altitude en zone périphérique du Parc National du Mercantour, les agents de l'ONCFS ont monté un affût dans une grange et parqué les brebis vivantes à proximité. À l'aube du vendredi 17 décembre, nos bénévoles, accompagnés d'une équipe de télévision, ont pris en flagrant délit les agents de l'ONCFS en pleine embuscade.
Ces méthodes sont peu orthodoxes. L'arrêté du 13 août 2004 précise que les tirs ne peuvent être menés que sur les territoires où "les dommages sont importants malgré la mise en place des mesures de prévention", ou dans les cas où "des moyens de protection efficaces contraindraient fortement les conditions d'exploitation au point de remettre en cause le fonctionnement des systèmes pastoraux les plus adaptés". Certes, sauf qu'à la mi-décembre, les brebis sont depuis longtemps en bergerie et le loup ne menace donc plus ni les brebis ni les systèmes pastoraux.
On ne peut que regretter ces pressions mises sur l'ONCFS à quelques jours de la fin de l'autorisation de tir. On peut regretter également que l'État utilise sa police de protection de la nature dans le but de contrevenir à un arrêté qu'il a lui même promulgué.
Nous sommes restés vigilants sur le terrain jusqu'au 31 décembre. Un grand merci à tous nos bénévoles qui se sont investis à nos côtés pour parcourir la montagne dans tous les sens par tous les temps. Sans eux, les abus dans cette procédure de tir n'auraient pu être dénoncés de façon aussi flagrante.