Avant les analyses génétiques auxquelles un poil peut être soumis, une pré-analyse par microscopie peut s’avérer intéressante pour isoler une espèce ou au moins un groupe d’espèces. Cette technique est utilisée pour l’analyse du régime alimentaire des restes de proies trouvés dans les excréments.
Une fourrure est composée de plusieurs variétés de poils. Dans le cas d’une détermination d’espèce c’est le poil de jarre (poil long généralement pigmenté de la partie visible de la fourrure) qui permet d’obtenir des résultats. L’examen est réalisé avec un microscope binoculaire à grossissement variable et se fait sur 4 critères : - l’examen de la forme générale, de l’organisation des cellules de la médulla (partie interne du poil), de la forme des écailles recouvrant celui-ci et de l’organisation cellulaire interne par la coupe transversale. Les échantillons sont ensuite comparés à des collections de référence et atlas.
Ainsi par exemple, un poil ondulé, indique un poil d’artiodactyle permettant d’écarter les carnivores. Le cas le plus simple reste le sanglier où l’aspect général du poil, épais et fourchu, peut suffire à la détermination.
La structure de la médulla est un des critères majeurs dans l’identification. A titre d’exemple (voir photo) la médulla dans un poil de loup est fragmentée et réticulée à proximité du bulbe puis noire et opaque ensuite. L’examen de l’empreinte des écailles du poil sur un vernis permet en général de compléter la première identification.
Enfin, la coupe transversale s’avère bien souvent nécessaire pour distinguer les poils de différentes espèces d’ongulés.
Dans le cadre des poils récoltés directement sur site par les correspondants, l’objectif est, dans un premier temps, de faire un tri avant les envois pour analyse génétique pour exclure tous les poils autres que ceux de carnivores.
Les différents poils collectés ont fait l’objet, cet automne, d’une pré-analyse. Les résultats sont présentés dans le listing ci-après. (Voir : Bulletin d'information du réseau loup n°12 )
Dès lors qu’il s’agit d’un poil de carnivore, ou qu’un doute subsiste, l’échantillon, s’il est entier avec le bulbe, fera l’objet d’une analyse génétique.
Yannick LEONARD
Source : Bulletin d'information du réseau loup n°12