En dignes successeurs de La Fontaine, Didier Jean et Zad nous livrent une fable très réussie sur la résistance et la solidarité.
Dans le troupeau, tous les moutons passent la journée à brouter, la tête baissée. Normal, c'est des moutons. Quand le loup dévore le premier mouton, personne ne s'en émeut: c'était un mouton malade. Quand le loup revient et emporte un mouton noir, personne ne bronche car celui-là, ils ne l'aimaient pas trop, parce que c'était un mouton noir. Le loup est content et revient manger un mouton à trois pattes, autrement dit un faible, le troupeau reste de marbre.Mais lorsque le loup s'attaque au bélier, chacun commence à craindre pour lui-même.
Il faudra le courage d'un agneau pour que le troupeau entier relève la tête et se décide à combattre le loup. Didier Jean et Zad touchent droit au but avec cet album, qui illustre le sens imagé de l'expression "être un mouton", tout est simple et limpide et on se passe de grands discours explicatifs.
En guise d'épilogue, le texte dont on ne connaît pas exactement l'auteur, qui commence ainsi: "quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai rien dit car je n'étais pas juif…". Un album intelligent, qui redonne toute leur portée aux mots "solidarité" et "résistance", mais où le loup garde son rôle habituel ...
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