Cap Ours : Des propositions pour revaloriser l'économie des Pyrénées

Dans le cadre du dossier de concertation, CAP Ours a écrit une lettre de au ministre de l’agriculture Dominique BUSSEREAU concernant les mesures de revalorisation de l’économie montagnarde et du pastoralisme du massif pyrénéen.

Propositions de CAP Ours

Des aides pour toutes les exploitations

  • RuchesLes exploitations pastorales ne représentent que 35 % des exploitations pyrénéennes, CAP ours trouve qu’il est  important que des mesures puissent accompagner les autres exploitations agricoles.
  • Les apiculteurs de montagne ont aussi des contraintes liées à leur implantation, et la présence de l’ours oblige à une protection supplémentaire des ruchers.

Simplification des démarches administratives

  • La complexité actuelle des différentes mesures de soutien au pastoralisme crée des écarts importants entre les départements. L’harmonisation doit se faire vers le haut pour faciliter l’acceptation par les éleveurs et les autres agriculteurs du retour des prédateurs.
  • Le seul zonage acceptable pour l’ensemble des mesures, en particulier des aides spécifiquement liées à la protection des troupeaux (clôtures, chiens, gardiennage, cabanes...), doit être le massif. L’expérience des réintroductions précédentes, l’exemple du retour naturel du loup dans les Alpes (à anticiper pour les Pyrénées) montrent que les animaux sauvages ne tiennent pas comptent des limites administratives que nous fixons.
  • Il faut simplifier les démarches administratives (traçabilité, police sanitaire, déclaration de mouvement des troupeaux, déclaration de naissance, pertes de boucles) à la réalité de l’estive.

Ours et Pastoralisme

  • Outre les aides qui permettraient aux éleveurs d’employer des bergers sans surcoût prohibitif, il convient de travailler plus en amont sur la formation des divers acteurs (bergers, éleveurs), sur le logement des bergers en altitude et la construction de cabanes et abris adaptés aux estives. Les bergers doivent participer à leur définition et leur mise en place
  • Les mesures d’aide à l’embauche des bergers ne doivent pas faire référence uniquement au nombre de bêtes. Il faut prévoir des dérogations pour les montagnes difficiles, où garder plus de 500 à 600 bêtes peut être un maximum.
  • Il faut rechercher des mesures qui favoriseraient et le regroupement des petits troupeaux pour permettre leur gardiennage (moins de 100 ovins).
  • Il est incontestable que la présence de prédateurs sauvages constitue un handicap naturel supplémentaire demandant aux éleveurs un surcoût d’aménagement, de travail et de stress qui n’est pas complètement pris en compte. Cap Ours est favorable à une revalorisation des ICHN (aides) pour les zones de montagne et haute montagne du Massif ou à la création d’un complément ICHN prédateurs.
  • L’aide aux plus petits projets doit être possible, et il semble nécessaire dans tous les cas de comptabiliser dans l’investissement le temps passé pour l’auto construction. Des mesures qui permettraient de vraies installations progressives, notamment pour les bergers, car cette activité est souvent un premier pas avant l’installation, sont nécessaires.

Ours et valorisation des produits

  • L’aide apportée à la valorisation des produits doit s’articuler avec l’ensemble des aides à la revalorisation de l’économie montagnarde des Pyrénées. Les marques utilisant l’ours comme élément commercial (le fromage Pé Descaous, le Broutard du pays de l’ours) cherchent un maximum de cohérence entre un produit et les modes de gestion des troupeaux et de l’environnement. Répondre à travers les productions aux attentes sociales et environnementales de la société de proximité, est probablement une véritable solution économique.

Ours et Forêt

  • L’ours est un animal essentiellement forestier. On sait que la conduite des exploitations forestières peut causer de nombreux dérangements et détruire le milieu de vie de ces animaux. Il ne serait pas logique d’un côté de réintroduire des ours et de l’autre de ne pas mettre en place de nouvelles règles d’intervention en forêt afin de tenir compte de la présence d’ours ou d’autres espèces (coq de bruyère notamment).
  • Une importante réforme des soutiens à l’exploitation forestière doit être mise en œuvre, l’aide apportée pour la construction des routes doit pouvoir être apportée dans son intégralité pour les autres formes d’exploitation forestière (câble, traction animale).

Lire le contenu intégral de la lettre de CAP-Ours au ministre de l'Agricultrure sur le site de FERUS.

Commentaires