Le Berger de Podhale, chien de protection des montagnes Tatras

Le Berger Polonais de Podhale est appelé aussi Polski Owczarek, Podhalanski ou Berger des Tatras. Le Berger des Tatras est un chien à ne pas mettre entre toutes les mains. Le Berger de Podhale est un chien de protection avec un caractère affirmé. Il a une mémoire d'éléphant ; gare à celui ou à celle qui viendrait à le maltraiter, des années après il s'en souviendrait.

Le caractère fort du Berger de Podhale

Vigilance_chien_protection_podhale Le Berger de Podhale se sent responsable, il veut décider de lui-même. Ce n'est pas un chien pour ceux qui apprécient l'obéissance, la soumission, et le dressage, il ne fait rien sur ordre, il ne fait quelque chose que par conviction, ou respect car il ne pense que par lui-même.

  • Il ne respectera son propriétaire que si celui ci est patient, plein d'assurance,sans cris, sans hurlement dans l'accompagnement respectueux de sa maturation. Mais il ne faudra pas oublier que le maître doit devenir son "chef de meute ", que son autorité ne devra pas être contestée, et qu'une éducation laxiste ne pourra pas être compatible avec le caractère de fond du Berger de Podhale.
  • Il faut impérativement éduquer un Berger de Podhale qui doit apprendre les règles de la hiérarchie dès son plus jeune âge.
  • Le Berger de Podhale est un chien qui se désocialise extrêmement rapidement, il faut impérativement avoir du temps pendant au moins la première année de sa vie pour le sortir au moins deux fois par semaine en ville et le faire « tripoter » par de nombreuses personnes étrangères à la cellule familiale.
  • Le Berger de Podhale doit vivre libre, libre de son temps et de ses mouvements pour que son sens de l'observation, de sa réflexion et de son action puisse s'exprimer.
  • Ce n'est pas, bien sûr, un chien d'appartement ! Une grande surface de terrain lui est indispensable. Il a besoin de lumière, de soleil, d'air, de vent, et de pluie sur son pelage pour qu'il soit beau, il doit pouvoir courir, sauter à sa guise pour que son ossature et sa musculature se développent.
  • Son attachement à " sa meute " est incompatible avec une vie de chenil car il souffrirait de son inutilité.
  • Lorsqu'il n'a plus de troupeau à garder, le Berger de Podhale s'attache à son nouveau troupeau : sa cellule familiale. Il devient alors un compagnon très proche de ses maîtres, quelque fois même un peu envahissant, voir collant, extrêmement affectueux.
  • Il voue une fidélité sans borne à ses maîtres, particulièrement attentif aux enfants avec qui il tisse un rapport privilégié, à condition que ces derniers soient élevés dans le respect de l'animal.

Le physique du Berger des Tatras

Berger_podhale_ulan_1Le Berger de Podhale est un chien rustique. Du fait d'un climat extrêmement continental dans son pays l'origine, la Pologne, il supporte très bien les écarts de température importantes. S'il fait très trop chaud, et bien comme tout le monde , il se met à l'ombre et attend que cela passe.

Il faut savoir que certains Berger de Podhale peuvent présenter des sensibilités importantes aux produits anesthésiants. Il est bon de le signaler et d'insister auprès de votre vétérinaire si vous devez faire pratiquer une anesthésie sur un Podhale.

Utilisation du Berger des Tatras

Le Berger de Podhale a toujours été utilisé comme protecteur de troupeaux de moutons. Sa couleur blanche a une raison d'être : Il est ...

  • blanc comme les moutons qu'il garde, pour que ces derniers n'aient pas peur de lui,
  • blanc pour que les prédateurs ne le reconnaissent pas facilement de loin
  • blanc pour que le berger ne le confonde pas avec un prédateur la nuit.

Le Berger de Podhale, comme tous nos chiens de protection n'est pas seulement le garant de l'élevage mais une des conditions indispensables à sa réussite. Sans chien de protection, le troupeau se trouve à la merci de n'importe quel prédateur (chiens errants, amateur de barbecues, loups, ours, lynx) et les pertes pour le berger peuvent être colossales. Plusieurs chiens doivent être présents sur un troupeau, en périphérie et à l'intérieur même du troupeau. Quand on observe le travail des chiens, on a l'impression qu'ils tracent une barrière invisible autour du troupeau que personne ne doit franchir.

Si un prédateur ou un être humain s'approche de trop près de cette barrière, les chiens de périphérie bondissent, menaçants, se postant entre le troupeau et l'intrus. Si celui-ci s'éloigne, ils s'apaisent, si au contraire l'intrus ne tient pas compte de l'avertissement, ils réagissent de façon déterminée, très sûrs d'eux-mêmes.

Le premier devoir du Berger de Podhale est donc de ne pas se laisser attaquer, le deuxième de se défendre avec courage et obstination. Il est habitué depuis des siècles à prendre soin du troupeau des hommes, seul et sans l'aide de ceux-ci.

Pour accomplir ce travail, le Berger de Podhale doit :

  • avoir une attention vive et constante
  • garder une distance et une prudence concernant tout objet qu'ils ne connait pas.
  • être prudent plutôt que téméraire
  • avoir une bonne quantité d'intelligence pour pouvoir apprécier les situations nouvelles avec rapidité et exactitude.

Tout est observé avec plus ou moins de méfiance et plus ou moins accepté après un long examen. Ne confondons pas cette attitude de prudente distance pour de l'anxiété ou de la crainte, mais soyons vigilant en tant que propriétaire du chien car un pas de trop, ou une tentative de pénétration dans son territoire peut replacer le Berger de Podhale dans son activité de chien de protection. Il reste un chien « indépendant » et prend lui-même les décisions.

Au fil des années, il a déserté la compagnie des troupeaux pour différentes raisons et il a fait son apparition, chez nous en France et dans d'autres pays du globe comme chien de compagnie. Mais le caractère intrinsèque de sa race est toujours présent : Rien ne lui échappe, même lorsqu'il paraît sommeiller, il enregistre les moindres modifications de son environnement.

Le standard du Berger de Podhale

De format rectangulaire, massif, la hauteur est de 65 à 70 cm pour le mâle et de 60 à 65 cm pour la femelle, les grosses différences sont essentiellement sur la forme de la tête. La tête du Berger de Podhale est typique, elle ne doit pas être celle d’un molosse, elle est sèche et sans lourdeur même si le museau est fort. Le crâne est bombé entre les deux oreilles, les yeux expressifs, foncés, avec des paupières très bien pigmentées, placées en biais et en forme d’amande, le stop est marqué mais sans cassure brusque, les lèvres sont serrées, très bien pigmentées aussi.

Sa fourrure est entièrement blanche avec un poil dense, long, droit ou légèrement ondulé, avec un sous poil très abondant nécessitant un entretien régulier pour maintenir l’éclat de sa blancheur.

Une particularité : les dents sont articulées en ciseaux mais la pince est acceptée. Comme tous les chiens de protection, le Berger de Podhale est un chien courageux, rustique, avec un fort caractère, se considérant naturellement d’égal à égal avec l’être humain. Il nécessite une éducation ferme basée sur le respect des règles de la hiérarchie, avec patience, respect et persévérance car il ne se mécanise pas facilement à l’ordre.

Ce n’est pas un gros « nounours blanc ». Sous son air débonnaire se cache un redoutable protecteur de territoire qui se mettra au service de la cellule familiale. Observateur et naturellement méfiant, les inconnus ne sont pas particulièrement appréciés par ce « grand blanc ». Le Berger de Podhale est certainement un des « grands blancs » des pays de l’Est le plus populaire.

La race est présente en Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, Hollande, USA, Danemark et en France où les naissances ont fortement progressées depuis quelques années.

Dans ces pays, l’accent est mis sur une sélection sévère au niveau santé (recherche des tares héréditaires), morphologiques, et équilibre de caractère, les sujets peureux étant jugés très sévèrement. De plus en plus présents en exposition, quatre pays étaient représentés avec 46 Berger de Podhale inscrits à l’Euro Dog Show de l’exposition du Bourget en Novembre 2002

Comment choisir un chiot Berger de Podhale

Chiot_berger_podhale_tanya Comme beaucoup de races et de grandes chiens, il est très susceptible d'être sujet à la dysplasie de la hanche. Un maximum de vigilance doit être apportée quant aux choix des reproducteurs qui doivent être indemnes de cette maladie à caractère fortement héréditaire grâce à la lecture des radios des hanches effectuée par le lecteur officiel du Club de Race (CBEI). (Un chien ne présente pas de signe de dysplasie quand la lecture de radio des hanches donne un résultat A ou B). La qualité de votre chiot dépend directement de la qualité des reproducteurs ainsi que de la qualité de la sélection des ascendants.

L'entretien d'un Berger de Podhale

Son poil est paraît-il auto-nettoyant, il faudra quand même l'entretenir par un brossage hebdomadaire, plus en période de mue où la perte de poils est très importante et le laver au moins une fois à deux fois par an pour retrouver l'éclat de sa couleur blanche.

Conseils d'alimentation

La croissance de ce grand blanc est exponentielle. Elle demande surveillance et vigilance jusqu'au moins 15 mois. le Berger de Podhale ne pousse pas correctement avec du pain et du lait ! Il lui faut  une nourriture équilibrée et de haut de gamme. Une seule nourriture est adaptée, la nourriture industrielle car c'est la seule actuellement parfaitement équilibrée. Une ration adaptée à son âge et à son poids sera calculée régulièrement grâce à une courbe de croissance, une alimentation en « self service » est à proscrire totalement, le  Berger de Podhale ne sait pas se réguler seul, il poussera trop vite et mal et une surcharge pondérale sera néfaste à son squelette.

Témoignages

Christiane Hubière

- Personnellement je connais le "Tatras" depuis maintenant 50 ans. J'étais fascinée par leur travail de protection, leur intelligence, leur calme : jamais d'agressivité vis à vis des touristes, nombreux près de Zakopane.

Je m'étais dit "un jour j'aurai un Tatras.." chose fut faite en 1992 ! Depuis j'élève cette race merveilleuse, très différente des "Patous". J'ai une chienne issue de mon élevage qui garde un troupeau dans les causses. Là des renards attaquaient les agneaux nouveaux-nés, et aussi les prédateurs en 4X4. Depuis sa présence, plus aucune perte.

Dans la journée c'est une chienne mâtin des Pyrénées qui travaille, la nuit Thaïs (Le Berger de Podhale) qui prend la relève. Durant la journée elle est à la ferme, au repos. Bien sûr elle a été introduite dès l'âge de 8 semaines dans la bergerie, pour familiariser les brebis. Elle est méfiante vis à vis des étrangers (normal) mais sympathique quand même. Chez moi, tous mes premiers géniteurs sont nés en Pologne et ont gardés leurs qualités intrinsèques. L'idéal, c’est que les jeunes Berger de Podhale naissent à la bergerie. Le Berger de Podhale a quand même besoin de la présence de son maître. Il ne sait pas rester seul une semaine entière avec le troupeau. Il a besoin d'une vie sociale.

Il faut savoir que le Berger de Podhale protège mais sait aussi ramener un agneau qui s'est éloigné de la troupe, chose que ne fait pas le patou. Sur mon site vous pouvez voir l'histoire de Dunaj. J'ai chez moi des descendants de ce chien.

Vous avez un autre témoignage à apporter sur l’utilisation du Berger de Podhale ou des Tatras dans un élevage ou une bergerie ? Contactez la Buvette, je suis preneur.

Un grand merci à :

  • Françoise Martin (site, contact), éleveur et spécialiste du Berger de Podhale pour l’aide apportée à la rédaction de ce texte et des photos
  • Nicolas Chiensderace_logo_3 pour les informations complémentaires apportées et la permission de puiser dans son site complet sur les chiens
  • Christiane Hubière (site, contact), éleveur pour son témoignage et une photo.

Vous trouverez plein d'informations sur les Bergers de Podhale sur ces 3 sites. Toute l'histoire de la race Berger de Podhale dans la suite de cet article.

Histoire

Tatras Les ancêtres du Berger des Tatras (nom qui vient des montagnes des Tatras, séparent la Pologne de la République Tchèque et de la Slovaquie), appelé également Berger polonais de Podhale (nom qui vient de la Podhalie, région des montagnes des Tatras) proviennent certainement de croisements de différents molosses. Ces derniers sont arrivés en Europe par différentes voies ; dans un premier temps grâce à la « route du commerce » qui fut mise en place par les Phéniciens, grands commerçants, échangeant des chiens contre toutes sortes de marchandises, œuvres d’art, draperie, étain, argent etc.

Puis ils arrivèrent avec les invasions des tribus barbares venant d’Asie qui se sont installés dans les Balkans, en Hongrie, Bulgarie, dans le Caucase et en Italie du Nord. Et enfin, ils furent importés par l’Empire romain qui lors de ses conquêtes utilisait des chiens de guerre pour leur force, leur courage et leur puissance. Certains chiens étaient blancs, d’autres de deux couleurs dont le noir prédominait, certains sont restés dans le pays au fil des batailles.

Au XVIe siècle, les tribus de Valachie se sont déplacées avec leurs troupeaux de brebis et de bovins. Les troupeaux étaient surveillés par de grands chiens. Ils longeaient les Carpates, les Tatras polonaises et les vallées. Certains s’installèrent dans les montagnes des Tatras, et les élevages de brebis commencèrent à se multiplier. Les chiens étaient surnommés Berger des montagnes. Dans des écrits de 1851, M. Ludwik Zejszner signalait dans les montagnes des Tatras, la présence de grands chiens blancs, au pelage long, leurs yeux noirs étincelants indiquant leur profonde intelligence et audace. En 1878, les écrits de l’époque décrivent le départ en estive, la vie des pâtres, et signalent la présence à leurs côtés de grands chiens blancs  majestueux. Au musée du Vatican, des tableaux du XVIe siècle montrent des bergers avec leur troupeau sous la protection de grands chiens blancs.

Dès 1888, un musée consacré à la vie montagnarde est créé à Zakopane, à l’époque petit village perdu dans les montagnes des Tatras. L’existence de chien auxiliaire des bergers est mentionnée. Du 3 au 5 septembre 1937 a eu lieu la première exposition des bergers des montagnes dans la ville de Zakopane ; Les exposants présentaient leurs chiens dans leurs costumes colorés de fête. L’exposition regroupait 70 chiens adultes et 30 chiots âgés de quelques mois, ce qui permettait aux visiteurs de pouvoir voir l’évolution du chien au fil de sa croissance. Cette exposition a suscité un grand intérêt, les délégués de plusieurs organisations cynophiles ; le ministère des armées, les responsables de la police ainsi que le maire de la ville étaient présents. Toutes ces personnalités ainsi que le responsable de l’Association des Amis de chiens de Garde et les adhérents ont voulu officialiser le nom du chien. Plusieurs idées ont été retenues mais c’est le Berger des montagnes qui a été choisi.

Berger_de_podhale_chiot Un premier type a été défini en 1938. Mais ce départ enthousiaste vers une première sélection s’est avérée malheureusement stoppée par la deuxième guerre mondiale. Malgré des conditions difficiles, certains pâtres arrivèrent à garder leurs chiens et maintenaient ainsi une petite reproduction. C’est après la guerre que les amoureux de la race se sont retrouvés afin de faire un recensement du cheptel. Au printemps 1954, l’Association du club de Zakopane organisait une réunion où était présentée plus d’une centaine de Bergers des Montagnes. Plus de 90% des chiens présentés venaient des bergeries et étaient présentés par les pâtres.

En octobre 1954, le conseil des ministres du gouvernement en place décide la création d’un Parc National dans les monts des Tatras.

En 1956, les bergers, les troupeaux et leurs chiens durent s’expatrier dans les lointaines Beskides. Les transhumances se firent différemment, la grande fête des départs en estive devint de plus en plus rare, certains bergers n’utilisèrent plus de chiens, et la reproduction diminua. L’Association Cynologique de l’époque persuada certains amis de la race, que ce chien pouvait s’adapter à d’autres choses que la garde des troupeaux. Certains éleveurs, par leur motivation et leur ténacité ont maintenu la présence d’un cheptel.

Le premier standard reconnu par la Fédération Internationale Canine fut établi en 1967 et le nom de Berger des Tatras (Owczarek Podhalanski) fut adopté. Le standard fut révisé en 1973, le nom devint Chien polonais des Tatras et encore modifié en 1988 où revient l’appellation Owczarek Podhalanski avec cette fois en plus le nom de Berger de Podhale (Tatras). Mais ce n’est que depuis 1970 que le livre des Origines Polonais (PKR) inscrit véritablement les premiers chiens à pedigree. Encore de nos jours de nombreux chiens ne sont pas inscrits et sont sans pedigree, les bergers ne voyant dans cette démarche aucun intérêt.

Les premiers Berger de Podhale arrivèrent en France courant de l’année 1984 avec deux importations polonaises.

Les néophytes en chien peuvent le confondre avec son cousin le plus proche, le Slovensky Cuvac car il est évident qu’une ressemblance est indéniable.

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