Je suis tombé sous le charme de Clotilde et de la Bergerie qui est tapie au fond de son coeur. Qui sais vous la croiserez peut-être avec Touffue, son Labrit sur une draille ou en estive...
"La bergerie de G. est un endroit magique. Pour y accéder, il faut tomber amoureuse du métier de bergère à l’âge de 17 ans, voir ses espoirs d’en faire une profession disparaître devant la difficulté d’en vivre, bien démontrée par des parents inquiets pour leur fille en aucune façon issue du milieu agricole…
Puis, il faut, longtemps après, pendant la rencontre fortuite d’un berger du sud, dans la campagne au milieu de nulle part, accepter de n’être l’objet de l’attention du monsieur seulement après que sa curiosité soit satisfaite au sujet du labrit prénommée Touffue, qui ne connaît comme troupeau que nos deux poules, et qui s’agite en tous sens en découvrant ses premières brebis…
Enfin, un an plus tard, quand le hasard nous fait nous croiser au bord d’un chemin, il faut encore admettre qu’il a d’abord reconnu Touffue, très vite, avant de me reconnaître, moi, avec difficulté…Bref, il faut beaucoup d’humilité…
La suite de l’histoire, c’est une transhumance entre Cévennes et Causses, puis deux, puis trois, en juin, en septembre, le bonheur profond de cheminer avec la « Rivière de laine », le chant des cloches, le parfum du thym, du fenouil, piétinés par les centaines de pattes, la vision magique du troupeau buvant dans les étangs et son reflet mêlé aux nuages, la douceur sur la main qui caresse les toisons bien rases, le goût du casse-croûte à 9heures du matin, après quatre heures de marche à la fraîche… Les 5 sens satisfaits, c’est si rare…
Vous l’avez compris, pour accéder à la bergerie, il faut que le berger sente que vous aimez tout ça. Ensuite, après avoir traversé le village, vous faites 800 mètres, et c’est le premier chemin à gauche. La transhumance, c’est le point culminant de l’année, le grand moment, c’est beau, ça rend nostalgique d’un passé où on prenait son temps.
Mais la bergerie, là, c’est l’intimité du troupeau. Le temps s’est arrêté, on pourrait imaginer vivre 50 ans plus tôt, les sons étaient les mêmes, bêlements des mères et des agneaux, cloches, les odeurs aussi, asseyez-vous, fermez les yeux, à la bergerie, vous tutoyez l’éternité."
Clotilde
( Le blog de Clotilde / l'album photo "La bergerie de Clotilde"
Clotilde a participé à l'enregistrement d'une chanson en effectuant une "prise directe" avec un dictaphone. Extrait de "Laine en Cévennes" sur le CD "Au bilboquet des planètes" du groupe Chanson plus bifluorée.