Semaine de soldes à l'IPHB, avant fermeture définitive. Tout doit partir !
Sommaire
- La gestion de l’ours par l'IPHB – On joue à qui perd gagne !
- Le contrat de confiance
- Jean Lassalle et la multiplication des ours béarnais
- Jean Lassalle explique aux chasseurs comment gérer les ours
- Lassalle et IPHB (Instrument Pour Happer du Blé)
- Le député, un chef de clan
- Le seuil d’incompétence est dépassé pour Lassalle
- Opportunisme politique
- Jean Lassalle joue les vierges effarouchées
- Où l'IPHB n’est pas, les ours progressent.
La gestion de l’ours par Jean Lassalle – On joue à qui perd gagne !
En juin 1993, Michel Barnier, ministre de l’environnement, était venu dans les Vallées Béarnaises rencontrer les acteurs locaux (les associations de protection de la nature n’avaient pas été conviées à cette négociation). Il leur avait proposé d’abroger le "plan ours" des gouvernements précédents, comprenant en particulier les réserves ministérielles de chasse dites « Lalonde ». Ces zones de sites vitaux notamment pour les femelles d’où était bannie la chasse en battue avec chiens courants couvraient environ 6 500 ha.
Le contrat de confiance
Michel Barnier et Jean Lassalle signaient en échange un "contrat d’honneur et de confiance". Le ministre reprenait ainsi à son compte le fameux slogan : le contrat plutôt que la contrainte. De facto, le ministre abandonnait aux élus béarnais le pilotage effectif de la protection de l’ours. En même temps il était le premier à oser entreprendre ailleurs, en Haute Garonne, une réintroduction d’ours slovènes mais ceci est une autre histoire.
Jean Lassalle et la multiplication des ours béarnais
A cette époque, le Réseau Ours Brun animé par l’Office National de la Chasse recensait en Béarn un minimum de sept ours, dont au moins trois femelles :
- Lagaffe ou Pestoune qui fut l’ourse à problème de 1992, disparue mystérieusement des comptages à l’automne 1993 ( braconnage ? )
- Claude, abattue lors d’une chasse en battue sur le territoire d’une ancienne réserve "Lalonde" abrogée, fin de l'année 2004
- Cannelle, abbatue en 2004 lors chasse en battue avec chiens
Depuis, il y a eu au moins quatre naissances avérées (portées observées de Cannelle) : en 1995, en 1998, en 2000 et en 2004.
Aujourd’hui, onze ans après, il ne reste :
- qu’un mâle autochtone dans les Vallées Béarnaises,
- un autre dans les communes frontalières espagnoles (il est passé en Espagne après le tir de Claude),
- un mâle d’origine slovène, issu de la réintroduction en Pyrénées Centrales,
- Néré, dont les élus locaux refusent la présence avec insistance,
- Mohican, le petit ourson mâle de double origine (issu de Cannelle et Néré)
Jean Lassalle explique aux chasseurs comment gérer les ours
Pendant cette période, trois femelles ont été abattues par des chasseurs dans le Béarn :
- Claude,
- Cannelle
- Probablement Lagaffe.
Le cadavre de l’emblématique Papillon, mort de vieillesse en juillet 2004 en Hautes-Pyrénées, portait les plombs d’au moins trois cartouches différentes.
Jean Lassalle et IPHB (Instrument Pour Happer du Blé)
Pour ce joli résultat, plus de 3.000.000 d’euros ont été dépensés par le ministère de l’Environnement (au grand dam d’autres priorités), dont moins du dixième pour des actions en faveur de l’ours et de son habitat. L’essentiel a servi à rémunérer du personnel administratif travaillant sous les ordres de Jean Lassalle, alors que ces fonds sont comptabilisés dans le budget de l’Etat comme crédits pour la protection de la nature, et que les parlementaires auxquels le gouvernement rend compte pensent qu’ils vont à la faune et à la flore en danger.
Et l’on ne compte pas le temps inimaginable passé par les pouvoirs publics à faire fonctionner le dispositif institutionnel mis en place à cet effet.
Le député, un chef de clan
L’IPHB Institution Patrimoniale du Haut Béarn (ou Infâme Principauté de l'Horrible Béarnais), qui est un syndicat de communes où ne votent que des élus, est inspirée de la démarche intellectuelle très ambiguë d’Henri Ollagnon. Ce professeur à l’Institut National Agronomique de Paris-Grignon prétend que du moment que tous les acteurs concernés par un sujet conflictuel acceptent de se mettre autour d’une même table pour négocier, tout et son contraire deviennent possibles.
Les événements qui se sont produits tendent plutôt à montrer que les groupes les mieux organisés, soutiens traditionnels des détenteurs du pouvoir local, majoritaires institutionnellement, ont circonvenu les minorités pour les empêcher de faire valoir leur point de vue. Ainsi, la confiance accordée sans gardes-fous a permis en toute impunité à l’irréparable de se produire au vu et au su de tous.
Cannelle a été abattue dans un espace proposé par la France au titre de Natura 2000 et déclaré Site d’Importance Communautaire en application de la Directive Habitat Faune Flore de l’Union Européenne.
Le seuil d’incompétence est dépassé pour Lassalle
Ce bilan sans appel résulte à l’évidence d’une incapacité des pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités, de tergiversations et d’absence de décision concernant les engagements des deux partenaires (Etat et IPHB) en la matière depuis plus de dix ans. En fait, les responsables de l’IPHB qui n’ont que les mots de « contrats » et de « confiance » à la bouche n’ont pas été capables de respecter leur part du contrat concernant l’ours.
Personne ne leur en a tenu rigueur au regard des fonds publics dépensés. Il se trouve que les élus de ce secteur, le député Jean Lassalle en tête (cf. ses discours récurrents à l’Assemblée et le grand-cas qu’il fait des associations de protection de la nature et des sommes « faramineuses » qui leur seraient injustement attribuées), refusent le principe même de la Directive Habitat et financent recours sur recours pour tenter d’en obtenir l’abrogation en invoquant notamment la "meilleure efficacité" supposée de certains acteurs locaux à protéger eux-même la nature chez eux.
Comment l’Etat a-t-il pu accepter de se complaire dans un tel degré de schizophrénie ?
Paradoxalement, pour se décider au renforcement, l’administration a considéré qu’elle ne pouvait s’appuyer que sur Jean Lassalle et s’aligner sur ses propositions, alors qu’il était largement co-responsable de la situation présente. Et elle s’apprêtait à lui renouveler sa confiance et à augmenter les financements attribués à son Institution Patrimoniale.
Jean Lassalle : opportunisme politique
Jean Lassalle de son côté a du un temps considérer que la mort de Cannelle lui permettrait de vaincre un grand nombre de réticences locales au principe du renforcement.
Mais ces derniers mois, Jean Lassalle a pris un nouveau faux prétexte, l’annonce par le ministre d’un programme de restauration de la population d’ours sur l’ensemble de la chaîne, pour annuler bien vite sa timide annonce d’un lâcher sous conditions de deux femelles.
Serge Lepeltier avait pourtant bien pris la précaution de ne pas dire pour le Béarn autre chose que ce que l’IPHB disait déjà. Ce syndicat se serait d’ailleurs vu confier la maîtrise d’ouvrage du projet par délégation dans les deux vallées.
Jean Lassalle joue les vierges effarouchées
Mais pour Jean Lassalle c’était encore trop :
- Inacceptable que des scientifiques veuillent dire leur mot sur ses manipulations d’animaux,
- inacceptable que l’on ose parler d’une population viable d’ours dans les Pyrénées alors qu’il venait généreusement d’octroyer deux femelles,
- inacceptable qu’une autre autorité que la sienne puisse agir, et songer à exercer sur lui une tutelle.
Faute d’argument rationnel il a, en bon communiquant, qualifié de « lâcher massif d’ours » un projet consistant à en réintroduire progressivement une petite dizaine sur un espace immense.
Ce petit jeu si bien rodé va-t-il reprendre ? L’Etat va-t-il encore massivement financer l’IPHB alors que ses responsables utilisent activement cet argent public pour :
- lutter contre la Directive Habitat
- pour dénigrer sans cesse l’opération de réintroduction d’ours en Pyrénées centrales ?
Faut-il encore parler de réintroduire des ours en Béarn ? Ne vaut il pas mieux y protéger fermement l’habitat et attendre des jours meilleurs ( un autre partenaire pour la gestion de l'ours) pour parler de réintroductions, quand des élus locaux seront réellement prêts au dialogue, sur la base du respect mutuel de tous les partenaires ? (et de la parole tenue)
Où Jean Lassalle n’est pas, les ours progressent
Pendant ce temps, les ours sont passé de zéro à un quinzaine dans les Pyrénées centrales. Sans grands mots, mais au prix d’une somme de travail considérable, sans grands moyens, mais en utilisant au mieux chaque euro, les élus et les organisations socio-professionnelles qui constituent Pays-de-l’ours ADET ont réussi à consolider un climat d’ensemble favorable à l’ours.
Des chasseurs aux naturalistes en passant par des éleveurs, de nombreuses associations locales sont partenaires du projet. La gestion n’a pas le label «patrimonial » que s’est auto décerné l’IPHB de Jean Lassalle mais elle a pour conséquence une reconquête du patrimoine naturel et la mise en valeur du patrimoine culturel. On évoque sans cesse l’emploi optimum des deniers publics :
Economisons la totalité des crédits qui sont donnés à l’IPHB, redéployons une partie sur les Pyrénées centrales, l’ours, le budget de la nature et la morale s’en porteront mieux.
Farid Benhammou
Les intertitres et les commentaires (en bleu) sont de Romuald. Le texte est de Farid Benhammou. Farid Benhammou est un habitué de la buvette, il a son tabouret avec une plaque…, il est géographe à Paris 1, ENGREF. Extrait d’un article publié dans le numéro 15 de la Gazette des grands Prédateurs.
M. Jean Lassalle
Casier de la Poste, Palais Bourbon, 75355 Paris 07 SP
courriel : jlassalle@assemblee-nationale.fr
Permanence : 2 Rue Saint-Grat, 64400 Oloron-Sainte-Marie
Téléphone : 05 59 39 67 83
Télécopie : 05 59 39 06 95
Maire de Lourdios-Ichère, Pyrénées-Atlantiques ( 150 habitants )
Vice-Président du Conseil général (Pyrénées-Atlantiques)
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