16 mai - Le loup gagne les plaines. Quatre attaques attribuées à un loup ont été recensées en moins d'une semaine dans la région de la Valdaine, à 40 kilomètres au nord de Grenoble (Isère), au pied du massif de la Chartreuse (lac de Paladru)
Le loup a attaqué des troupeaux de vaches. Quatre génisses et un veau en ont fait les frais. «C'est la première fois depuis soixante ans que le loup s'attaque à des bovins», explique le directeur de la chambre d'agriculture de l'Isère.
Thierry Bel, éleveur à Saint-Geoire-en-Valdaine (Isère), a vu ses génisses attaquées à moins de 100 mètres des habitations. «J'ai retrouvé une de mes génisses égorgée, dit-il. Vu les traces, je pense qu'elle a beaucoup souffert.»
Philippe Cornet, chef du service départemental de l'office national de la chasse, est venu examiner la génisse : «Tous les éléments sont réunis pour affirmer qu'il s'agit du loup»
Autorisation d'effectuer des tirs d'effarouchement
Le préfet de l'Isère a autorisé les agents de l'office de la chasse à procéder à des mesures de rabattement et à des tirs d'effarouchement. On peut faire peur au loup, mais en aucun cas l'abattre. «C'est de la plaisanterie. Les loups sont malins. S'ils sentent la présence humaine, ils vont attaquer ailleurs», dénonce le président de la FDSEA de l'Isère.
Organisation d'une battue
Mercredi 18 mai - Une battue d'effarouchement, encadrée par des hommes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), est organisée dans le secteur. Un animal fuyant dans un bois et ressemblant à un loup de grande taille a été observé par les participants.
Une cinquième génisse probablement attaquée par un loup
Jeudi 19 mai - Une cinquième génisse a été retrouvée jeudi matin tuée probablement par un loup, dans le secteur de Bilieu (Isère), dans le massif de la Chartreuse, à une dizaine de kilomètres des autres attaques. La génisse âgée de six mois, appartient à un agriculteur qui a déjà perdu au début du mois de mai deux génisses, tuées par un animal identifié comme un loup. La préfecture de l'Isère demande au ministère de l'Environnement une autorisation pour tuer le loup.
"Une preuve supplémentaire de l'imcompatibilité entre les loups et les activités d'élevage bovin et ovin" , estime la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles et la Confédération des jeunes agriculteurs qui réclament l'éradication du loup en Chartreuse. Ces syndicats ont rassemblé jeudi une centaine de militants hostiles au loup qui se sont invités au congrès des réserves naturelles à Autrans (Isère) où ils sont venus expliquer leur point de vue.
Autorisation d'un tir anesthésiant pour mettre le loup dans un parc
Jeudi 19 mai - MM. Lepeltier (Ministre de l'Ecologie) et Bussereau (Ministre de l'Agriculture) décident d'autoriser un "tir anesthésiant" pour le loup de l'Isère soupçonné d'avoir attaqué des bovins. "Si le loup est pris, il pourrait être orienté vers un parc animalier", a précisé l'entourage de M. Lepeltier. "Si on ne parvient pas à l'attraper, les ministres pourraient donner leur feu vert dans les 48 heures à un tir léthal". Dès réception de l'arrêté interministériel, le préfet de l'Isère pourra agir, a précisé la même source.
L'entourage de M. Lepeltier a confirmé que la cinquième génisse avait été découverte déchiquetée, à 3 heures du matin, dans la nuit de mercredi à jeudi, par une patrouille de gardes-chasse de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et de louvetiers (auxiliaires bénévoles de chasse nommés par le préfet). Quatre nuits durant, une petite équipe ONCFS-louvetiers avait patrouillé le secteur, repérant un loup mâle de 35 kilos dans la nuit de samedi à dimanche. "Ce loup n’est pas intégré dans une meute, donc il rôde dans la plaine à la recherche de nourriture et d’un territoire". A la demande du préfet, l'équipe a reçu le renfort de chasseurs, et une battue d'une trentaine de personnes a été organisée sans résultat dans les nuits de mardi à mercredi et mercredi à jeudi. Quarante-huit heures. C'est le délai que les autorités ont accordé au loup de l'Isère pour "se rendre"
Autorisation d'un tir mortel
A la suite de cet échec, les deux ministres ont pris un arrêté autorisant un tir mortel. Ce tir, insiste l'entourage de M. Lepeltier, "n'a rien à voir" avec le Plan loup de l'automne dernier qui vise des "prélèvements de loups", espèce protégée, jusqu'en 2008 à titre exceptionnel. Un nouvel arrêté dans le cadre du plan loup est en préparation. Il doit être présenté le 2 juin au Groupe loup (administration, éleveurs, écologistes, scientifiques), une instance consultative.
samedi 21 mai - Le préfet de l'Isère autorise l'abattage d'un loup dans le département à la suite d'une décision ministérielle, a indiqué la préfecture dans un communiqué : "Par décision ministérielle de ce jour, le prélèvement par tir à balle a été autorisé. Toutes les dispositions ont été immédiatement prises (...) pour que cette mesure puisse être mise en application dès ce soir", explique le communiqué.
"Un dispositif de recherches, patrouilles et affûts combinés mobilisera les agents de l'ONCFS et les lieutenants de louveterie. Ce dispositif sera adapté, et le cas échéant renforcé, afin de procéder à ce prélèvement dans les meilleurs délais", ajoute-t-il.
Romuald : C'est les chasseurs qui vont être content. Ils peuvent maintenant !
