Guide des promeneurs en alpage

Guide de comportement du promeneur en alpage.Promeneurs Les régions de montagne ont depuis toujours une vocation pastorale forte. Les troupeaux, bovins ovins et caprins, parcourent les paturages durant la période d’estive, de juin à octobre. Les activités de loisirs de plein air, la préservation de l’environnement, conduisent à une nouvelle « utilisation » des espaces naturels. Plusieurs acteurs, aux aspirations et intérêts parfois différents doivent se partager des territoires autrefois peu fréquentés.

En alpage, il est important de tenir compte du travail des éleveurs et de respecter la quiétude des troupeaux.

Le loup, jadis éradiqué en France, recolonise depuis plus de dix ans les régions alpines. Issu de la population italienne en expansion, on le retrouve aujourd’hui des Alpes du sud au Jura et dans les Pyrénées. Le Loup, super-prédateur « opportuniste », se nourrit principalement d’ongulés sauvages (chamois, sangliers, mouflons ...)

Dans les régions d’élevage, le loup attaque aussi les ongulés domestiques comme les moutons ou les chèvres. En moyenne chaque année, en France, quelque 2 000 animaux d’élevage sont victimes d’une prédation attribuée au loup.

Pour faire face aux risques de prédation sur leur cheptel, éleveurs et bergers mettent en place différentes méthodes de protection, qui sont principalement : la surveillance permanente, les chiens de protection, le regroupement des animaux en enclos de pâturage et parcs de nuit. La combinaison de ces différents moyens ajoutée à l’adaptation globale du système d’élevage, permet de réduire les dommages sur les troupeaux.

Ces évolutions représentent néanmoins un surcroît de travail quotidien non négligeable pour les éleveurs et bergers. Afin de faciliter la coexistence entre les troupeaux et les prédateurs naturels, il est nécessaire d’appliquer certaines consignes de « bonne conduite » en zone d’élevage. La mise en place et l’efficacité des moyens de protection peuvent en dépendre.

  • Respecter les règles de circulation sur les voies d’accès et les règles de stationnement Ne pas entraver le passage pour les véhicules de service et agricoles.
  • Ne pas s’éloigner des sentiers - Ne pas franchir les clôtures, utiliser les portails - Refermer correctement ces portails - Les clôtures et filets peuvent être électrifiés, prudence.
  • Les cabanes pastorales et leurs abords sont des lieux privés - Ces lieux n’ont pas vocation à accueillir du public, même en l’absence momentanée de l’éleveur ou du berger. Toutefois, il sera sûrement heureux, selon les circonstances, de recevoir, informer ou abriter le randonneur de passage.
  • Respecter les points d’eau : propreté des abords, qualité de l’eau, accès...

  À l’approche du troupeau :

  • Se regrouper - Éviter le bruit - Descendre du vélo ou cheval - Se signaler au berger qui donnera les consignes à suivre. Tenir son chien en laisse. N'importe quel type de chien est capable de faire d’importants dégâts sur un troupeau. Même en laisse, un chien reste une source de perturbation pour le troupeau ainsi que pour les chiens de conduite et de protection qui peuvent l'attaquer.
  • Si le troupeau est en mouvement, respecter son sens de déplacement et attendre son passage.
  • Si le troupeau est « tranquille », contourner celui-ci, autant que faire ce peut. Dans l’impossibilité de le contourner, le traverser groupé, dans le calme, sans s’arrêter.
  • Si le troupeau est parqué, passer également à distance - Ne pas pénétrer dans l’enclos.

Dans tous les cas : ne pas approcher de trop près les animaux et tenter de les toucher. Un troupeau au pâturage n’est jamais là, où vous le trouvez, par hasard. Respecter le travail de conduite et de protection du berger. Même si vous ne le voyez pas, il n’est jamais bien loin !

Face aux chiens de protection : Tenir son chien en laisse, descendre du vélo ou cheval - Garder un comportement calme et passif - Laisser le chien faire son travail d’inspection et d’identification. Tenir ses distances avec le troupeau et contourner le. Le patou vous surveillera. Ils veillent en permanence sur le troupeau qu’ils considèrent comme leur famille. Face à un phénomène inhabituel, ils donnent l’alerte et s’interposent entre le troupeau et tout intrus : animal sauvage, chien, humain... 

Leur force est la dissuasion, ils vont rarement à l’affrontement - Bien qu’impressionnants, les chiens de protection ne sont normalement pas agressifs envers l’homme. À l’inverse ne pas encourager (nourriture, caresses ...) un chien trop « affectueux » envers vous ! Généralement, des panneaux signalent à l’avance la présence de ces chiens auprès des troupeaux.

De façon générale : Respecter le milieu naturel : emporter ses déchets, éviter le bruit, les feux ... Respecter les équipements et aménagements pastoraux : clôtures, panneaux, bâtiments, abreuvoirs ... Se renseigner sur la réglementation spécifique du site : réserve de chasse, réserve naturelle, parc national ou régional...

La coexistence entre les activités pastorales et les grands prédateurs est l’affaire de tous.

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