La manifestation organisée par l'Association pour le Respect du Site du Mont-blanc le mercredi 15 juin a rassemblé environ 300 personnes, plus que jamais déterminées à faire entendre leur colère devant le désastre de ces milliers de camions défilant au pied du Mont-Blanc. L'ARSMB a déclarer qu'elle recevait des messages de soutien de toute la France, voire de toute l'Europe.
Le Mont-blanc et le trafic routier
De plus en plus, tous les territoires subissent les dangers et les pollutions du transport routier qui rend toxique l'air des vallées, qui fauche des vies avec la complicité passive des pouvoirs publics, détruit les paysages qu'il traverse. "Nous ne luttons plus seulement pour sauvegarder une vallée et un massif, mais pour un enjeu écologique et économique majeur".
Des revendications pour la vallée du Mont-blanc
Vendredi 17 juin, l'association a été reçue par le Préfet de Haute-Savoie et lui a exposé ses revendications pour la vallée du Mont-blanc :
- application des mesures de restriction de circulation prévues par la directive européenne en cas de dépassement des seuils de pollution, et mise à disposition des moyens nécessaires pour contrôler ces taux de pollution.
- contrôle du contenu des camions afin d'obtenir une étude sur la nature des marchandises transportées, en vue de pouvoir prendre pour l'avenir des mesures visant à restreindre les transports inutiles.
- mise en place d'une taxe sur les poids lourds afin de faire enfin payer au transport routier son coût réel (il est pour l'heure subventionné à plus de 60 % par les contribuables), mesure qui aura des incidences immédiates sur bon nombre de transports, remettant en question le principe même des délocalisations rendues possibles essentiellement grâce au faible coût du transport routier.
- interdiction de circuler la nuit dans les vallées de montagne entre 22 heures et 6 heures, afin de limiter la pollution atmosphérique plus importante la nuit et de respecter le droit au repos des riverains.
Mercredi 8 juin 2005, 4 jours après l'incendie du tunnel du Fréjus qui a coûté la vie à deux chauffeurs (ce que les pouvoirs publics semblent oublier, tant ils se félicitent d'avoir "évité une catastrophe"), c'est presque spontanément que les habitants des vallées du Mont-Blanc et les représentants de nombreuses associations se sont retrouvés au rond-point de la Vigie. A partir de 17 heures, les manifestants ont commencé à affluer sur les lieux du rassemblement, qui a rapidement pris de l'importance. La préfecture a estimé le nombre de manifestants à 800 (300 pour les médias) De nombreux élus de la vallée dont les maires de Servoz, des Houches et de Chamonix, ont spontanément rejoint les militants assis sur la route devant les camions. C'est dans le calme, mais avec détermination que les manifestant ont investi la route, à la montée comme à la descente.
Il y a encore du travail avant de voir le feroutage prendre le dessus sur le trafic routier.