Avant sa nomination dans le gouvernement de Villepin au ministère de l’écologie, Nelly Olin tenait un discret maroquin en tant que ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion dont les compétences seront ensuite élargies à l’intégration et à l’égalité des chances.
Après tout, la femme était maire de Garges-lès-Gonesse depuis 1995. Dans cette ville parmi les plus pauvres de France, elle avait certainement appris ce que signifiaient les mots exclusion, précarité, intégration et égalité des chances. D’ailleurs les Gargeois savent parfaitement l’interprétation qu’elle donne à tous ces termes depuis un peu plus d’une décennie.
L’ensemble des Français le saura moins bien et ce pour deux raisons. La première tient à sa fonction de ministre déléguée : un poste peu médiatique et sous la tutelle du ministère de la ville qui mettait Olin en position de simple exécutante sans imagination. La seconde tient plutôt à l’œuvre d’un gouvernement dont les lignes de force ont été clairement anti-sociales. Toutes les mesures décidées contre l’exclusion et pour légalité des chances étaient alors vues comme des vœux pieux que personne n’avait l’intention de réellement appliquer. D’où le désintérêt des medias et de l’opinion pour les travaux d’Olin.
Pourtant le traitement qu’elle a donné à nombre de dossiers est intéressant dans la mesure où il s’inscrit dans la droite ligne de la gestion qu’elle a instituée à Garges depuis des années : un système clientéliste qui pérennise une gestion néo-coloniale de certaines catégories de la population et qui se contente d’une politique sociale égoïste en direction des citoyens les plus pauvres pour se fabriquer un alibi caritatif.
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