"J'ai cherché mes limites." Il chute de 800 m avec son delta après une vrille ratée . Indemne !
«Les conditions étaient bonnes avec un léger vent du sud-ouest. Je me suis élancé depuis Sonchaux (n.d.l.r.: au-dessus de Montreux) direction Villeneuve et le lac.» Le trentenaire de Vufflens-le-Château est d'autant plus rassuré qu'un bateau veille sur les eaux du Léman dans le cadre des entraînements du prochain Red Bull Vertigo, agendé du 18 au 21 août. Depuis 2004, la compétition fait partie du circuit de la Coupe du monde de la Fédération aéronautique internationale de delta et de parapente acrobatique. Le passionné de delta depuis 1999 et d'acrobatie depuis 2001 est avide d'être au top. Médaillé d'argent l'an passé, il rêve de la première marche du podium.
«J'ai fait un décollage parfait. Sur le lac, j'ai effectué un premier looping sans problème. J'ai tenté la vrille, une figure délicate parce que l'on force le delta à décrocher. On force les éléments naturels qui portent notre engin. L'aile a refusé ma manoeuvre. Je suis parti sur la droite, sur la tranche. Le delta s'est retourné, je suis tombé dedans, sur le dos, et j'ai déclenché mon parachute de secours.» Chez un ami depuis qu'il est sorti du CHUV, Thomas Koller, ce Saint-Gallois établi en Suisse romande depuis dix ans, est lucide. Sa chute de 800 m aurait pu le tuer ou gravement le handicaper.
Légèrement contusionné, surtout au bras gauche, qui semble être resté emprisonné à la verticale le long du cordage de sa voile salvatrice, le visage tuméfié, les yeux rougis en raison de tout le sang qui lui est monté à la tête, le pilote de La Côte poursuit son récit: «La corde du parachute m'est passée devant, puis je me suis fait centrifuger autour du parachute avec mon delta. J'essayais de me relever. Impossible. Je n'arrivais plus à me localiser. A un moment, j'ai senti quelque chose de relativement doux. De l'herbe, je crois. J'avais de la peine à respirer. J'ai enlevé mon casque. Je ne voyais rien.» Thomas Koller avait retrouvé la terre ferme après 800 m de dégringolade à une vitesse de 4 à 6 m/s.
Ambulance, REGA, CHUV, radios, électrocardiogramme, scanner. «Vous n'avez rien, M. Koller, une bulle d'air dans un poumon, on vous garde pour la nuit», a dit le médecin. Béni des cieux, le rescapé espère reprendre le delta (de distance, pas encore d'acrobatie) dans deux semaines. S'agissant de l'analyse de sa folle mésaventure, l'employé de commerce ne se voile pas la face: «J'ai probablement trop forcé. J'ai cherché mes limites, je les ai trouvées... Ça ne veut pas dire qu'il faut (re)faire le procès du delta.» Une enquête est en cours pour déterminer si son matériel était éventuellement défectueux .