Extrait d'une note technique du MAAPAR (28 novembre 2004). Non, c'est juste question de souligner que les chiffres ne sont qu'un outil de propagande.
Vous n'aller pas me faire croire qu'on est pas capable, au sein d'un même gouvernement, de se mettre d'accord sur les chiffres alors qu'ils sont issus des mêmes sources !? "Entre 1994 et 2004, le nombre d’attaques sur troupeaux d’ovins attribuées aux loups (conclusion technique ONCFS «responsabilité du loup non écartée») et le nombre de victimes ovines ainsi indemnisées ont augmenté respectivement de 29% et 31% en moyenne chaque année, en corollaire de l’augmentation de l’aire de répartition du loup.
Chaque attaque s’est soldée en moyenne par 4,4 victimes indemnisées, ce ratio étant resté d’une remarquable constance sur ces dix dernières années (écart type entre les ratios annuels : 0,43). Cette évolution des attaques et des victimes s’est faite dans les mêmes proportions que l’expansion démographique et territoriale du loup en France.
Les données du Réseau Loup/Lynx piloté par l’ONCFS permettent de constater en effet une augmentation annuelle moyenne de la population de loups d’environ 20% par an, que ce soit sur la base des données génétiques et démographiques disponibles pour la période allant de 1993 à 2001 (MIGOT 2004), ou bien sur la base du suivi des effectifs minimum retenus sur les zones de présence permanente (ZPP) de l’espèce. On observe ainsi, en première approximation, un doublement du nombre de ZPP tous les 5 ans (DUCHAMP 2004).
Par ailleurs, grâce à l’application des dernières avancées sur les modèles CMR (capture, marquage, recapture) permettant l’estimation de la taille réelle des population de loups (grâce aux analyses génétiques sur les excréments), la population totale de loups en France en 2001 est établie à une valeur moyenne de 59 individus, ce chiffre étant encadré d’un intervalle de confiance important (27 à 102) (LEBRETON et al., sous presse 2004).
Aussi, en projetant un accroissement annuel supposé linéaire de 10% ou 20% (le premier constituant une hypothèse minimale, le deuxième se fondant sur la base de la convergence des autres indicateurs de développement de la population de loups en France), l’estimation de la taille de population serait respectivement de l’ordre de 80 ou de 100 animaux à l’entrée de l’hiver 2004/2005, sans possibilité pour l’instant de calculer l’intervalle de confiance (MIGOT, communication orale au groupe national loup du 8 novembre 2004)." (Objet : Evolution 1994 – 2004 des zones de présence du loup (Canis lupus), des attaques et victimes de la prédation et de la mise en place de mesures de protection par les éleveurs.)
Cédric Tolley
Institut de Sociologie et d'Anthropologie Culturelle
Université Libre de Bruxelles