Peur du loup : Rentrez les enfants, fermez les colos, ils sortent des bois

Le jura agricole publie un article largement inspiré des recherches de Jean-Marc Moriceau. C'est vrai que ses articles sont très "agricoles" et malgré la couleur verte du graphisme du site Internet, ils sont assez loin des sensibilités écologistes, la preuve ...

Oui, le loup s’attaque à l’homme ! C’est un fait historique…

La présence du loup en France a déjà occasionné aux éleveurs des pertes énormes, évaluées en milliers de brebis, chèvres et vaches. 

Oui, c'est un fait historique établi, le loup s'attaque à l'homme. Contrairement a ce que voudraient laisser croire certains de ses défenseurs, le loup n'est pas meilleur que les autres animaux. Là encore il faut tordre le cou à quelques idées reçues savamment entretenues par ceux qui ont intérêt à cacher sa vraie nature. Les historiens notent que les meutes s'attaquent aux humains les plus faibles. En matière de proies, le credo du loup serait plutôt « les femmes et les enfants d'abord ! ». Éradiqué en France au début du XXe siècle, les derniers individus sont abattus dans les années cinquante. Mais le loup est revenu, ou bien à été réintroduit, la question est loin d'être tranchée, et sa densité est telle, qu'elle le pousse désormais dans les plaines où il s'attaque désormais à des bovins dans des zones péri-urbaines…

Jadis, les troupeaux de moutons ou de chèvres étaient gardés. Bien des enfants y ont d'ailleurs laissé la vie, dévorés par le loup. Aujourd'hui, le pastoralisme a changé. Sans le loup, il s'est adapté aux vastes espaces. Mais le loup revient et l'incompatibilité entre sa présence et l'élevage extensif est flagrante. Le ministère de l’Ecologie minimise son impact et propose des mesurettes que les éleveurs jugent ridicules. L'avenir de l'élevage est sombre. Plus sombre encore est l'avenir de la montagne. Que deviendra-t-elle sans les troupeaux pour l'entretenir ?

Nous ne cherchons pas à diaboliser le loup, ni à jouer sur de veilles peurs. Mais, nous ne pouvons pas laisser dire à certains protecteurs de la nature, aveuglés par leur obsession de réintroduire durablement le loup dans l'arc alpin, des contre-vérités.

Lorsque les écologistes affirment que le loup n'attaque pas l'homme, de deux choses l'une : ou bien ils sont ignorants ou bien ils réécrivent l'histoire. Il ne s'agit pas de fantasmes, ni de contes ou de légendes. C'est une réalité historique incontestable. Il suffit d'entendre des historiens et de relire quelques registres paroissiaux pour trouver une longue, très longue liste de cas avérés de loups s'attaquant à l'homme, singulièrement d'ailleurs aux femmes et aux enfants. Car le loup n'est pas meilleur que les autres animaux et, de préférence, il s'en prend aux proies les plus faibles. Son intelligence reconnue le conduisait à choisir cette catégorie d'humains aux capacités à résister bien moindre que celles de robustes paysans souvent armés d'une fourche, d'une faux ou d'un bâton. S'agissant des enfants, il est évident que les tâches de gardiennage des troupeaux qui leur étaient confiées, les amenaient loin de la ferme, dans des endroits reculés, à la lisière des bois et des forêts. Les loups trouvaient là des proies faciles qu'ils traînaient au fond des bois ne laissant parfois aucune trace du pauvre petit berger. Leur disparition signalée, leur famille et les villageois accompagnés du curé, arpentaient les forêts pour rechercher les restes, les recueillir et leur réserver une sépulture décente et chrétienne. En France, « près de 1 600 actes de décès, concernant la période qui va de 1580 à 1840 ont été d'ores et déjà rassemblés, pour lesquels le rédacteur incrimine le loup ou une bête dévorante », note l'historien et professeur à l'Université de Caen, Jean-Marc Moriceau. Et encore, ce chiffre est très inférieur à la réalité. Tout d'abord en raison de l'absence de notation dans certains registres paroissiaux de la cause du décès. Ensuite, de nombreuses recherches, plus récentes, recensent de nouveaux cas non comptabilisés, comme l'indique Jérôme Dupasquier, des archives de l’Ain à Bourg-en-Bresse à l'origine d'une exposition récente sur la présence du loup et de l'ours dans l'Ain.

Des loups sains, d'autres enragés

Lorsqu'il est question de loups mangeurs d'hommes, certains protecteurs des animaux invoquent des cas de loups enragés qui, dans cette circonstance, peuvent, selon eux, s'attaquer à l'homme. Le cas des loups enragés à également été étudié par les historiens. Il est établi que certains loups anthropophages étaient porteurs de la rage. C'est un fait. Mais il est tout aussi établi que ces animaux enragés portent leurs attaques à la tête de leurs victimes contrairement aux loups sains qui eux ne touchent jamais la tête mais procèdent par égorgement ou par étranglement. Comme le note Jacques du Fouilloux, grand spécialiste de la chasse au XVIème siècle : « Les loups ne mangent jamais la tête ni la peau des animaux qu'ils prennent ». Sur les 1 600 décès attribués aux loups entre 1580 et 1840, « 1165 cas de décès sont imputables à des loups dévorants (indemnes de rage) et environ 400 sont attribués à des loups enragés

Des loups partout

Le loup est alors partout en France. Sur le plateau de Langres, dans le Jura, en Ile-de-France céréalière, dans le Cher, les vallées de la Loire et du Rhône, dans les Cévennes. Dans le Massif-central, en Bourgogne viticole « où une veuve de vigneron est dévorée dans ses ceps ». Dans le Gâtinais, en Touraine ou dans le Limousin. Seuls, le Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen semblent moins atteints. La plaine de Bresse et le bas Dauphiné sont les zones géographiques où les plus grands nombres de décès imputés aux loups sont enregistrés. Mais, notent les historiens, « aucune région n'est épargnée » car le loup montre une remarquable « capacité d'adaptation écologique ». Les hommes, évidemment, se sont ligués contre la bête féroce qui est devenue la bête à abattre. Des battues à l'échelle d'une région sont orchestrées par les préfets. Jérôme Dupasquier cite celle organisée en 1757 en Bresse.

« Une ligne de rabatteurs déployés sur 20 kilomètres entre le Revermont et la Saône débusque et pousse tout ce qu'elle trouve vers une ligne de tir qui s'étire de Bourg-en-Bresse à Mâcon. L'enjeu est tel, que les hommes qui ne participent pas à la battue sont menacés de prison ! » Le dernier loup de l'ancienne génération tué dans l'Ain l'a été en 1956, à Injoux-Génissiat, près de Bellegarde, aux portes de la Haute-Savoie. Plus près de nous, depuis la dernière guerre mondiale, une cinquantaine d'attaques de loups sur des humains ont été recensées en Europe où leur population est estimée entre dix et vingt mille individus. Certes, dans la moitié des cas, il s'agissait de loups enragés, mais personne ne peut nier que le loup est un animal dangereux qui, contrairement à une autre idée reçue, « s'attaque à l'homme même lorsque le gibier abonde ! ».

Cet article a été rédigé en s'inspirant très largement d'un texte de Jean-Marc Moriceau, professeur à l'Université de Caen et publié, en juin 2005, dans la revue « L'Histoire »

Quand les loups semaient la terreur

Durant l'été 1738, des loups d'une férocité hors du commun infestent les bois dans les environs de Neuville-les-Dames (Ain). Ils viennent d'Italie où, durant les guerres sanglantes qui viennent de s'achever par le traité de Vienne, ils ont développé un goût très prononcé pour la chair humaine prélevée sur les champs de bataille. Mais, une fois les combats terminés, ils ont été chassés par les Piémontais qui craignaient que les meutes ne se sédentarisent chez eux. Une de ces meutes a passé les Alpes pour se terrer en Bresse. En quête de nourriture et en l'absence de charniers, les loups de guerre qui avaient désappris le goût du gibier se sont jetés cette fois… sur la population. Ainsi, de juin à août 1738, ce sont vingt-deux enfants qui ont été tués dans les paroisses de plaine de Neuville-les-Dames, Sulignat, Fleurieux, Saint-Jean-sur-Veyle, l'Abergement et Clémenciat.

Source : Le jura agricole

Romuald : Les sources ne sont pas fraiches, fraiches, mais l'histoire de France véhicule la mémoire collective. Mythes pour faire peur aux enfants, pour maquiller les meurtres ordinaires, loups-garous et bandits de grands chemins ou réalités historiques. Du journalisme médiéval en quelque sorte. La télé-réalité de l'époque : TF1 va sortir un nouveau feuilleton de l'été : "Jean-Marc et les sanguinaires"ou "L'île de la prédation" en direct des Alpes de Hautes-Provence !

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