Le nez plongé dans un ouvrage sur les ours du Trentin italien, le directeur du Parc national suisse, Heinrich Haller, s'avoue «très content» de la nouvelle discrétion du jeune mâle présent depuis deux semaines en Engadine. Visible à quatre reprises en contrebas du Pass dal Fuorn, le prédateur évite ses fans depuis mardi dernier en se promenant dans le Münstertal, où il s'est régalé de myrtilles dans un jardin privé et où il a pris un bain dans un lac artificiel.
Selon la SonntagsZeitung , l'ours aperçu samedi s'est trempé dans un bassin de six mètres de profondeur situé à 2200 m d'altitude, à l'Alp da Munt. Le plantigrade a arraché un tuyau de ce lac qui alimente les canons à neige, si bien que l'écoulement d'un millier de mètres cubes a abaissé le niveau de 70 cm.
Heureux de la réapparition de l'ours brun après un siècle d'absence, Heinrich Haller pense que la Suisse redeviendra sa patrie naturelle, tout en sachant que «rien n'est définitif». Où le premier entré hibernera-t-il? Mystère! «Les ours prennent le temps de se promener», note le directeur du parc national, en relevant que le mâle suisse a été photographié l'été dernier dans le Tyrol du Sud. Il peut se passer de femelle pendant dix ans, mais la prochaine période de reproduction peut le reconduire dans le Trentin.
Après avoir tué un veau de 7 semaines, le prédateur semble avoir repris son régime végétarien. «Ce n'est pas un chasseur de trophées», insiste Heinrich Haller. Son espoir: «Le meilleur scénario est qu'il s'enfonce dans le parc national sans que personne ne le voie. Ce serait romantique...»
Pas question pour Heinrich Haller d'équiper l'ours d'un émetteur, comme le souhaitent les communes du Münstertal. «C'est un stress inutile pour lui.» Les données scientifiques sur sa migration lui paraissent dépourvues d'intérêt, des observations occasionnelles et des traces étant amplement suffisantes pour un animal isolé.
Source : Le matin