Canada : une nouvelle méthode d’inventaire des populations d’ours noirs
Canada - Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, région de l’Outaouais, procédera durant l’été 2005 à l’application d’une nouvelle méthode d’inventaire des populations d’ours noirs dans les secteurs du lac Jim (comté de Pontiac), du lac Pythonga (zec Pontiac), de Ladysmith, de Danford-Lake, de Lac-des-Plages ainsi que dans la réserve faunique de Papineau-Labelle.
Les stations d’échantillonnage seront identifiées par une affiche indiquant qu’il s’agit de travaux scientifiques et le Ministère recommande de ne pas s’approcher de ces installations, car des ours sont plus susceptibles d’y rôder.
Au total, 168 stations d’échantillonnage seront installées dans la zone de chasse 10 (partie sud de l’Outaouais), soit 28 stations dans chacun des six secteurs d’inventaire. Chacun des territoires choisis possède une superficie de 500 km2, ce qui représente une aire d’étude globale de 3000 km2. Ces secteurs d’inventaire ont été choisis de façon à couvrir toute la gamme de l’habitat disponible pour l’ours noir ainsi que différents niveaux de pression de prélèvement (chasse et piégeage) supportés par l’espèce dans cette zone.
Des travaux visant à vérifier l’accessibilité au territoire ont actuellement lieu et le montage des stations d’échantillonnage est présentement en cours. Toutefois, aucun appât n’est présentement utilisé. Le montage final des stations est prévu pour la semaine du 4 juillet tandis que la récolte de poils s’effectuera au cours des trois dernières semaines de juillet et de la première semaine d’août. L’équipement et le matériel de signalisation utilisés pour la conception des stations seront récupérés une fois le projet terminé.
Analyse de l’ADN
Les populations de grands gibiers, tels l’orignal et le cerf de Virginie, sont habituellement estimées à l’aide d’inventaires aériens; des parcelles de territoire sont survolées en hiver afin d’y repérer les réseaux de pistes et d’observer les bêtes qui y circulent. Or, cette technique ne peut s’appliquer pour l’ours noir puisqu’il séjourne dans une tanière pendant l’hiver. Durant l’été, l’ours se fait très discret et le feuillage abondant rend les inventaires en aéronef impraticables.
Basée sur la méthode dite de « capture-recapture », la méthode d’inventaire qui sera appliquée consiste à placer des appâts en forêt afin d’attirer les ours vers des stations d’échantillonnage, délimitées par des fils barbelés.
Cette méthode permet d’évaluer le niveau de population d’ours noirs sur de grands territoires sans avoir à capturer et à manipuler des ours vivants. En s’approchant des appâts, les ours se frottent inévitablement sur les barbelés et y laissent quelques poils, le tout sans douleur ou stress pour l’animal.
Les poils sont récupérés et le profil génétique de l’ours peut ensuite être dressé grâce à l’analyse de l’ADN contenu dans les racines des poils. Ainsi, l’animal sera reconnu s’il se présente à nouveau à l’une des stations, ce qui constituera une « recapture ». Par le passé, cette technique a déjà été expérimentée avec succès en Abitibi-Témiscamingue.
L’analyse des résultats des captures réalisées au cours de ces travaux devrait permettre d’obtenir un portrait assez fidèle du niveau de population d’ours noirs sur le territoire de la zone de chasse 10, car les résultats obtenus des aires d’échantillonnage peuvent être extrapolés à l’ensemble de la zone. Les résultats préliminaires de cette étude devraient être disponibles au printemps prochain et permettront d’apporter, au besoin, des ajustements au plan de gestion de l’ours noir dans cette zone.
Voir aussi : L'ours noir du Canada risque de devenir une espèce menacée d'extinction sans une réglementation rigoureuse de son commerce.
Source http://www.rds.ca/