Lettre ouverte de Patrick Pappola à Nelly Olin, ministre de l'Ecologie et du développement durable
Madame la ministre,
Vous allez nous faire l'honneur samedi de nous rendre visite aux Automnales du pays de l'ours, la fête de l'ours des Pyrénéens du XXIe siècle.
A cette occasion, et pour tenter de brouiller les pistes de ce fabuleux message d'espoir pour la préservation de l'ours, donc des Pyrénées, donc des pyrénéens et des générations futures, un organisme, l'IPHB, et son président, le député maire Jean Lassalle, vient encore une fois de provoquer l'État et le gouvernement dans un débordement verbal désormais banalisé : après avoir traité les amis de l'ours de "maffieux" (à Oloron début 2005), voilà qu'il nous compare (vous et nous) à de "dangereux bolcheviks", tandis que son acolyte Jean Bayllaucq n'hésitait pas il y a peu à nous traiter quasiment l'ours et nous : de "nazis" !
Cet organisme, l'IPHB, a prouvé son Incapacité totale à gérer le dossier ours puisqu'il a contribué en 10 ans, par son incroyable immobilité à faire chuter jusqu'à la fin définitive (malgré maints avertissements), la population d'ours bruns autochtones sur laquelle l'État lui avait confié la mission de veiller.
Passons sur l'incroyable laxisme de l'État dans cette affaire qui a distribué les deniers publics sans compter à une institution qui, c'est désormais prouvé, n'est uniquement que le tremplin politique et électorel de l'UDF Jean Lassalle.
Pire, l'IPHB, machine clientéliste de haut vol, a aussi joué le rôle de catalyseur national contre la directive Habitat et Nature 200O pendant que les derniers ours étaient abandonnés à l'extinction, l'IPHB refusant tout renforcement de la population d'ours (sinon assortie de conditions inadmissibles), s'accommodant de savoir par exemple que la dernière femelle, Cannelle, était contrainte de se reproduire avec son propre père pour tenter désespérément de perpétuer l'espèce instinctivement avec le souffle de vie qui leur restait.
Il me semble de la plus haute importance que l'État cesse cette collaboration avec un IPHB qui est discrédité à ce point et qui risque d'entacher dans sa chute la réputation de l'État (tout en crachant dessus), si le mal n'est pas déjà fait.
Je sais que vos services ont choisi d'attendre un message (enfin) positif de cette structure clientéliste, mais depuis des années, rien n'est venu, bien au contraire, les responsables de l'IPHB, Monsieur Lassalle en tête, se lancent dans une surenchère verbale inadmissible, jouant les fanfarons jusqu'au bout et refusant de réparer leurs forfaits en condamnant d'emblée toute idée de renforcer la population d'ours en Béarn.
Alors il est temps. Oui, il est temps que vous fassiez des choix Madame la ministre : continuer à entretenir cette machine électorale qui n'a joué quasiment aucun rôle positif vis-à-vis de l'ours depuis sa création, bien au contraire, ou bien déssaisir l'IPHB de toutes ses prérogatives sur l'ours pour attribuer des subventions sous conditions strictes (avec obligation de moyens et de réussite) à d'autres organismes qui, eux, travaillent de manière positive, main dans la main avec les gens du terrain et les services de l'État, sans tenter d'envenimer chaque situation conflictuelle pour engranger des gains politiques, et qui ont prouvé leurs compétences dans le dossier ours. C'est le cas de l'ADET, de CAP Ours, du FIEP, de FERUS etc. mais aussi de certains services de l'État dont la plupart sont du ressort de votre ministère.
Ne laissez pas tomber le Haut Béarn, Madame Ollin, plusieurs élus n'attendent qu'une chose : la disparition définitive de l'ours pour mettre enfin son habitat (le milieu naturel pyrénéen) en coupe réglée : programme ahurissant de pistes dites "pastorales" qui porterait irrémédiablement atteinte au biotope de l'ours et de nombreuses autres espèces, projets de coupes forestières non durables et autres aménagements que la présence de l'ours avait réussi à limiter jusque-là.
Vous ne pouvez pas porter la responsabilité d'un tel saccage Madame la ministre ! La collusion Etat - IPHB depuis 1994 et déjà un héritage très lourd à porter. Je répète, Madame Ollin, l'IPHB va devenir la honte de l'État, cessez de leur verser le moindre centime : cette collaboration sur le dos de l'ours a assez duré et l'IPHB, irrécupérable, approuvé sa mauvaise foi mainte et maintes fois.
Pour le Béarn et ses ours, plutôt que l'IPHB, ce sont les services de l'État qui doivent agir : ONCFS et Parc National entre autre. Le tout sous la direction des DIREN et avec les associations citées ci-dessus.
La mascarade du "local" contre le "national" a assez duré, c'est l'ours qui en a fait les frais en silence, c'est inacceptable ! Les béarnais, les pyrénéens et les français en général commencent à peine à voir la monstrueuse face cachée de l'iceberg qu’est l’IPHB. Ils sont nombreux à vouloir que l'ours vive dans nos montagnes : plus de 150 000 pétitions signées, des pyrénéens favorables à l'ours dans des majorités massives sondées rigoureusement le prouvent dès lors que les gens parlent sans la pression de certains élus et lobbys extrêmement bien organisés et influents.
Cette volonté de pouvoir enfin parler librement sans le poids de ces groupes de pression s'est d'ailleurs clairement exprimé lors des "forums de concertation" sur l'ours organisé par vos services en mars 2005 sur toute la chaîne pyrénéenne. Plusieurs personnes y ont en effet formulé combien elles appréciaient de pouvoir enfin s'exprimer librement et sans tutelle tacite.
J'attire votre attention sur le fait que de nombreux ouvrages sur l'ours en France viennent de paraître - ce n'est qu'un début - et tous mentionnent le rôle scandaleux de l'IPHB dans la disparition de l'ours. L'Histoire commence en effet à passer et la vérité éclate. L'Etat doit enfin sortir de ce bourbier et abandonner l'IPHB définitivement. Je le répète : vous attendez des signes positifs de IPHB, et seule la surenchère verbale et les insultes viennent. Leur message est clair : ils ne travailleront jamais ni avec vous, ni avec nous.
Déjà, l'IPHB fait des "doublettes" en passant par-dessus le Parc pour entretenir une phobie des vautours ! (Cela rapporte électoralement), l’IPHB cherche à gérer l'eau, souhaite continuer à gérer l'ours tout en le condamnant Tout est bon pour continuer de percevoir des subventions !
Cet organisme se comporte comme les intégristes du FIS en Algérie qui n'hésitaient pas à faire du caritatif pour suppléer un Etat démissionnaire et passer pour les défenseurs du peuple à bon compte, manière assez habile de prendre le pouvoir. Le ministère de l'Écologie doit prouver que nous n'en sommes pas là en Haut Béarn ! Vous devez laver cet affront fait à tous les béarnais !
CA SUFFIT !
Pour ma part, simple adhérent de base de l'ADET, du FIEP et de FERUS, j'emploie une bonne partie de mon énergie à informer sur les méfaits commis par l'IPHB vis-à-vis de l'ours et de notre patrimoine naturel. Je vous conseille de lire si ce n'est déjà fait cette étude qui en dit long sur cet Institut qui, contrairement à son titre de "patrimonial" n'est plus que l'Institut de "Pillage" du Haut Béarn.
Je regrette amèrement que, l'étude datant de 2001, les services de l'État n'en n'aient pas tiré les conclusions qui s'imposent : cesser de soutenir l'IPHB qui est un instrument contre la nature et l'environnement. Cela aurait pu éviter la fin tragique de la souche autochtone de l'ours brun en France ce 1er novembre 2004 lorsqu’un chasseur commit l'irréparable. Irréparable que l'IPHB n'a cessé de rendre davantage possible chaque jour depuis sa création en 1994 en échange de la suppression des réserves naturelles en zone à ours !
N.B. : Cannelle en 2004 et la femelle "Claude" 10 ans plus tôt ont été abattues illégalement sur le territoire même de ces ex-projets de réserve contre lesquels Béarn a été créé !
Lire le document : L'institution patrimoniale du Haut Béarn : gestion intégrée de l'environnement ou réaction anti-environnementale?
Dans l'attente de constater que des choix clairs ont enfin été faits par vos services vis-à-vis de l'IPHB, je vous prie de croire, Madame Ollin, en l'expression de ma plus haute considération.
Patrick PAPPOLA.
Patrick, tu lis dans mes pensées !