Carte de la présence du loup dans les Alpes (France, Italie, Suisse) - Hiver 2003-2004)
IVème réunion du Groupe Loup Alpin à St Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes)
Le groupe loup alpin s’est réuni les 7, 8 et 9 novembre pour la quatrième année consécutive à St Martin Vésubie (Alpes-Maritimes). Ces ateliers annuels de travail ont pour objectif de permettre aux responsables techniques des différentes équipes impliquées dans le monitoring du loup dans les Alpes suisses, italiennes et françaises, de se rencontrer pour des séances de travail, d’échanger des informations et d’harmoniser les protocoles.
Ces réunions techniques permettent en particulier :
- de fixer les objectifs de connaissances minimales communes à atteindre pour la population de loups présente dans les Alpes et son évolution,
- de mettre en place des méthodologies communes permettant de répondre à ces objectifs (concernant notamment le suivi de terrain et les analyses génétiques),
- de réaliser ensemble les interprétations et présentations des données ainsi recueillies.
Le terme « population » est employé ici au sens d’unité de gestion, cette population ayant des liens avec la population des Apennins.
La première partie de la réunion a permis de faire le point sur l’état des projets et des connaissances dans les trois pays concernés. La situation française étant présentée par ailleurs dans ce bulletin, seules les situations de la Suisse et de l’Italie sont présentées ici.
Ainsi, coté italien, il faut noter une extension du réseau d’observation dans le Val d’Aoste. Toutes les meutes ont été retrouvées ce dernier hiver, et elles sont quasiment toutes reproductrices.
D’un point de vue des dommages relevés sur les troupeaux, on peut noter que le nombre d’attaques, et surtout le nombre de victimes est à la baisse entre 2000 et 2004 pour la province de Cuneo malgré la stabilisation voire l’augmentation de la population de loups. En moyenne, les dommages se chiffrent à moins de 100 victimes par an dans la province de Cuneo et 115 pour celle de Turin au cours de cette période.
Concernant la Suisse, au moins trois individus (deux males et une femelle) étaient encore présents dans trois secteurs géographiques distincts au cours de l’année 2005. La femelle présente au sud de la Suisse fait probablement toujours des déplacements transfrontaliers avec l’Italie.
La présence récente de loups en Autriche est maintenant attestée, les individus ayant pour origine la population slovène.
La 2ème journée a été consacrée aux discussions relatives à l’acquisition et aux traitements des données. Ainsi, le groupe a décidé de conserver, de par leur pertinence, 3 indicateurs démographiques pour le suivi de l’espèce à l’échelle transfrontalière, à savoir :
- le nombre de meutes,
- le nombre de meutes se reproduisant,
- le nombre minimum de loup par meute durant l’hiver.
Sur le plan géographique, l’objectif fixé l’an dernier de production d’une carte transfrontalière a été atteint et elle est publiée (voir ci-contre) sur le site Internet du Large Carnivore Initiative for Europe (LCIE) ainsi que tous les résultats et les compterendus de ce groupe de travail international. Le groupe a étudié toutes les possibilités de représentations cartographiques et a conclu à l’utilisation d’une méthode standard de cartographie déjà utilisée au niveau international pour les carnivores. Elle fera apparaître l’aire de répartition brute avec les différentes qualités d’indices, en superposant les zones constituées en meutes de celles qui ne le sont pas. Une mise à jour bi-annuelle semble suffisante au regard du recul nécessaire pour acquérir les données de manière homogène.
Enfin, la réalisation d’un modèle de validation des aires potentielles qui avait déjà été effectué en 2000 sera un des objectifs pour l’année à venir.
B. LEQUETTE , C. DUCHAMP
Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005
