Les paysans suisses, les cantons limitrophes des Grisons et les régions de montagne ne voient pas le retour de l'ours en Suisse d'un bon oeil et demandent que l'ours puisse être abattu plus facilement. Comme toujours, le milieu paysan a la gâchette facile.
L'ours brun en Suisse durant l'été 2005
Durant l'été 2005, un ours venu d'Italie s'est baladé dans le Parc national des Grisons. Retour sur les notes de la buvette de l'époque
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L'ours est protégé en Suisse
Il a été vu à plusieurs reprises à proximité des habitations et a dévoré quelques moutons. Personne ne l'a aperçu depuis septembre. Pour gérer son retour, l'Office fédéral de l'environnement a mis un projet en consultation et s'est dotée en mars 2006 d'un plan de gestion de l'ours brun appelé « Concept Ours brun ».
L’ours brun a été classé espèce animale protégée par la législation nationale en 1962. De plus, la Suisse a ratifié la Convention de Berne en 1979, se déclarant ainsi solidaire des efforts de protection déployés à l’échelle internationale.
Selon le service de la Confédération, la cohabitation entre les hommes et l'ours est tout à fait possible. En cas de comportement extrême et en dernier recours, il sera possible de l'abattre. Un ours à risque pourra être abattu dans les cas suivants :
- Il ne craint plus l’homme, au point de pénétrer dans des zones d’habitation fermées, tente de s’introduire dans des bâtiments ou des étables, suit des hommes plusieurs fois à portée de vue et se montre agressif sans être provoqué; sa peur de l’homme n’augmente pas, en dépit d’actions d’effarouchement répétées;
- Il a attaqué une personne et l’a gravement blessée;
- Il a tué une personne.
Un ours n’est pas tiré s’il attaque du bétail ou provoque d’autres dégâts matériels.
Les éleveurs suisses confondent zoo et nature en liberté
Pour les éleveurs, ce n'est pas suffisant et ils comparent un animal en liberté dans la nature à un zoo ! « Il faut éviter de créer un zoo à ciel ouvert », a déclaré Marcello Bernardi, directeur de la division environnement. « L'ours devrait pouvoir être abattu s'il cause de grands dommages à la faune ou au bétail et pas seulement s'il est un danger pour l'homme ».
L'USP (Union suisse des paysans) ne désire pas partager le territoire. « La terre appartient au paysan, pas à l'ours ! » Partager le même territoire n'est pas possible. Ils jugent le retour de l'ours artificiel et comme leurs homologues pyrénéens argumentent contre l'ours en mettant en avant la peur qu'ils cherchent à développer dans la population : « Il s'agit d'éviter à tout prix un incident tragique impliquant un être humain.»
Les organisations écologistes elles, restent favorables au concept Ours brun. « Un ours ne doit pas être éliminé à cause de l'ignorance », plaident Pro Natura et le WWF Suisse. « Ce mammifère est d'un naturel craintif et ne sort de sa réserve que si l'être humain se comporte de façon inadéquate.»
Les paysans suisses ont visiblement encore besoin de s’instruire sur le plantigrade et de réaliser que l'homme n'est pas le seul a avoir des droits.