François Arcangeli : le bal des girouettes

Interview de François ARCANGELI par Gérard LARREY du Petit Journal.

29/05/06

G. L. : François Arcangeli, vous êtes Président de « Pays de l'Ours - Adet » et Maire d'Arbas. Trois ourses ont été relâchées ces dernières semaines, quel est votre sentiment ?
François Arcangeli : Ce plan de renforcement est mesuré : 5 ours après 10 ans d'attente, ce n'est pas excessif, surtout lorsqu'on pense aux ours qui sont morts depuis...

Palouma, Franska et Hvala sont venues renforcer la population existante d'ours présente dans les Pyrénées. De ce point de vue, c'est très satisfaisant, même si nous aurions préféré le faire dans un meilleur climat.

G.L. : Justement, les opposants au plan de renforcement disent qu'ils sont d'autant plus opposés qu'ils n'ont pas été consultés. Qu'en pensez-vous ?
François Arcangeli : Je crois qu'il faut être précis sur ce point. A commencer par les élus, tout le monde a été invité à participer aux réunions de concertation. Un courrier a été envoyé en ce sens dans toutes les mairies de la chaîne par les services de l'Etat. Mais c'est vrai qu'au même moment, des responsables politiques ont choisi d'appeler à ne pas participer à ces réunions. C'est une faute politique.

Cela a été le cas par exemple en Haute-Garonne avec Jean-Louis Idiart (Député PS, Conseiller Général -NDLR), qui avec quelques conseillers généraux ou régionaux, a demandé aux élus dans un courrier daté du 8 mars 2005 de boycotter ces réunions, au motif que des questions se posaient et n'avaient pas eu de réponse... comme si la concertation ne devait pas servir justement à poser des questions et à avoir des réponses !

G.L. : Et les élus mis à part ?
François Arcangeli : D'autres personnes, en particulier des responsables agricoles, ont fait ce même choix du boycott. C'est dommage. Nous payons aujourd'hui un prix fort au sabotage de ce dialogue : il aurait permis de se dire les choses autour d'une table plutôt que dans la rue, de s'exprimer calmement et constructivement plutôt que par la violence. Et faut-il rappeler les conclusions du Conseil d'Etat sur la très bonne organisation de cette concertation ?

G.L. : Certes, mais certains qui se sont exprimés disent ne pas avoir été entendus.
François Arcangeli : Il y a une confusion sur l'objet de cette consultation, confusion savamment entretenue par différents responsables politiques et professionnels. La protection d'une espèce protégée, comme l'ours, n'est pas une compétence décentralisée. Il ne sert donc à rien de demander aux communes de délibérer contre l'ours. Dans mon conseil municipal, je n'invite pas les conseillers municipaux à délibérer sur l'impôt sur le revenu ou sur des questions militaires. Ce n'est pas de notre compétence ! Il en est de même sur l'ours qui relève d'une compétence de l'Etat, compétence exercée de plein droit par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. La question posée lors de la concertation portait sur la manière de procéder.

G.L. : D’accord, mais certains sont quand même contre !
François Arcangeli : J'entends bien, mais la sauvegarde de l'ours relève de la Loi et des engagements nationaux et internationaux de la France. Tout autre dispositif est illégal. Le Conseil d'Etat l'a rappelé par deux fois. La Loi s'applique à tous, et si certains jugent qu'elle n'est pas bonne, qu'ils la changent !

G.L. : Les parlementaires sont là pour ça, non ?
François Arcangeli : Justement, il faut en finir avec ces comportements de parlementaires qui votent des lois à Paris en semaine et qui reviennent sur le terrain en disant le contraire de ce qu'ils ont voté !

G.L. : Peut-être ont-ils changé d’avis ?
François Arcangeli : Sûrement !

  • Augustin Bonrepaux (Député PS, Président du Conseil Général de l'Ariège - NDLR) était pour l'ours lorsque François Mitterrand a lancé le dossier en 1982.
  • Chantal Robin-Rodrigo (Député PRG des Hautes-Pyrénées, Conseillère Générale - NDLR) soutenait notre association en 2000 lorsque Augustin Bonrepaux faisait voter son amendement prévoyant de capturer les ours réintroduits.
  • Jean Lassalle (Député UDF, Conseiller Général des Pyrénées-Atlantiques NDLR), avec l’IPHB (Institution Patrimoniale du Haut-Béarn), a bénéficié de plus de 10 millions d'euros en promettant jusqu'en décembre 2004 de lâcher deux femelles en Béarn.
  • Jean-Louis Idiart, fraîchement élu député se précipitait en 1993 à la signature de la charte prévoyant les lâchers de 1996 et 1997...

C'est le bal des girouettes ! Comment voulez-vous après ça que les gens sur le terrain y comprennent quelque chose ?

G.L. : Ces élus expriment l'avis de la population qu'ils représentent, non ?
François Arcangeli : Certainement pas ! Toutes les études d'opinion disent le contraire : 77% de la population des départements de montagne de Midi-Pyrénées sont favorables à de nouveaux lâchers (sondage 2005 IFOP / Pays de l'Ours - Adet - NDLR). 80% en Haute-Garonne. 77 % aussi en Pyrénées-Atlantiques selon un sondage réalisé par un quotidien de ce département. Même en ne prenant en compte que les communes de montagne, nous avons encore le soutien de 2 pyrénéens sur trois ! Alors, même en respectant les réserves d'usage sur les sondages, les chiffres sont suffisamment éloquents pour ne pas être contestés.

G.L. : Alors, pourquoi ce décalage entre certains élus et la population ?
François Arcangeli : Ce n'est pas la première fois que l'on peut constater un tel décalage... Mais je crois que certains élus font un calcul très simple : une élection se gagne avec les derniers pourcents qui font la différence. Ils pensent que les opposants à l'ours qui sont souvent virulents sanctionneront électoralement ceux qui prennent position pour, alors que les partisans de l'ours ne sanctionneraient pas ceux qui ont pris des positions contraires, voire même oublieraient que des élus ont retourné leur veste. Et je crois qu'ils se trompent...

G.L. : Que voulez-vous dire ?
François Arcangeli : Je veux dire que de nombreuses personnes dans nos vallées sont indignées que leur avis soit ainsi méprisé par leurs élus et ces personnes savent la part de responsabilité politique qui est celle de ces élus dans les violences que nous avons connues ces dernières semaines. Cette indignation se traduira certainement le moment venu dans l'isoloir. Cela dit, n'oublions pas que de nombreux élus ont eu le courage de se positionner favorablement, comme de nombreux parlementaires, conseillers généraux et régionaux, et bien sûr des maires, notamment de montagne, que l'on retrouve dans le comité de soutien au renforcement.

G.L. : On dit aussi que ce programme coûte cher. Quelle est votre opinion sur ce point ?
François Arcangeli : A quoi sert l'argent du « programme ours » ? Pas à payer les ours que je sache ! Sur les dix dernières années, le budget annuel a été de 1,4 millions d'euros dont la moitié, 700.000 euros a bénéficié directement au pastoralisme. Est-ce de l'argent dont l'agriculture de montagne n'a pas besoin ? Les autres 700.000 euros servent à financer essentiellement des emplois qui ont été créés grâce à ce programme. Est-ce inutile dans nos vallées de créer des emplois, fussent-ils liés à des mesures environnementales ?

G.L. : Combien d'emploi ont donc été créés ?
François Arcangeli : Nous étions il y a quelques mois à plus d'une centaine d'emplois directs, l'équivalent de 55 emplois à temps plein. Que disent les élus qui défilent contre l'ours à ceux dont l'emploi dépend du programme ours : «allez à l'ANPE ! » ? C'est bien la première fois que l'on voit des élus défiler pour la fermeture de l'équivalent d'une belle PME d'une centaine d'emplois ! Et je ne parle pas des emplois indirects...

G.L. : Alors, pourquoi cette question sur le coût de l'opération ?
François Arcangeli : Je crois tout simplement que lorsqu'on est contre une action, on en critique forcément son coût. A l'échelle d'une année, le «coût de l'ours » correspond à 15 minutes de subventions agricoles versées aux exploitations françaises ! Comment faire croire qu'il ne faut pas dépenser en France quelques centaines de milliers d'euros par an à la protection d'une espèce aussi emblématique que l'ours, alors que nous sommes suffisamment riche pour donner chaque jour 2 euros à chaque vache vivant sur notre territoire national ?

G.L. : Une espèce emblématique qui mange des brebis !
François Arcangeli : Parlons-en ! Sur les 600.000 brebis élevées dans les Pyrénées, 15.000 à 20.000 brebis meurent chaque année dans les Pyrénées de diverses causes. L'ours en tue 150 à 200, 300 si nous intégrons les bêtes indemnisées au bénéfice du doute. En quoi 1 % des dégâts liés à l'ours seraient insupportable, et en quoi les 99 autres seraient totalement assumés par la profession ?

G.L. : Parce que l'éleveur ne supporte pas que ses bêtes meurent sous les griffes de l'ours !
François Arcangeli : Certes, mais comment accepte-t-il alors que ses bêtes meurent dans d'atroces souffrances en estive, mangées par exemple par les asticots, tout cela parce qu'il n'y a personne pour les soigner ? Là, je parle de milliers de moutons qui meurent ainsi ! Ou à cause des chiens divagants?

G.L. : Oui, mais l'ours est un problème de plus !
François Arcangeli : C'est une remarque de bon sens qui est démentie par les faits, tout simplement parce que les actions de protection, qui sont utilisées partout dans le monde, et expérimentées à nouveau depuis 10 ans en Pyrénées Centrales, sont efficaces. Pour ne prendre qu'un exemple, les éleveurs qui ont mis en place les chiens de protection, le célèbre «Patou », le « Montagne des Pyrénées », ces éleveurs nous disent que la prédation sur leur troupeau a chuté de 92 % ! Le patou est efficace sur l'ours mais aussi sur les autres causes de perte : il agit aussi sur les 99 % dont je parlais tout à l'heure. Nous en sommes donc aujourd'hui à constater le paradoxe suivant : il y a moins de pertes sur les troupeaux en Pyrénées Centrales aujourd’hui qu'avant le retour de l'ours ! Tout simplement parce que les seuls éleveurs qui ont pris des patous nous disent avoir économisé plus de bêtes que n'en tuent les ours par ailleurs...

G.L. : Mais certains disent que le patou n'est pas toujours efficace ?
François Arcangeli : Je crois que son efficacité n'est plus à démontrer et puis l'ont-ils seulement essayé ? Peut-être dans certains cas le taux de 92% d'efficacité baisser a un peu. Mais il y a de la marge avant d'affirmer que le patou n'est pas efficace ! Si les actions de protection ne marchaient pas, alors pourquoi les dégâts sur les troupeaux auraient baissé ces dernières années alors que le nombre d'ours a augmenté?

G.L. : Donc la prédation n'est pas un problème ?
François Arcangeli : Si, elle l'est pour les éleveurs à qui ça arrive. D'ailleurs, la plupart des dégâts se produit sur des troupeaux non protégés. Mais beaucoup d'éleveurs opposés à l'ours conviennent de toute façon que le problème n'est pas dans la prédation liée à l’ours.

G.L. : Il est où, alors ?
François Arcangeli : Nous avons entendu des opposants dirent qu'ils n’avaient rien contre les ours eux-mêmes mais contre ceux qui veulent en restaurer la population. Je trouve ces propos assez justes. Ils témoignent que l'ours est instrumentalisé dans une polémique dans laquelle il a finalement assez peu de place. En Haute-Garonne, il n'y a pas eu de dégât d'ours en 2005. L'usage était plutôt d'avoir 4 à 5 bêtes tuées chaque année, ce qui est très peu. Pourtant, nous avons aussi sur ce territoire des gens qui s'y opposent. En disant en vouloir aux hommes qui portent ce programme, ils s'opposent aux valeurs que nous défendons et aux questions que nous posons : quelle place sommes-nous prêts à faire à notre environnement dans nos stratégies de développement ? Quels efforts acceptons-nous de consentir pour préserver notre patrimoine naturel ? Quel partage de l'espace sommes-nous prêts à consentir à l'autre ? Des questions qui ne sont pas réglées, alors que le partage de l'espace a souvent fait l'objet de vifs conflits en montagne avec l'élevage, la chasse, et le tourisme aussi...

G.L. : Pourquoi poser de telles questions est-il à ce point insupportable ?
François Arcangeli : Parce que le système est en crise et que ceux qui ont en charge de s'occuper de ces problèmes regardent ailleurs depuis longtemps, et n'ayant pas réfléchi à ces questions, n'ayant pas de propositions, ils préfèrent faire chaise vide lorsqu'ils sont invités à y travailler... Parce que le système agricole est en pleine mutation, que progressivement nous passons d'une logique productiviste à des mesures agro-environnementales. Cette évolution, concomitante du déclin de l'agriculture de montagne, est culturellement refusée par les éleveurs et l'ours vient symboliser cette nouvelle demande sociale.

G.L. : Ce refus est accompagné d'un repli identitaire ?
François Arcangeli : Oui, très clairement. Certains montagnards voudraient décider seuls du devenir de leur vallée. Mais c'est une absurdité de vouloir opposer la montagne aux citadins ! Qui vient faire du ski ou se rend dans les stations thermales ? Qui achète les produits de la montagne ? Principalement pas les montagnards ! D'où vient l'argent des primes agricoles ? De la solidarité nationale et européenne. Il y aurait grand danger pour les éleveurs à se couper du soutien de l'opinion. L'agriculture de montagne reçoit des aides publiques, certainement pas assez. A l'heure des choix budgétaires, nous devrons être tous soudés si nous voulons que la société continue à soutenir cette agriculture et amplifie son aide. Le plan ours permet d'attirer l'attention de nos concitoyens sur le travail difficile et indispensable que produisent les éleveurs en montagne : il prépare les consciences à comprendre cette activité, à la respecter et à l'aider d'avantage.

G.L. : Puisque nous parlons du rôle indispensable que jouent les éleveurs en montagne, ceux-là disent que sans eux, les espaces vont se refermer.
François Arcangeli : Je le répète, nous sommes les militants d'une montagne moderne et dynamisée qui intègre le pastoralisme. Mais pas de n'importe quel type. Lorsque je regarde les paysages en me promenant d'un département à l'autre, je constate que la forêt gagne partout du terrain depuis des décennies. Et ce n'est pas la faute de l'ours qui avait disparu dans de nombreux secteurs ! C'est la faute à un modèle agricole dont les éleveurs sont victimes et qui a montré toutes ses limites autant d'un point de vue agricole qu'environnemental. Pendant qu'ils désignent l'ours comme le responsable de tous leurs maux, les responsables agricoles et politiques prennent bien soin de ne pas poser le débat sur leur propre responsabilité dans des choix qu'ils ont faits ou qu'ils n'ont pas faits dans le passé et qui ont conduit le pastoralisme là où il est aujourd’hui.

G.L. : On entend aussi que l'ours n'est pas en voie de disparition...
François Arcangeli : Dans les Pyrénées, si ! Comment pourrions-nous nous contenter de nous reposer sur nos pays voisins en leur demandant de faire les efforts de cohabitation que nous ne serions pas disposés à faire nous-mêmes ? Sur cette logique, l'Espagne pourrait aussi laisser disparaître ses derniers ours, puisqu'il y en a en Italie. Et l'Italie de même, puisqu'il y a des ours en Slovénie. Non, ce raisonnement ne tient pas. D'ailleurs le Conseil d'Etat a rappelé les obligations qui sont les nôtres. Nous avons déjà laissé disparaître le bouquetin des Pyrénées, avec ces logiques, demain, ce sera le tour de qui : du grand-tétras, du percnoptère, du desman ? Et je ne parle pas des efforts que nous demandons aux africains pour la protection d'autres espèces qui posent des problèmes autrement plus importants dans des pays qui ont des moyens financiers tellement moindres que les nôtres !

G.L. : Certains disent que le renforcement est artificiel, qu'en pensez-vous ?
François Arcangeli : Si l'on considère qu'il est naturel que l'homme détruise son environnement et que le protéger est artificiel, alors oui, c'est artificiel. J'aurais sûrement préféré travailler aujourd’hui à la protection d'une population d'ours de souche pyrénéenne, si ceux qui étaient là avant moi avaient tout fait pour le conserver, mais ce n'est pas le cas ! La protection de notre patrimoine naturel relève d'une responsabilité collective qui commence par des responsabilités individuelles. Je prends la mienne.

G.L. : Vous parliez tout à l'heure de nos pays voisins. Vous étiez en Slovénie il y a quelques semaines. Quel regard portent-ils sur nous ?
François Arcangeli : Ils sont à la fois amusés et indignés. La Slovénie est un pays émergeant qui regarde la France avec admiration. C'est un pays magnifique avec des gens formidables, très accueillants. Alors, lorsqu'ils voient une mairie attaquée comme cela à été le cas à Arbas le 1er avril, ils ne comprennent pas. Ces violences ont eu un large écho en Slovénie. Ils en ont été très choqués, tout comme ils sont irrités de toutes les âneries que l'on raconte sur eux.

Ils vivent avec les ours, ils en ont près de700 sur un territoire grand comme la zone montagne de l'Ariège et de Haute-Garonne. Ils n'ont pas de problème particulier avec les ours et sont même très fiers d'en avoir autant et de pouvoir les offrir à la France, ou comme il y a quelques années à l'Italie qui a lâché 10 ours en 3 ans sans aucune polémique...

Les slovènes chassent -beaucoup-, exploitent la forêt - très bien -, font de la randonnée, ramassent les champignons : tout cela avec 1 à 2 ours pour 1000 hectares. Avec autant d'ours, il n'y a pas eu de mort en Slovénie depuis près d'un siècle. Comme en France où on ne recense pas d'accident mortel du fait de l'ours depuis au moins 150 ans !

Par contre, le grand gibier fait des morts en France chaque année. Cerfs et sangliers ont eux aussi été réintroduits et personne ne prône leur éradication malgré les dégâts sans commune mesure qu'ils font sur les cultures, l'élevage ou la forêt ! Personne, que je sache, ne souhaite sérieusement non plus la disparition des abeilles, des guêpes, des frelons et des vipères. Il faut accepter de vivre avec une nature sauvage qui présente effectivement quelques risques. Mais sur la liste des risques, l'ours vient très loin derrière. Que ceux qui s'inquiètent de rencontrer un ours pensent plutôt à partir en randonnée avec un sérum pour les vipères !

G.L. : Vous évoquiez des «âneries » tout à l'heure, que pensez-vous des propos de Madame le Ministre le soir du lâcher de Palouma qui a traité « d'ânes et d'imbéciles » ceux qui avaient envahi le site de lâcher ?
François Arcangeli : Vous avez raison de bien préciser que ces propos ne concernaient que les sept anti-ours présents sur le site de lâcher, et qu'elle n'a jamais généralisé à l'ensemble des opposants comme voudraient le faire croire aujourd'hui certaines personnes pour « resserrer » les rangs. J'étais à ses côtés à ce moment-là. Je crois que ces propos sont à la mesure de l'inconscience dont ces gens ont fait preuve. On se plaint trop souvent de la langue de bois pour maintenant critiquer ce franc-parler...

G.L. : Pour finir, certains opposants ont appelé à une suspension des lâchers pour engager le débat. Qu'en pensez-vous ?
François Arcangeli : C'est vrai, ceux qui prônaient le boycott de la concertation voudraient aujourd'hui suspendre les lâchers pour pouvoir en discuter. Mais bon, acceptons ce paradoxe, il faudra bien qu'on se parle et considérer que ces demandes sont sincères. J'ai de mon côté multiplié les appels au dialogue ces dernières semaines. Si le moratoire est un préalable, pourquoi pas ! Mais à la seule condition que nous discutions de la conciliation des enjeux et non pour opposer telle ou telle activité : l'ours pose des problèmes au pastoralisme ? Discutons-en et voyons ce qu'il faut mettre en place pour les régler ! L'ours pose des questions sur les autres activités de la montagne ? Parlons-en ! Mais de grâce, ne retombons pas dans le débat stérile du bien fondé de la sauvegarde du plantigrade, je le rappelle, c'est la Loi ! Si les opposants sont disposés à venir sur ce débat, j'y suis prêt...

G.L. : Serez-vous à Luchon le 3 juin ?
François Arcangeli : Oui, bien sûr ! J'espère que nous serons très nombreux pour ce rassemblement de soutien que nous voulons festif, familial et joyeux.

Interview de Gérard Larrey

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