L'ours en Europe et l'exception française

L'Italie, l'Autriche et l'Espagne ont aussi renforcé ces dernières années la population d'ours (Ursus arctos) dans leurs montagnes, où ces expériences, assorties de politiques d'accompagnement, ont permis de sauver leur présence.

En France, la politique d'accompagnement proposée par le ministère de l'Ecologie est du même ordre, mais les éleveurs anti-ours organisent un tel bordel, soutenus par des politiciens près à enfreindre (ou à faire enfreindre) la loi qu'il est permis de se poser des questions sur le respect des lois dans les montagnes pyrénéennes.

L'arrivée la semaine dernière des deux premières ourses Palouma et Franska s'apparente à un jeu du chat et de la souris. Les anti-ours hilares étaient partis d'Arbas en vainqueurs. Les gendarmes vexés se sont jurés de ne plus se faire prendre, et ont bernés ceux-çi pour le lâcher de Franska. De l'extérieur, le comportement d'adolescents rebelles des bergers anti-ours est risible, mais effrayant. Il est loin le côté sympatique des bergers de Praz-sur-Arly qui organisent des visites de la bergerie en plein agnelage.

La guerre de l'ours

Les éleveurs anti-ours "tiennent des positions", organisent des "barrages", pistent les gendarmes, parcourent les lieux de lâchers avec pétards, fusées et cloches pour effrayer les jeunes ourses relâchées.

D'autres abandonnent du miel mélangé à des débris de verre en guise de cadeau de bienvenue. Extrémisme violent et sanguinaire. Voilà le résultat de la politique et des discours "guerriers" de Jean Lassalle et d'Augustin Bonrepaux qui portent sur leurs épaules le commandement des troupes paramilitaires qui disent "sauvegarder le patrimoine pyrénéen" et vouloir présenter "un autre visage". Le visage de la haine et de l'anarchie paysanne ?

Détermination ministérielle

Nelly Olin ne compte pas se laisser déborder par ceux qui ont refusés tout dialogue avant de crier à "l'obscurentisme" et au "passage en force". Qui utilisent la force? Qui manipulent les médias et pleurent sur les dégâts causés par l'ours dans des troupeaux abandonnés?

Dans les Pyrénées françaises, trois nouveaux ours slovènes sont encore attendus pour renforcer une population de 14 à 18 individus. Faudra t-il forcer les barrages, parachuter des troupes, envoyer le Clémenceau pour appliquer le plan du gouvernement qui est passé de la réintroduction de 15 ours à 5 cinq ? Belle concession accordée aux éleveurs, alors que tous les spécialistes estiment que ce ne sera pas suffisant pour sauvegarder l'espèce.

Négociations et boycott

Qu'on cédé les éleveurs en contre partie ? Rien ! ils ont commis de nouveaux actes de violences et semblent au dessus des lois. Les télévisions regardent, font de l'audimat. A part les anti-ours notoires qui braillent comme des veaux, les hommes politiques se taisent. D'autres chats à fouetter.

Après le saccage d'Arbas, les maires et les habitants de Bagnères-de-Bigorre s'attendent au pire lors du prochain pic-nic "non violent". La violence est déjà annoncée et justifiée par des "refus du dialogue" et autres stigmatisations de la "colère" et des "injures" de la ministre après l'échec du lâcher d'Arbas et les pleurs des enfants, déjà meurtris de la manifestation violente dans leur village.

Boycott, menaces, violences, saccages, manipulations : le pastoralisme pyrénéen est une mafia et possède ses parains, bien au dessus des lois. Vu de l'extérieur, voilà qui ne donne pas envie de parcourir les sentiers de promenades ventés par les magazines éco-touristiques finançés par la région. La Slovénie, les Monts Cantabriques, les Tatras deviennent des destinations bien plus reposantes.

Les éleveurs pyrénéens sont-ils une exception française?

Il y a 3 000 ans, l'aire de l’ours brun couvrait l'ensemble du continent européen. Aujourd'hui, on le trouve surtout en Scandinavie (Finlande et Suède) et à l'Est (Roumanie, Bulgarie) et sur le territoire de l'ex-Yougoslavie. Ainsi, la Slovénie, qui abrite près de 800 ours, après une très bonne gestion de la population ursine accepte d'en céder depuis une quinzaine d'années aux pays qui le lui demandent.

L'Espagne, l'Italie et l'Autriche abritent en revanche, avec la France, les populations les plus menacées et les plus isolées d'Europe, selon un rapport du ministère français de l'Ecologie.

Un programme européen pour sauvegarder les ours

L'Europe est accetée par les bergers dès qu'elle paie, pas quand elle prend une décison de sauvegarde des espèces menacées ou de leur habitat (2000). Là, elle devient "manipulée par les lobbies écologistes et citadins", par les "fonctionnaires de Bruxelles ou d'ailleurs". Le grand complot contre les populations de montagnes chères au président Lassalle !

A partir de 1992, l'Union européenne a mis en place le programme "Life" invitant les Etats membres à prendre des mesures urgentes de conservation.

L'ours en Autriche

  • Dès 1989, l'Autriche décide de renforcer la présence de l'ours, pratiquement disparu jusqu'à l'arrivée, en 1972, d'un vagabond venu de Slovénie voisine.
  • Entre 1989 et 1993, trois ours issus de Slovénie et de Croatie sont relâchés dans le centre du pays, bientôt rejoints spontanément par quelques-uns de leurs congénères slovènes.
  • Aujourd'hui, 25 à 30 de leurs descendants parcourent les Alpes autrichiennes, selon le WWF-Autriche qui a instauré des "avocats des ours", des médiateurs chargés de résoudre les conflits avec la population. Y a-t-il des avocats en France pour plaider la cause d'un animal "inutile", "non rentable" présenté comme un tueur alors que les chasseurs font bien plus de victimes humaines en un an que l'ours en trois siècle !

L'ours en Italie

  • Dans les Alpes italiennes, la population du Trentin survivait à peine avec trois ours quand elle a reçu entre en 1999 et 2002 le renfort de dix ours slovènes.
  • En 2004, leur présence était estimée entre 15 et 17 ours et approuvée par 77% de la population locale.
  • L'Italie compte par ailleurs une soixantaine d'ours bruns marsicains - plus légers que ceux de Slovénie - dans le Parc national des Abruzzes, où leur présence est un argument touristique. "Qu'il s'agisse des Abruzzes ou du Trentin, la cohabitation avec l'ours se passe bien", assure Jean-Jacques Blanchon, directeur des programmes de la Fondation Nicolas Hulot, citant également le cas de l'Espagne.

L'ours en Espagne

  • Les efforts de protection et de promotion dans la cordillère cantabrique ont permis d'augmenter la population de plantigrades de 70% depuis 1990, pour atteindre 105 à 130 spécimens fin 2004.
  • Un "Plan de réimplantation" de l'ours a été adopté par chaque région concernée à partir de 1989, avec un "fort engagement local" et du ministère, selon la Fondation Oso Pardo.
  • La population des Pyrénées espagnoles reste, elle, beaucoup plus faible avec moins de 20 ours.

"Les exemples réussis en Espagne, en Italie ou en Slovénie prouvent que notre espèce est capable de cohabiter avec d'autres", estime Jean-Pierre Raffin, fondateur de la chaire d'Ecologie à l'université de Jussieu et protagoniste du programme de renforcement de l'ours en 1996-1997. "On a les moyens techniques, on sait faire. Mais en France, les bergers et les éleveurs, soumis à des contraintes réelles, refusent par principe les mesures d'accompagnement et de gardiennage", déplore-t-il.

Des ânes et des imbéciles

Ils se comportent comme des "ânes", comme des "imbéciles" a dit Nelly Olin, très en colère après l'intrusion de Philippe lacube crptté sur le lieu du lâcher d'Arbas. La France à le pastoralisme le plus con et le plus violent d'Europe qui fait tourner la presse autour de son petit doigt et se fout pas mal d'être hors la loi, puisque protégé par des petits barons locaux, élus braconniers ou chanteurs susceptibles aux méthodes douteuses.

Les Français, pourtant se sont très majoritairement prononçé en faveur de l'ours. Allez-vous vous réveiller et remettre cette bande d'extrémiste à leur juste place? Auprès de leurs troupeaux.

Agir pour l'ours

Dites votre manière de penser aux bergers, aux journalistes, aux hommes politiques. Choisissez vos gigots et vos fromages. Ayez un comportement responsable et actif. Ne laissez pas les éleveurs anti-ours ridicules vous manipuler. Soutenez les maires, adhérez aux associations, merde !

D'après LCI

Commentaires