Le loup est revenu en Isère en 1998. Depuis, il a colonisé tous les massifs montagneux du département : Belledonne, Grandes Rousses, Taillefer, Oisans, Trièves, Vercors, Chartreuse. Dans ces massifs, la présence du loup est qualifiée soit de permanente, soit de régulière, soit d’occasionnelle.
En 2005, l’Isère a eu également à connaître l’arrivée du loup en Valdaine, région de collines et de basses vallées, où le prédateur a prélevé 14 génisses. « Quoi de neuf » a donné le détail des opérations de Valdaine en décembre dernier.
Pour le DDAF, gestionnaire des dossiers et interlocuteur des éleveurs, des associations locales de protection de la nature, des élus et des administrations centrales, le réseau loup apporte beaucoup :
- une compétence : la technicité et compétence des agents et particuliers de divers horizons que constitue les correspondants, est assise par le regard scientifique que les responsables du réseau ont sur les faits qui leur sont soumis. Cette rigueur permet souvent de revenir à un discours rationnel et dépassionné. Il en est de même avec certains outils que ces responsables ont mis en place : modèles démographiques, analyses génétiques
- une continuité : comme le loup est maintenant bien installé dans nos massifs, il est très important d’avoir un suivi pérenne, permettant des comparaisons au fil des saisons et des années, grâce à des protocoles stables;
- une coordination : nombreuses sont les personnes et les structures qui « s’intéressent » au loup. En les organisant, le réseau évite les concurrences sur le terrain et les éventuelles surenchères;
- une transparence : les observations et les résultats sont publiés. C’est la base de la crédibilité du réseau. Est-ce que pour autant, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non, car tout est perfectible.
Trois aspects me semblent à prendre en compte :
- bien répartir la pression d’observation est sans doute primordiale, en donnant la priorité dans les secteurs en cours de colonisation. Dans ces secteurs, le besoin est fort, à la fois sur le plan technique et social.
- Maintenir la motivation des observateurs et s’assurer de la transmission des observations. Chaque observateur a bénéficié d’une formation. En retour, il se doit d’être sur le terrain, et d’être un correspondant actif, selon ses disponibilités évidemment.
- Enfin, mettre les données à disposition dans un délai aussi court que possible. Bien sûr, les données doivent être traitées, mises en forme, et la mise en ligne des résultats « en temps réel » n’est sans doute pas possible. Toutefois, les états des lieux ne doivent pas être trop décalés dans le temps pour être utiles aux débats.
Quelles que soient les évolutions à venir dans la gestion de l’espèce loup et dans la recherche d’un équilibre entre sa présence et la pratique du pastoralisme, il est certain que le réseau loup continuera à être sollicité. L’ONCFS a une grande expérience de la gestion de tels réseaux d’observateurs. Avec le réseau loup, il fait à nouveau la preuve de sa capacité à aider les décideurs face à des situations de conflits d’usage.
Yves TACHKER
DDAF de l’Isère