Arbas : Dix personnes ont comparus le 20 juillet devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens pour dégradations de biens publics et privés et violences aggravées après la manifestation des anti-ours le 1er avril dernier à Arbas (Haute-Garonne).
Arbas : L'ASPAP soutient ses casseurs
à Arbas, ils étaient 400, à Saint-Gaudens une cinquantaine de membres des associations opposantes à la réintroduction des ours se sont rassemblés devant la gendarmerie, dont quelques maires ceints de leur écharpe tricolore. Après le saccage d'Arbas, un imposant dispositif de sécurité était en place : policiers, gendarmes, escadron de gendarmerie mobile.
Les militants anti ours comptaient ainsi soutenir les dix participants à la manifestation d'Arbas qui sont convoqués pour s'expliquer sur les dégradations commises dans la localité commingeoise où doit être lâché le premier des cinq ours slovènes avant l'été. Ils ont été entendus dans le cadre de l'enquête diligentée par le procureur de la République, Dominique Alzeari. Les personnes entendues sont originaires essentiellement de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées.
Neuf hommes et une femme, parmi les manifestants les plus actifs, avaient été identifiés par les gendarmes lors de la manifestation hostile à la réintroduction de l'ours, qui s'était déroulée dans le village pyrénéen pro-ours d'Arbas le 1er avril 2006.
Les casseurs d'Arbas convoqués minimisent les faits
Gérard Pons, éleveur à Bepmale, vice-président de la chambre d'agriculture de l'Ariège est arrivé muni de sa convocation et minimisant les faits : « Les arguments de la plainte sont exagérés : participation à un attroupement armé, menaces de mort, dégradations volontaires, violences volontaires… »
Hélène Huez, éleveuse, prestataire de service, convoquée elle aussi, a lancé : « On est des militants. Nous ne sommes pas intimidés par une convocation devant la gendarmerie. La pression monte sur nous. On défend notre outil de travail. »
Arbas : une manifestation pacifique !
A Arbas, de nombreuses dégradations avaient eu lieu sur des bâtiments publics (mairie, statue d'un ours arrosée d'essence et brûlée...) et privés (habitations), et deux habitants avaient également été agressés. Après la manifestation, cinq plaintes ont été déposées, quatre par des particuliers, une par le maire, François Arcangeli, au nom de la commune. Les manifestants avaient bombardé la mairie de bouteilles remplies de sang d'agneau, incendié une sculpture emblématique d'Arbas, peinturluré les routes de slogans injurieux et jeté des pétards dans divers locaux et une bergerie.
Les enquêteurs devront établir si deux jeunes veaux ont bien été tués à la suite de ces jets de pétards dans l'étable où ils se trouvaient. Parmi les plaignants figure une personne qui affirme souffrir d'un déficit auditif important depuis le 1er avril, toujours à la suite de jets de pétards.
Convoqués mercredi à la gendarmerie de Saint-Gaudens, les dix suspects ont été entendus sur les faits avant de se voir signifier les poursuites judiciaires. Si certains seulement sont des éleveurs, tous résident en Ariège et sont membres de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), qui avait appelé à la manifestation.
Commence alors une longue attente qui va durer près de six heures. La tension à l'extérieur monte un peu quand maires et membres de l'ASPAPA réclament vouloir déposer devant les gendarmes. « À Arbas on était 400. Pourquoi en convoquer que 10 ? Dans ce mouvement, il n'y a pas de leader. » A 15 heures, sous les applaudissements les dix convoqués sortent. Gérard Pons parle « d'une journée éprouvante. Les auditions se sont très bien passées. » Hélène Huez précise : « On est convoqué le 20 juillet devant le tribunal correctionnel pour dégradations de biens publics dont il n'est résulté qu'un dommage léger et pour cinq d'entre nous pour violences volontaires sans interruption de temps de travail. »
Après Arbas, Bagnères-de-Bigorre ?
Les militants anti-ours, particulièrement remontés du fait du plan de réintroduction dans les prochaines semaines dans les Pyrénées de cinq nouveaux plantigrades capturés en Slovénie, ont prévu de nouvelles actions, début mai à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), commune qui s'est déclarée favorable à accueillir un lâcher d'ours.
Louis Dollo invite à une nouvelle "manifestation pacifique"
Sur Ossau.net, Louis Dollo, l' omiprésent posteur des forums pyrénéens et reponsable du site pyréniais annonce que les éleveurs et bergers s’organisent : « Alors que la capture des ours de prépare en Slovénie, qu’un référé suspension est déposé au Conseil d’Etat, les bergers et éleveurs des Hautes-Pyrénées préparent une manifestation à Bagnères de Bigorre pour le samedi 13 mai à partir de 10 h. Cette manifestation se veut pacifique et festive où chacun pourra venir en famille de toutes les Pyrénées que l’on soit du milieu agricole, sportif, touristique ou autre. Des précisions sur l’organisation devraient être fournies la semaine prochaine. Tout le monde est invité surtout Ossau.net ».
Tagnères-de-Bigorre
Un nouveau pic-nic sanglant en perspective ? Des éleveurs ont transformés les panneaux indicateurs de la ville. Bagnères-de-Bigorre est devenu «Tagnères-de-Bigorre». Inutile de dire que le 13 mai, la ville de Bagnères-de-Bigorre sera transformée en camp retranché. Les caméras seront là pour immortaliser le pacifisme habituel des militants, bergers et éleveurs de l'ASPAP. Louis Dollo en sera-t-il ?
Pour suivre le saccage d'Arbas
- Les photos de la manifestation anti ours Arbas 1er avril 2006
- l'ASPAP saccage Arbas
- Arbas porte plainte et demande la dissolution de l'ASPAP
- L'Union des Jeunes pour le Progrès soutient Arbas
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Sources : Le nouvel Observateur et La dépèche des Pyrénées