Certaine rumeurs sur les ours sont régulièrement avancées par le milieu pastoral pour comme le dit Stéphane Lessieux de l'ASPAP: "gagner la bataille de l'opinion". Alors, vrai ou faux ?
Les ours slovènes et pyrénéens sont différents ?
FAUX. L’ours slovène est fréquemment présenté par les éleveurs comme une espèce complètement différente de “l’espèce pyrénéenne” qui, elle, est décrite comme moins dangereuse, moins prédatrice et comme la seule adaptée aux Pyrénées et aux activités humaines. En fait, tous ces ours appartiennent à la même espèce et à la même sous-espèce (Ursus arctos)! Sur le plan de la distance génétique, il y a autant de différence entre eux qu’entre un homme slovène et un homme pyrénéen.
L’étude du comportement des ours issus de la réintroduction de 1996-1997 (d’origine slovène) montre qu’ils ont bien un comportement analogue aux ours pyrénéens.
L’ours cause des dégâts aux troupeaux domestiques ?
VRAI. Sur l’ensemble du massif, 300 bêtes en moyenne par an sont tuées de façon certaine ou probable par l’ours (dommages indemnisés). Ces chiffres doivent être mis en rapport avec les 10 000 à 20 000 têtes de bétail perdues chaque année pour diverses raisons. Pour autant, l’ours reste une réelle contrainte pour les éleveurs : l’élevage en plein air est vulnérable aux attaques, et ce d’autant plus que l’élevage sans gardiennage permanent s’est développé au cours des dernières années. L’ours n’est pas la seule cause de dégâts aux troupeaux mais sa présence est souvent vécue comme un risque additionnel préjudiciable.
En dehors du plan ours, des mesures de soutien du pastoralisme existent ?
VRAI. Avec 5 300 exploitations pastorales (157 000 bovins, 621 300 ovins, 14 000 caprins et 12 000 équins), le pastoralisme assure une fonction sociale et économique essentielle :
- en permettant de maintenir une activité et des emplois dans des régions difficiles
- Le pastoralisme occupe aussi un rôle écologique important. Les pratiques pastorales permettent en effet d’assurer l’entretien de paysages ouverts et d’écosystèmes biologiquement diversifiés.
Autant de raisons qui ont incité les pouvoirs publics à soutenir cette activité : 11 millions par an sont alloués au soutien et au développement de l’activité pastorale.
Il faut faire du bruit, pour éviter de rencontrer un ours ?
VRAI. Les ours sont par nature discrets, surtout vis-à-vis de l’homme. L’ours possède une bonne ouie, un très bon odorat et une vue moyenne. S’il entend un homme ou détecte son odeur, il cherchera à l’éviter. Pour l’aider à vous repérer, vous pouvez manifester votre présence en faisant un peu de bruit. Il ne faut pas chercher à s’approcher d’un ours, même à grande distance et il est recommandé de garder son chien à proximité, car il pourrait aller provoquer l’ours.
En cas de rencontre, aidez l’ours à vous identifier et éloignez-vous progressivement en vous écartant du trajet qu’il pourrait emprunter dans sa fuite. Ne courez pas. S’il se dresse sur ses pattes arrière, ce n’est pas un signe d’agressivité. Il est curieux, il cherche à reconnaître les odeurs et à mieux vous identifier.
Les accidents mortels dus à l’ours brun sont fréquents en Europe ?
FAUX. Et aucun cas documenté depuis la deuxième moitié du XIXe siècle n’a été recensé dans le massif pyrénéen, alors que la population d’ours estimée s’élevait à 150 individus. Cependant l’ours reste un animal sauvage, il peut être dangereux s’il est surpris ou se sent menacé. Il faut donc adopter le comportement adéquat en cas de rencontre. (Lire aussi : La peur de rencontrer un ours dans les Pyrénées).
Source : Empreinte Ours n°1 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées