Arrens-Marsous: des élus responsables

Les opposants au renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées n’arrêtent pas leurs pressions sur les hommes politiques locaux. Après Claude Téron, le maire de Goulier qui fait de la résistance, c’est Marcel Fabre, maire d’Arrens-Marsous (au pied du col du Soulor) à qui des éleveurs reprochent ses positions pas assez défavorables à la cohabitation. La mauvaise foi continue.

Certains éleveurs d'Arrens-Marsous reprochent à la commune «de jouer le jeu» du suivi de l'ours avec l'État. C'est la chasse aux cohabitationnistes! En juillet, 17 cadavres de brebis ont été jugées comme faisant partie des dégâts causés par l’ours, sur le secteur de Poueylaün, au-dessus d'Arrens-Marsous. Il ne s’agirait probablement pas d’un ours issu du renforcement de 2006.

Une collaboration plutôt exemplaire entre les services de l'État et les élus de la commune s'est alors engagée pour tenter de protéger les troupeaux. Dès les premières attaques, début juillet, sur le secteur de Poueylaün, l'État, à la demande de la commune, a dépêché un berger itinérant de l’équipe de suivi de l’ours pour 3 nuits.

Suite à une première prédation de nuit, 270 brebis ont été déplacées sur un autre secteur en attendant une solution. Une quinzaine de jours plus tard, la commune mandatée par l'État, moyennant financement, a placé un autre berger. Une attaque de l’ours sans prédation a conduit la commune et l'État à déplacer de nouveau le troupeau dans un secteur, surveillé par un nouveau berger jusqu'au 14 septembre. Inqualifiable pour les éleveurs optus.

Nous agissons en élus responsables

Les élus d'Arrens-Marsous souhaitent clarifier leur position : «Les agriculteurs nous accusent de cautionner l'État. Mais il y a un temps pour chaque chose. Un temps durant lequel nous avons délibéré contre la réintroduction de l'ours et participé aux diverses manifestations qui ont rassemblé les opposants. Mais dès les premières attaques de l'ours, il nous a semblé que notre premier devoir était d'agir en élus responsables et de préserver la sécurité des troupeaux des éleveurs qui s'acquittent des baccades (location des terrains de montagne) à la commune», soulignent Jean-Pierre Cazaux, président de la commission agricole municipale ; le maire Marcel Fabre et son premier adjoint, Gérard Moliner.

«En prenant nos responsabilités, nous voulons que l'État prenne les siennes aussi. Il ne s'agit pas de se positionner pour ou contre l'ours. Nous voulons simplement que l'État prenne un maximum de mesures pour éviter les effets néfastes de la présence de l'ours sur les usagers de la montagne», conclut Viviane Artigala, maire adjointe.

Il ne fait pas bon avoir du bon sens dans certains coins de montagne. Heureusement qu'il reste des élus responsables qui gèrent les affaires communales en bon père de famille.

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