Hollande, l’autre pays des ours

Claude Téron, maire de Goulier fait de la résistance

Claude Téron, le maire socialiste de Goulier, avait reçu des lettres de menaces en mai 2006 après avoir défendu que le renforcement de la population d’ours était logique dans le cadre de la biodiversité.

Voilà qui n’étonnera personne. Les menaces de la part des opposants au renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées sont légions: hommes politiques, bergers trop favorables à la cohabitation, naturalistes, écologistes, participants aux forums de discussion sur Internet, tous ceux qui prennent une position de respect vis-à-vis du plantigrade sont pris à partie ou menacés.

[Ma boite e-mail regorge d’injures, de menaces de procès, de mort, je suis un nazi, un SS. Je laisse pisser le mouton, mais je surveille le bouchon et je conserve...]

François Hollande, le premier secrétaire fédéral du parti socialiste a écrit à Claude Téron. La position de François Hollande est simple: «défense sans réserve de la biodiversité» et «nécessité devenue urgence en ce qui concerne les ours depuis la disparition de Cannelle». Les socialistes ariègeois vont encore crier au complot, à la domination méprisante de Paris sur leur montagne. Augustin Bonrepaux doit en manger son béret.

Comme François Hollande, Claude Téron raconte : «Je suis socialiste de cœur, même si je ne fais pas état de mon appartenance au moment des élections. C'est pour cela qu'après ce qui m'est arrivé, j'ai écrit à François Hollande pour lui faire part de mon désarroi».

L'intrépide maire de Goulier poursuit: «J’ai exprimé oralement que j’étais favorable à la biodiversité et à la réintroduction de l'ours. Je me suis mis en porte-à-faux avec les élus ariégeois en se rendant à une convocation du préfet "contre l'avis d’Augustin Bonrepaux, président socialiste du conseil général" et j’ai reçu voici quelques mois des menaces de mort.» Les réactions socialistes locales ont été violentes. Pourquoi tant de haine ? 

François Hollande est favorable à la sauvegarde des ours

Le 29 août, François Hollande répond à Claude Téron : «La position du parti socialiste est claire. La France se doit de respecter ses engagements internationaux (convention de Berne et Directive habitats) quant à la préservation de la biodiversité que nous défendons sans réserve. Cette nécessité est devenue urgente en ce qui concerne les ours depuis la disparition de Cannelle […] Nous avons par ailleurs dénoncé l'attitude des anti-ours à Arbas».

Claude Téron réconforté témoigne : «S'il y en a bien un ici qui est dans la ligne du PS telle que définie par François Hollande, c'est bien moi». Il est délégué de son canton au projet de futur parc régional d'Ariège-Pyrénées et se bat pour que la protection de la nature figure dans la charte de celui-ci. Claude Téron avait réintroduit 18 marmottes avec l'ONF dans le secteur de Goulier il y a quelques années. «J’entend défendre le patrimoine naturel dans toute sa diversité.»  Et l'ours en fait partie. La politique scandaleuse du Tintin ariègeois, géniteur de l’ASPAP ne fait heureusement pas l’unanimité. Il existe encore des fous qui osent lui résister. Goulier serait-il un petit camp gaulois encerclé par des montagnards en chemise noire ?

L’alternative Philippe de Villiers pour les ursophobes

Tous les petits politiciens montagnards socialistes en désaccord avec la ligne de François Hollande et en mal de descente de lit en peau d’ours peuvent, s’ils le désirent, retourner leurs vestes en mouton retourné. Il y a une alternative...

En effet Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France (MPF) a présenté ses 100 mesures pour «remettre la France en ordre» et se débarrasser des parasites. Il veut mettre l'accent sur la France rurale. «Je veux évoquer la grande déchirure de notre territoire, avec d'un côté, une France congestionnée, celle de la surconcentration urbaine, et de l'autre, une France délaissée, abandonnée», a-t-il expliqué vendredi dans Le Parisien. «Il faut réintroduire les instituteurs catalans ou des postiers savoyards plutôt que des ours slovènes ou des loups de Sibérie», a ajouté Philippe de Villiers, lui aussi président de conseil général, mais en Vendée. La ruralité profonde de De Villiers est bien semblable à celle d'un Jean Lassalle ou d'un Augustin Bonrepaux. La vendée serait-elle une terre de montagnes?

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