Vautour fauve : un vol longue distance

Jean-Pierre Choisy est un des grands spécialistes des vautours. Il travaille au Parc National du Vercors à Chamaloc, petit village au pied d'une des belles falaises à vautours au col du Rousset, plateau du Vercors. Il nous signale ce qui pourrait bien être un record de déplacement en longitude pour un vautour fauve (Gyps fulvus).

3000 à 3500 km : un déplacement record pour un vautour

Nezaboravak est un fautour fauve né dans l’île de Cres (Croatie). Il a été identifié dans le sud de la France.

Récemment, Goran Susic, responsable du suivi à Cres, a découvert sur Internet qu’il avait été auparavant observé, photographié, capturé, relâché en Israël. Bagué, un vautour est identifiable, il suffit de lire la bague, soit de près, soit à la jumelle. Quelques jalons connus des déplacement de ce vautour fauve :

  • Croatie (île de Cres) : le 9 mai 2004 bagué au nid,vu au nid ; observé sur charnier jusqu’au 9 juillet 2004  ;
  • Israêl le 1 mai 2005 : capturé et mesuré dans le Parc National de Gamla. Raison de la capture et durée du séjour encore inconnu.
  • Diois (Préalpes françaises) commune de Chamaloc : entré dans une des volières à vautour au site haut  le 12 ou le 13 août 2005. Il pesait 7,2 kg seulement. Relâché le 27 du même mois ;
  • Hauts-Plateaux du Vercors (Préalpes françaises, Dauphiné) commune de Chichilianne) : le 5 sept. 05 entre 14h230 et 15h30 ;
  • Diois, commune de Chamaloc : même jour à 19h25, reposoir en falaise au site haut (adret du col du Rousset) :
  • Gorges du Verdon (Préalpes françaises, Provence) commune de Rougon au charnier : 23 et 26 sept., 7 et 12 oct. 2005 ;
  • Gorges des Causses (sud du Massif Central ) commune de Cassagne : le 7 novembre 2005 au charnier ;
  • Diois (Préalpes françaises) commune de Chamaloc, au charnier du site bas (ferme de Baise) : 27 mars, 12 mai et 6 juin 2006

Il ne manque qu'une observation dans les Baronnies ! Ou bien défaut de transmission?

L’an passé un autre individu de Cres a été identifié en Crimée, à environ 1500 km et un oiseau des gorges des Causses a fait un assez rapide aller-retour à 1800 km, à  Dadia, dans l’est de la Grèce.
Cette fois, d’Israël aux des gorges des Causses, ce sont plus de 3000 km en ligne directe et au moins 3500 km s’il est passé au-dessus des terres !

Il ne faut donc pas s’étonner qu’un récent travail ait montré  que les différence génétiques entre populations de l’Espagne à Israël n’étaient pas significatives et la diversité au sein de chacune d’elles (même réintroduites) était élevée. Peut-être une des sources du dynamisme de l’espèce chaque fois qu’on ne la tue ni ne l’affame ?

Jean-Pierre Choisy participe à un réseau d'observateurs qui communiquent entre-eux aussi souvent que possible via des lettres d'information et Internet. ce réseau est en pleine construction.

Commentaires