L’ours Bruno abattu en Bavière
Un ours brun, âgé de 2 ans et demi, né dans le Trentin italien, est abattu à la fin du mois de juin 2006 sur décision des autorités allemandes. Cet ours présentait un comportement particulièrement familier. Sa capture a été tentée en vain pendant une durée de 15 jours avant que soit prise la décision de l’abattre. Cet animal était le premier ours brun signalé en Allemagne depuis le début du XIXe siècle.
Michel Perret, ministère de l’écologie et du développement durable
Communication sur l’ours en Principauté d’Andorre
Depuis le mois de juillet, le Département du Patrimoine Naturel du Gouvernement d’Andorre a mis en place différents projets de communication autour de l’ours brun : édition d’une plaquette grand public, formation envers les guides de montagne et la presse, conférences. De nombreuses interventions dans les écoles ont débuté cet automne. L’édition d’un petit livre et d’une exposition itinérante est en projet.
Josep Naudí, Département du patrimoine naturel – Gouvernement d’Andorre
Manifestations
Le 20 juillet 2006, 500 personnes se sont rendues devant le tribunal de Saint-Gaudens (31) pour soutenir les 10 militants de l’ASPAP qui comparaissaient pour dégradations et violences commises lors d’une manifestation à Arbas le 1er avril. Le 29 juillet 2006, 30 éleveurs munis de sifflets, de cornes et de pétards, ont organisé une battue dans la vallée de l’Ouzoum, entre Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées pour refouler Franska vers Bagnères-de-Bigorre (65). Le 5 septembre 2006, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de l’Ariège à Foix pour dénoncer notamment la mort de 8 veaux à Aston (09), qu’ils imputaient à la présence de l’ours et qui s’est par la suite révélée être due à une maladie.
Le 15 septembre 2006, entre 60 et 80 agriculteurs de montagne ont manifesté devant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à Pau pour exprimer leur exaspération après les attaques commises par Franska cet été sur leurs troupeaux. Le 11 novembre 2006, près d’une centaine de chasseurs et éleveurs ont manifesté contre le relâcher de Sarousse à Marignac (31).
Lâcher de Sarousse
Le lâcher de Sarousse à Arbas (31) dans la nuit du 21 au 22 août 2006 constitue le cinquième et dernier lâcher prévu dans le plan de restauration. Cette femelle est équipée d’un émetteur VHF intra-abdominal et d’un collier GPS/GSM. Le 11 septembre, elle se débarrasse de son collier. Aucune localisation de l’animal n’est possible entre le 19 septembre et le 6 octobre, où elle est retrouvée dans le piémont ariégeois.
Dans le contexte des grands déplacements exploratoires qui suivent les opérations de lâchers, la perte du collier ne permet pas un suivi optimal. Sarousse fait donc l’objet d’une capture pour rééquipement, le 6 novembre. L’opération est mise à profit pour la relâcher sur la commune de Marignac (31), au milieu du noyau central de population ursine. Le maintien de Sarousse, dans un secteur de piémont non fréquenté par les ours habituellement, ne lui aurait pas garanti pas la possibilité d’entrer en contact avec des mâles de la population pyrénéenne. Cette situation géographique aurait ainsi pu nuire à sa reproduction, ce qui n’aurait pas permis de contribuer à améliorer la viabilité de la population ursine des Pyrénées.
La concertation continue…
Le 23 août 2006, l’ensemble des maires et représentants agricoles du secteur de Saint Pé de Bigorre ont été réunis à la sous-Préfecture d’Argelès-Gazost (65) au sujet de la présence de l’ourse Franska. Le préfet des Hautes-Pyrénées a rencontré les chasseurs du secteur de Saint Pé de Bigorre le 12 septembre 2006, et les élus et éleveurs du secteur de Saint Pé de Bigorre et d’Arrens Marsous le 14 septembre. Le sous-préfet de Saint-Gaudens (31) a rencontré le 16 novembre une délégation de chasseurs et éleveurs du secteur de Marignac.
Les premières commissions d’indemnisations des dommages d’ours concernant la saison 2006 se sont tenues le 29 août pour les Hautes-Pyrénées; les 26 septembre et 8 décembre pour la Haute-Garonne ; les 17 octobre et 20 novembre pour le parc national des Pyrénées; le 5 décembre pour l’Ariège; le 19 décembre pour les Pyrénées-Atlantiques.
Demande de retrait de l’ours Franska sur le secteur de Saint Pé de Bigorre
Du fait des dommages causés aux troupeaux par l’ourse Franska, et malgré les différentes réunions de concertation menées pour trouver des solutions quant à la protection des troupeaux, l’ensemble des maires et représentants agricoles du secteur de Saint Pé de Bigorre (65) ont été réunis à la sous-Préfecture d’Argelès-Gazost pour un débat sur la situation le 23 août 2006. Ils ont demandé que l’ourse Franska soit retirée du massif.
Par lettre du 30 octobre 2006, la ministre de l’écologie et du développement durable a informé le préfet des Hautes-Pyrénées que le comportement de l’ourse Franska ne justifiait pas son retrait.
L’ourse Palouma retrouvée morte
L’ourse Palouma, la première femelle des cinq ours lâchés dans les Pyrénées cette année, est retrouvée morte le 25 août 2006, au pied d’une barre rocheuse près de Loudenvielle (65). Les résultats de l’examen scientifique de la dépouille, les analyses toxicologiques et les constatations faites sur les lieux de la découverte permettent de considérer que la mort, survenue le 23 ou le 24 août 2006, est accidentelle et due à une chute verticale de l’animal.
Condamnation des violences à Arbas
Le 7 septembre 2006, le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens condamne dix militants de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège Pyrénées (ASPAP) à des peines de 1 à 4 mois de prison avec sursis, pour dégradation et destruction de biens publics et privés, et violence sur personne lors d’une manifestation contre le renforcement de la population d’ours des Pyrénées à Arbas (31) le 1er avril.
L’ours n’est pas responsable de la mort des 8 veaux à Aston
Les analyses vétérinaires rendues le 13 septembre 2006 concluent que les 8 veaux, découverts morts fin août – début septembre sur l’estive d’Aston (09), étaient atteints d’une maladie de type charbon symptomatique. Ces analyses confirment l’absence de responsabilité de l’ours, déjà mentionnée dans les constats de dommages effectués les 1, 2 et 3 septembre par les agents de
l’Équipe technique ours.
Rencontre des ministres de l’environnement français et slovène
Le 25 octobre 2006, Nelly Olin, ministre de l’écologie et du développement durable, a rencontré son homologue slovène, Janez Podobnik. Elle a informé son collègue de l’état d’avancement du programme de restauration de la population d’ours des Pyrénées. L’entretien a confirmé l’excellente qualité de la collaboration des deux pays sur le dossier de l’ours et son suivi.
Congrès de l’ANEM
Au cours de 22e congrès de l’Association nationale des élus de la montagne, qui s’est tenu les 26 et 27 octobre 2006 à Ax-les-Thermes (09), en réponse à la question de la responsabilité des maires dans le cas d’un accident lié à l’ours, Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales, déclare que les élus locaux seront exonérés de toute responsabilité vis-à-vis des ours. Il propose qu’une circulaire signée par les ministères de l’intérieur, de l’écologie et de l’agriculture règle cette question.
Pour sa part, Dominique Bussereau, ministre de l’agriculture et de la pêche, souligne que le soutien à l’agriculture de montagne est poursuivi et renouvelé. Il affirme un engagement fort des pouvoirs publics en faveur du pastoralisme, notamment pour le massif des Pyrénées avec des mesures spécifiques financées à hauteur de 46 millions d’euros pour la période 2007-2013, la part du ministère de l’agriculture s’élevant à 10 millions d’euros.
La requête de l'IPHB (syndicat mixte du haut Béarn) rejetée
La ministre de l’écologie et du développement durable adresse à l’institution patrimoniale du Haut Béarn un courrier le 31 juillet 2006 pour lui spécifier
qu’elle n’entend pas renouveler en 2007 les crédits alloués par son ministère à cet organisme.
Le syndicat mixte de l’institution patrimoniale du Haut Béarn présente une requête au tribunal administratif de Pau pour demander que l’exécution de cette décision soit suspendue. Le juge des référés du tribunal administratif de Pau rejette cette requête le 31 octobre 2006.
Amendement ours à la loi de finances rejeté
La proposition formulée par M. Augustin Bonrepaux, député de l’Ariège, de suppression d’1 million d’euros sur le budget du programme ours a été
rejetée par le parlement dans le cadre du vote de la loi de finances 2007. En conséquence, le budget consacré au programme ours en 2007 sera de
1,9 million d’euros.
Le bilan des dommages d’ours
Le bilan des dommages d’ours 2006 sur le versant français des Pyrénées se situe à un niveau compris entre ceux observés en 2000 et 2001, alors
que la population ursine était estimée à 10-12 ours sur le massif.
Rapport d’information sur le coût du programme ours
Un rapport d’information sur le coût de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées a été déposé par la commission des finances, de l’économie générale et du plan à l’Assemblée Nationale le 13 décembre 2006. Il est présenté par M. Augustin Bonrepaux, député de l’Ariège.
Les mesures d’accompagnement pastorales
L’augmentation en 2006 du soutien au gardiennage permanent est notamment liée à une forte demande dans les Hautes-Pyrénées (+ 46 %) et l’éligibilité du Béarn (64) à cette mesure cette année. Le nombre de chiens de protection a également augmenté. Des expériences concluantes de grands parcs pour le regroupement nocturne du troupeau ont été mises en place en Hautes-Pyrénées.
Sauf autres mentions, les brèves ont été rédigées par Dominique Gentier et Évelyne Sanchis, direction régionale Midi-Pyrénées
Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées