Attaques de loups : le loup est-il dangereux pour l'homme ?

Quand le loup attaque t-il l'homme ?

Voici un document qui recense les attaques de loups sur l’homme. La peur du loup est-elle fondée ? Oui le loup attaque parfois l'homme, mais c'est plutôt rare. Quatre cas de figure sont observés : les loups enragés, les attaques défensives, les comportements de prédation et les comportements d'accoutumance.

L’objectif de ce rapport était de compiler et d’examiner les données concernant les attaques de loup sur l’homme au cours des derniers siècles. Cette revue ne se veut pas exhaustive mais les sources utilisées ont été très larges. Celles-ci ont été principalement de deux ordres : d’une part les revues littéraires (scientifiques, médicales, historiques…) qui recensaient des cas bien documentés, d’autre part les apports de personnes ressources (biologistes travaillant sur les canidés dans l’hémisphère nord). Les données issues de la seule tradition orale ont été écartées car considérées comme trop peu fiable.

L’examen des données montre l’existence réelle d’attaques sur l’homme. Quatre cas de figure sont observés :

les loups enragés (contaminés par le virus de la rage)

attaques de loups dangereux pour l'homme C’est de loin le cas le plus fréquent. Le loup n’est pas un réservoir de la maladie (i.e le loup n’est pas une espèce au sein de laquelle le virus de la rage peut se maintenir et ainsi contribuer à la pérénité d’une épidémie ; en Europe de l’ouest le vecteur sauvage principal de la rage est le renard, ndlr). Cependant, un loup enragé peut développer un forme dite « furieuse » qui, associée à ses capacités physiques (force, vitesse de déplacement), le rend particulièrement dangereux.

Les cas d’attaques de loup enragé sont en nette diminution en Europe de l’ouest et en Amérique du Nord suite à la régression importante (voire l’éradication) de la rage. Ils persistent encore en Asie et dans une moindre mesure en Europe de l’est. Les cas mortels sont cependant en diminution depuis la mise au point des traitements anti-rabiques à la fin du 19ième siècle. Les auteurs rappellent de plus que la principale source de contamination de l’homme reste le chien.

Les attaques défensives

Elles sont peu fréquentes et aucun cas mortel n’a été recensé. Elles concernent essentiellement des bergers qui ont voulu défendre leurs troupeaux avec des moyens rudimentaires (bâton, pierre…). La littérature regorge a contrario de cas où des loups ont été capturés, voir déterrés de la tanière, sans avoir attaqué le piégeur.

Les comportements de prédation

Ces attaques sont rares. De plus, de nombreux cas concernent des données historiques qui peuvent être soumise à controverse (exemple : cas du Gévaudan en France). Le loup ne considère en effet pas l’homme comme une proie potentielle sauf dans des cas exceptionnels où les conditions écologiques sont radicalement modifiées (en particulier absence de proies sauvages, utilisation importante des proies domestiques, enfants laissés seul pour la garde des troupeaux).

Dans ces conditions, certains individus peuvent développer un comportement d’attaque essentiellement orienté sur des cibles faciles (enfants). Ces situations étaient rencontrées en Europe avant le 20ème siècle, elles se rencontrent toujours en Asie (en particulier en Inde où des cas sont toujours rapportés).

En Europe de l’ouest seuls 3 épisodes d’attaques ont été rapportés au cours du 20ième siècle (1959, 1974 et 1975). Ils sont tous survenus en Espagne dans la région de la Gallice, région agricole où les loups se nourrissent essentiellement sur les proies domestiques et les décharges. En tout, huit personnes (dont sept enfants) ont été attaqués, quatre enfants sont morts.

Les comportements d’accoutumance

Ces attaques sont rares. Elles ont souvent lieu dans des zones protégées où certains individus peuvent perdre la peur de l’homme. Des cas récents (années 1990) ont en particulier été rapportés dans des parcs nord-américains. Aucun cas mortel n’a été recensé.

Le loup moins dangereux que le tigre, le dingo, le grizzli ou le cougar

En définitive, des attaques sur l’homme existent mais leur fréquence est faible et de plus essentiellement liée à une contamination rabique. Si l’on compare la fréquence des attaques de loup sur l’homme, avec celles engendrées par d’autres carnivores (dingo, grizzli, tigre, couguar…), le loup apparaît comme une des espèces les moins dangereuses au regard d’une part de ses capacités physiques et d’autre part de l’évolution de son aire de répartition et de ses effectifs. Ainsi, au cours des 50 dernières années, 9 morts ont été recensés en Europe (dont 5, à l’est, liés à des loups enragés) pour une population lupine estimée entre 10000 et 20000 individus; 8 morts recensés en Russie (4 liés à la rage) pour 40000 loups ; zéro mort en Amérique du nord pour une population de 60000 loups.

Recommandations

Les auteurs terminent leur rapport sur des recommandations pour diminuer les cas d'hommes attaqués par des loups.

  1. Continuer et/ou améliorer les programmes de lutte contre la rage,
  2. Maintenir des réservoirs de proies sauvages, en particulier par une limitation des prélèvements de proies sauvages par les chasseurs,
  3. Restreindre l’accessibilité aux troupeaux domestiques en utilisant des combinaisons de plusieurs mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, gardiennage, regroupement nocturne, taille limitée des troupeaux)
  4. Maintenir le comportement craintif des loups, en éliminant tout individu qui deviendrait «familier» et en utilisant des méthodes d'intimidation.

Sources : "The fear of wolves : a review of wolf attacks on humans"
NINA : Norsk Institutt for naturforskning 2002
Télécharger " La peur du loup : un recensement des attaques de loups sur l'homme.
Ouvrage collectif, 67 pages, PDF, 2.592 ko

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