Interview de Jean-Claude Teulière, retraité par Claude Faber, journaliste
Ce jour-là, pour Jean-Claude Teulière, la pêche ne fut pas géniale. Mais le pêcheur s’est vite consolé en assistant à un spectacle insolite et inattendu. En juillet 2005, devant lui, des chiens patou ont repoussé un ours. Une scène qu’il ne se lasse pas de raconter.
Où vous trouviez-vous exactement ?
Aux étangs de Laffies, à environ 2400 m d’altitude. L’endroit est peu fréquenté. Il faut dire qu’il faut marcher un long moment pour y accéder. Je suis parti de mon village, Capoulet-Junac (09) vers les 3 heures du matin. Au petit jour, je me suis installé à quelques centaines de mètres d’un troupeau gardé par trois chiens patou. Et sur le coup de 9 heures, les chiens se sont mis à aboyer très fort.
Saviez-vous pourquoi ?
Pas du tout. Et il a fallu un long moment pour que j’aperçoive soudain l’ours. Il marchait lentement vers le troupeau qui restait calme.
Et là, qu’ont fait les chiens ?
Les chiens patous se sont organisés de façon incroyable. Deux chiens tenaient l’ours à distance tandis que le troisième chen restait avec le troupeau. les patous faisaient barrage. L’ours a tenté de charger un chien mais celui-ci ne s’est pas démonté. Il a fait reculer l’ours qui n’en menait pas large. Il a fini par faire demi-tour.
Les patous se sont-ils calmés ?
Non. Ils ont aboyé encore pendant au moins une heure. Comme s’ils voulaient s’assurer que l’ours ne reviendrait pas. J’ai même vu l’un des patous suivre les traces de l’ours tandis qu’un autre était monté sur un rocher pour surveiller les alentours.
Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées