Pierre-Yves Quenette - Pour l’ours (Ursus arctos), il vaut mieux parler de sommeil hivernal que d’hibernation. Contrairement à la marmotte ou au loir, l’ours peut montrer des signes d’activité pendant l’hiver. Cette période de léthargie, qu’il passe le plus souvent au fond de sa tanière, s’accompagne d’une série de modifications physiologiques : baisse de la température corporelle, diminution du rythme cardiaque, arrêt de la prise alimentaire. L’animal n’urine plus, il réduit ainsi la perte d’eau et l’urée est recyclée par un mécanisme complexe. Certains individus peuvent se montrer actifs tout l’hiver. Pendant cette période, l’animal puisse sur les graisses accumulées durant l’automne. Une femelle, qui allaite pendant l’hiver, peut perdre jusqu’à 30 % de son poids.
La période d’entrée en tanière s’échelonne entre la mi-novembre et la fin décembre. La sortie varie en fonction du statut de l’animal : un mâle peut sortir dès le début du mois de mars, alors qu’une femelle accompagnée d’oursons nés pendant l’hiver ne quittera pas la tanière avant la mi-avril. Le plus souvent située au fond d’une cavité rocheuse, la tanière peut aussi être creusée dans la terre, sous une roche ou une souche d’arbre.
Pierre-Yves Quenette,
Équipe technique ours – Office national de la chasse et de la faune sauvage
Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées