Comité des habitants pour la vie en vallée d'Aspe

Vallée d'Aspe : Le tunnel du Somport et les poids lourds, les habitants veulent maîtriser leur avenir.

La prévention routière a comme stratégie de mettre au bord des routes des silhouettes noires pour symboliser, matérialiser la douleur extrême entraînée par la violence  routière.

Nous avons fait ce mausolée et nous y affichons des silhouettes de camions pour matérialiser le nombre d‘accidents impliquant uniquement des poids lourds.

Pour le moment, nous avons eu la chance de ne pas nous poser le problème de mettre ou non une silhouette humaine. Bien sûr que nous souhaitons que cela continue. Mais nous savons et tout le monde le sait, que cela ne va pas durer. Les chiffres, les statistiques sont là. Et nous avons tous appris par empirisme que lorsqu’on fait du vélo, un jour ou l’autre, on finit par tomber. Et en vallée d’Aspe, on nous rajoute toujours plus de camions, qui sont de plus en plus gros, demandent à grandir encore, vont de plus en plus vite.

L’aménagement de la route ne va faire qu’aggraver la situation. Nous le vivons tous ici. Au fur et à mesure des aménagements, nous mettons plus de temps pour nous déplacer. Nous sommes de plus en plus en danger. La plupart des derniers accidents de poids lourds ont eu lieu là où la route est aménagée. Grande découverte, plus on va vite, plus c’est dangereux !

Pour l’instant, lorsqu’ils quittent la route, les poids lourds ont la bonne idée de le faire là où personne n’est présent à ce moment là. Mais attention, ils s’attaquent maintenant aux maisons.

Entre le village et le collège de Bedous, il n’y a  même pas un trottoir

Est-ce qu’un préfet accepterait d’aller à pied à son travail dans ces conditions là ? Et un conseiller général ? Tous prônent les comportements citoyens, le covoiturage. Mais comment aller à pied au collège de Bedous sans se mettre en danger vital ? Et tout ça pour transporter quoi ?

Alors, pour mettre un éclairage la dessus, nous allons organiser le concours du transport le plus absurde. Le dernier accident va être dur à détrôner. Il s ‘agit de farine de maïs arrivant d’Espagne. Le camion croisait un autre camion qui lui, dans l’autre sens, transportait du maïs encore. En grain, celui-là. Nous avons eu aussi un camion portugais arrivant vide de Lisbonne, pour venir en France charger des yaourts  afin de les livrer en Italie.

Nous entendons parler du réchauffement climatique. Nous faisons comme s’il ne s’il ne s‘agissait que de la banquise qui fond, là-bas, loin. Nous oublions les glaciers pyrénéens.

Nous entendons parler des délocalisations d’entreprises, là-bas loin, dans les cités industrialisées. Mais, les camions, que transportent-ils ? La Papeterie des gaves, à Orthez, a été rachetée par une usine située où ? A Saragosse.

Tout le monde sait que le transport routier pollue largement plus que les autres techniques, qu’en montagne les camions consomment de 3 à 5 fois plus qu’en plaine, que les gaz d’échappement stagnent ici dans les fonds de vallée. Des études le prouvent..

Nous entendons des élus dire qu’il faut changer les choses. En attendant, ils aménagent les routes. Ils ont des paroles vertes, et des actions noires, comme nos silhouettes. C’est nous qui les installons, c’est eux qui les fabriquent.

Nous avons décidé d’avoir raison

C’est pour cela que nous disons que développer les transports routiers est une absurdité. Ca tue sur les routes, ça tue socialement en favorisant les délocalisations, çà tue en polluant. Vous voulez des chiffres, nous les avons.

Les grandes entreprises de transport routier sont elles-mêmes délocalisées.

Pourquoi ? Pour salarier des exploités dans les endroits les plus avantageux  fiscalement. C’est légal. Ca s’appelle le cabotage.  On a le droit de ne faire que passer, sur le territoire français, avec des travailleurs qui répondent à d’autres lois sociales. On ne perd plus de points sur le permis. Pas de taxe professionnelle ici.

Avec l’ autonomie accrue des poids lourds, on fait le plein là où c’ est le moins cher. On peut rouler sans s’arrêter. Dans les bandes de séparation au milieu des autoroutes, regardez. Vous verrez des bouteilles à moitié pleines, remplies de thé ? Non. D’urine. Les forçats de la route n’ont plus le temps de pisser.

Le développement de la vallée d’Aspe ?

2 écoles fermées, 1 gendarmerie. Les postes, on ne sait pas, on n’a pas le temps de suivre.
Notre mausolée, il était fait pour rappeler ça. Pour compter les accidents et pour montrer que tout le monde n’est pas dupe. Nous disons qu’il faut trouver un autre mode de fonctionnement. Qu’il faut arrêter de transporter des marchandises dans tous les sens sans autre objectif que le profit de seulement ceux qui savent faire marcher la pompe à fric. Mais voilà.

Mausolee_vallee_aspe Des gens aussi clairvoyants et courageux que des taupes emasculées sont venus la nuit le détruire.
Ils ont décidé d’avoir tort. Ils n’ empêcheront pas les idées de vivre. Ils n’ empêcheront  pas hélas non plus les accidents prévisibles et inévitables. Nous avons porté plainte. La destruction nous redonne la parole dans la presse. Et croyez bien que nous ne sommes pas mort. Une nouvelle érection suivra !

Pour le Comité des habitants pour la vie en vallée d’Aspe
Jean-Rémy Treyture
64 490 Bedous
05 59 34 78 25 - 06 76 49 34 86

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