Préserver un milieu et une espèce fragiles comme les nardaies et le Lézard des Pyrénées implique une gestion raisonnée de l’activité pastorale : ni trop de troupeaux, ni pas assez…
Les travaux d’inventaires menés par le parc national ont permis de localiser 20 types de milieux naturels d’intérêt européen sur le site d’ « Ossoue-Aspé-Cestrède ». Ce sont les pelouses et les milieux rocheux qui sont les plus abondants. Parmi ces milieux, un type de pelouse, les nardaies, est jugé particulièrement sensible et important par l’Europe. Il s’agit d’un habitat dit «prioritaire». 25 espèces d’intérêt communautaire ont également été identifiées (dont 16 espèces de chauve souris !). Le lézard des Pyrénées est l’une de ces 25 espèces : sa survie dépend du maintien des éboulis et des pelouses associées aux milieux rocheux d’altitude.
Les nardaies : un habitat naturel prioritaire dépendant du pastoralisme
C’est parce qu’elles sont très riches en espèces végétales que les nardaies, ces pelouses que l’on rencontre depuis l’étage montagnard jusqu’à l’étage subalpin, ont un intérêt majeur et que l’Europe les juge « prioritaires ».
En effet, si ces pelouses portent le nom de l’espèce qui les caractérise, le nard raide, elles se composent de nombreuses autres espèces. Certaines d’entre elles, comme les trèfles, les plantains, ou les pâturins constituent des espèces très appréciées par le bétail. D’autres sont endémiques (Espèce qui ne se développe que dans une zone géographique ou un pays particulier), comme la Benoîte, le Saule et le Conopode des Pyrénées.
Toutefois, cette richesse est directement liée à la présence des troupeaux. En effet, si le pâturage diminue, les milieux peuvent être envahis par certaines graminées comme le nard et la fétuque eskia et la diversité des espèces est menacée. Mais la richesse du milieu peut aussi être fragilisée par un pâturage excessif susceptible de nuire aux espèces typiques de la nardaie et de favoriser le développement d’un nombre réduit d’espèces banales supportant un piétinement et un abroutissement fort.
Le lézard des Pyrénées : une espèce d'intérêt européen
Petit lézard pesant de 2 à 5 g, et d'une longueur variant entre 11 et 15 cm (queue comprise), le lézard des Pyrénées (Iberolacerta bonnali) a longtemps été confondu avec les autres espèces de lézards, notamment le lézard des murailles. Sa petite taille, son écaillure dorée et lisse et sa queue lisse permettent à un oeil averti de l'identifier.
Cette espèce, déjà protégée au niveau national, est jugée assez rare par l’Europe pour être prise en compte dans le programme Natura 2000. En effet, ce petit lézard ne se rencontre que dans la partie centrale de la chaîne pyrénéenne, entre 1700 et 2500 mètres d’altitude. Les populations que l’on rencontre sur le site d’ «Ossoue-Aspé-Cestrède» sont peu importantes.
La découverte de lézards endémiques des Pyrénées (Iberolacerta bonnali) par Gilles Pottier dans le massif du pic du Midi d'Ossau a agrandit le territoire de l'espèce dont la limite occidentale de répartition était auparavant assimilée au massif du pic d'Arriel. Située environ 8 km plus à l'ouest, la localité du massif du pic du Midi d'Ossau représente la nouvelle limite occidentale connue du lézard des pyrénées.
Le lézard des Pyrénées a besoin des éboulis d’altitude et des pelouses pour vivre et s’alimenter. C’est pourquoi la gestion raisonnée du pastoralisme sur ces milieux est nécessaire. Un pâturage ovin régulier permet de maintenir les pelouses ouvertes et d’éviter la colonisation des éboulis par des graminées telles que la fétuque eskia. Mais le sur pâturage est à éviter car il érode le sol et peut ainsi détruire l’habitat de cette espèce protégée.