M. Bruno Lepore
maire de Saint-Pé-de-Bigorre et conseiller général
En réaction aux témoignages de quatre maires (Empreinte Ours n°1) qui ont participé à la mise en oeuvre du renforcement, M. Bruno Lepore a souhaité faire entendre son point de vue. Le retour de l’ours inquiète cet élu qui le voit comme une menace pour le pastoralisme et le tourisme.
Comment vivez-vous en tant qu’élu le plan de renforcement de l’ours brun des Pyrénées ?
Bruno Lepore : Pas très bien puisque je ne suis pas favorable à ce plan qui nous a été imposé par l’État. Mais soyons clair, je n’ai rien contre l’ours. Je réagis simplement en tant que gestionnaire d’un espace dont j’ai la responsabilité. Je suis adepte d’une écologie réfléchie et non pas doctrinaire. Je suis maire d’une commune qui a accepté l’application du programme Natura 2000 et qui a adhéré à la réserve naturelle volontaire du massif du Pibeste. C’est dire que je suis favorable à la préservation de l’environnement tout en favorisant l’activité touristique et le pastoralisme. Or l’ours ne paraît pas compatible avec ces démarches
environnementales.
Pourquoi ?
Bruno Lepore : Parce que l’ours remet en question la gestion de l’espace naturel. Aujourd’hui, il perturbe la gestion pastorale sur la commune et je ne vois pas comment sa présence peut être compatible avec celle des troupeaux. L’État affirme que les bergers peuvent disposer de moyens pour une surveillance permanente. Cela paraît impossible et tellement éloigné des pratiques actuelles. Le pastoralisme sur Saint Pé est sérieusement menacé. Or si les pâturages disparaissent, c’est tout l’équilibre du paysage qui se trouve perturbé. A quoi bon, dans ce cas, soutenir des programmes environnementaux ? Quant aux incidences sur le tourisme, elles sont réelles. Les randonneurs se sont faits plus rares quand qu’ils savaient qu’un ours s’était stabilisé dans le secteur.
Quelles sont vos suggestions ?
A mon sens, le retour de l’ours n’était pas indispensable. Après tout, il n’est pas menacé de disparaître en Europe. Maintenant que l’État l’a imposé, il devrait tout faire pour que l’ours soit cantonné aux communes favorables à son retour. Je ne vois pas pourquoi je devrais être contraint de supporter sa présence.
Bruno Lepore
Interview : Claude Faber, journaliste