François Arcangeli et Jean Lassalle à propos du plan de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées

Pour ou contre l'ours ? Jean Lassalle, député Modem des Pyrénées-Atlantiques, et François Arcangeli, maire d'Arbas, s'opposent sur le plan ours. A chacun ses arguments. Une interview réalisée par Jean-Pierre Deroudille et Thomas Longué de « Sud Ouest » où la Castafiore revient sur sa commisssion d'enquête parlementaire et tente de sauver l'IPHB. On échappe au "viol des Pyrénées"!

Quel est l'avenir de l'ours dans les Pyrénées ?

François Arcangeli : La mort de Franska ne change pas fondamentalement la donne. Nous sommes dans une opération de reconstitution d'une population viable, et on savait qu'il faudrait reprendre des lâchers. Cela ne peut que rendre la suite plus urgente, il faudra donc enrichir cette population de nouvelles femelles.

Jean Lassalle : Je n'en sais rien, mais la boucle est bouclée : l'Etat français a introduit Franska avec 300 gardes mobiles (sic) pour faire face aux dangereux Pyrénéens et c'est un engin de l'armée française qui l'a tuée... Je ne considère pas le gouvernement actuel impliqué dans cette sinistre farce. Mais je me pose la question : l'Etat reste-il un Etat indépendant ou est-il pieds et poings liés à un lobby écologiste qui nous fait vivre dans une monde virtuel très éloigné du monde réel ?

Certains commencent à dire que l'opération coûte cher. Jusqu'où peut-on aller ?

François Arcangeli : C'est un faux débat. La protection et la restauration du patrimoine coûte cher, quel que soit le sujet : monuments historiques, tableaux, etc. Aujourd'hui, on paie le prix d'une responsabilité collective des Pyrénéens qui ont laissé décroître cette population pendant des années. Il faut regarder ensuite à quoi sert l'argent qui est mis sur l'ours depuis une dizaine d'années. Les ours ne sont pas payés, cet argent crée de l'emploi, aide le pastoralisme, aide à la restructuration des élevages. De plus, 1 million d'euros par an pour que la France respecte ses engagements internationaux et puisse intervenir dans d'autres débats comme l'interdiction de la chasse à la baleine, ce n'est pas grand-chose.

Jean Lassalle : J'espère, c'est la seule façon d'y voir clair, que le président de l'Assemblée nationale va enfin donner suite à la commission d'enquête parlementaire que j'ai demandée dès les premières réintroductions (2006). A-t-on la certitude de sauver l'ours ? A-t-on pris toutes les précautions en matière de responsabilité ? Car aujourd'hui, les maires restent les seuls responsables en cas d'accident.

Qu'attendez-vous aujourd'hui du gouvernement ?

François Arcangeli : L'objectif de restauration de l'ours dans les Pyrénées est clair. Si cet objectif est partagé, il faut ensuite discuter sur les moyens d'y arriver. La ministre a commencé à le faire en mettant tout le monde autour d'une même table. Il n'y a guère que Jean Lassalle qui ait boycotté la réunion de Toulouse. Nous devons y arriver comme les pays voisins qui ont des ours et des loups, qui ont aussi de l'élevage, sans que ce soit la révolution chez eux.

Jean Lassalle : Qu'il mette un terme immédiat à son plan de réintroduction. On a déjà fait assez de mal comme ça. Qu'on s'interroge sur les véritables motivations qui ont pu conduire à désavouer d'une manière aussi violente l'Institution patrimoniale du Haut Béarn (IPHB), qui était la
seule instance à faire travailler l'ensemble des protagonistes de ce dossier, pour lui substituer le lobby écologiste, largement financé par les sociétés les plus polluantes de la planète.

Source : Sud-Ouest

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