France Inter 30/08/07 – Emission Le sept-neuf du 30 aout 2007
Interview de Laurent Fabius
Après une longue intervention de Laurent Fabius, une question d’un auditeur, un grand moment pour les pages insolites de la Buvette...
Question d’Alain (Reynes) des Pyrénées
« Bonjour M. Fabius, Bonjour France Inter, merci pour vos émissions... Monsieur Fabius, j’ai bien entendu tout à l’heure vos prises de position très fortes et claires sur les questions d’environnement et en particulier dans le domaine de la protection des espèces ; et je vous en remercie pour nous et pour les générations futures.
Je voulais vous poser la question suivante : Dans les Pyrénées, j’observe que ce sont des élus socialistes qui mènent et financent le combat contre la protection d’une espèce symbolique pour la France qu’est l’ours des Pyrénées et je me demandais s’il n’y avait pas là un décalage ou une contradiction entre des prises de position d’élus nationaux, socialistes, comme vous l’êtes et vous n’êtes pas le premier à le faire, et les actions d’élus, également socialistes, sur le terrain. Alors n’y a-t-il pas encore un travail de réflexion, un travail de cohérence à faire entre les idées et les actions sur le terrain ? Merci.»
Réponse de Laurent Fabius
Attention, Laurent Fabius sort de son hibernation et fait très fort, aussi fort qu'Augustin Bonrepaux (du même parti socialiste) avec la grippe aviaire des ours ! Une entrée fracassante dans le grand bétisier des déclarations d'hommes politiques dans le domaine de l'environnement.
Laurent Fabius : « Ah ben, certainement, mais là vous touchez un sujet sensible et en particulier à l’habitant de l’Ariège que je suis puisque vous savez que, enfin, j’ai une maison dans l’Ariège et c’est un sujet très sensible là bas comme dans les autres départements pyrénéens.
Alors, puisque vous parlez, il faut essayer d’être cohérant entre ce qu’on fait au niveau national et ce qu’on fait au niveau local. En ce qui concerne l’ours, moi j’ai toujours… et j’en ai beaucoup parlé avec mes collègues et amis là bas. J’ai toujours été frappé par le fait que euh, on avait, importé euh des ours euh qui étaient carnivores alors que… il existe des espèces d’ours qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale !
Bon. Qu’il y aie des ours dans certaines… dans certains sites protégés, très bien, mais à condition qu’ils ne menacent pas l’homme. Bon. Or, ce qui a introduit la confusion absolue, c’est qu’on a été chercher des ours slovènes qui étaient réputés être herbivores et qui finalement ont mangé beaucoup euh de brebis et qui ont menacés, ca je l’ai vu concrètement, et ce n’est pas une invention, des villages avec évidement le, le, la peur que ca engendre.
Donc je crois qu’il faut revenir sur cette question d’aide spécifique en ce qui concerne l’ours herbivore et d’autres part de faire en sorte qu’il y aie une protection absolue de l’activité pastorale et qu’il n’y aie pas de menaces humaines. A partir de quoi, ce qui existe dans d’autres pays, parce que vous savez que cela existe en Espagne, pourra fonctionner en France. Mais là, je crois qu'on a pris le problème par le mauvais bout.…. »
Réaction de la buvette
Crâne d'Ursus Arctos. Admirez la dentition typique d'un herbivore. Archives biologiques du PS. On n'est pas trop sûr vu le bordel qui y règne.
Aussi fort que la grippe aviaire des ours d’Augustin Bonrepaux ! Les hommes politiques socialistes ont-ils des conseillers ? des dossiers ? la télévision ? des livres ? des encyclopédies ? Internet ?
Laurent Fabius a raté une belle occasion de se taire. Le parti socialiste possède en son sein un deuxième grand biologiste qui vient de découvrir une nouvelle espèce d'ours, transgénique sans doute, un effet secondaire du nuage de Tchernobyl ? Laurent Fabius semble issu de la même faculté de Biologie qu' Augustin Bonrepaux ? Qu'on me donne l'adresse, qu'on prèvienne Sciences.
Laurent Fabius assure "vouloir élever le débat au PS" et est candidat à la présidence du parti. Voilà qui ne manque pas de mordant. Qui va encore vouloir confier l'alternance éventuelle ou l'avenir de la biodiversité à un tel spécialiste, à partir d'aujourd'hui mondialement reconnu ? Est-il impossible pour Laurent Fabius de dire "Excusez-moi, c'est un sujet où je suis ignorant ?" ou "Je vous répête ce que m'a dit Augustin, seigneur de l'Ariège."
A trop fréquenter notre Augustin national, on fini par croire tout ce qu'il raconte. Il n'existe qu'un seul ours herbivore : Le panda ! Les autres sont des omnivores opportunistes. Et les troupeaux non gardés de l'Ariège sont pour les ours omnivores, une belle opportunité. Pas con l'ours slovène, lui. En fait la solution est, dans les Pyrénées comme dans les Alpes : protéger les troupeaux. L'Office Universitaire de Recherche Socialiste s'appelle... celà ne s'invente pas : OURS (www.lours.org). Laurent Fabius devrait y aller pour une remise à niveau.
- Lire : Jon Swenson : recommandations sur le projet de renforcement de la population d'ours des Pyrénées
Le régime alimentaire d'Ursus Arctos
L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments.
Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.
La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».
Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.
Source : Ministère de l'Ecologie
parce que vous savez que cela existe en Espagne, pourra fonctionner en France. Mais là, je crois qu'on a pris le problème par le mauvais bout.
