Démocratie et hérésie économique : Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis maintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.
Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...
Jean Lassalle : «La vallée d'Aspe prise en otage»
«Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...
Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.
Avec les «moyens du bord», en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les «grands esprits» qui animaient cette mascarade consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.
Pour autant, le débat dit «du Somport» (avec son autoroute tueuse d'ours, sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»
Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.
«Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable.»
Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député !
La buvette : Jean Lassalle oublie qui est à l'origine du tunnel du Somport. Et une veste en mouton retourné de plus pour le gréviste de la faim qui a pris Sarkozy en otage dans l'affaire Toyal ; qui au dernières nouvelles parle de délocalisation, mais bien loin de la France maintenant. Jean Lassalle arrive à faire le vide autour de lui.
Source : Démocratie et hérésie économique, l'actualité politique et économique commentée par un disciple de Schumpeter
Toyal en rade
Les négociations butent sur un désaccord financier dans l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle. Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier. Le responsable de Toyo a indiqué que « le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités » de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde. « Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire », a réaffirmé M. Hayashi.
Les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence. La question est donc : le chantage exercé par Jean Lassalle sur Nicolas Sarkosy alors ministre de l'Intérieur, donnera t-il envie à Nicolas Sarkosy, président de la République de ne pas respecter la législation européenne pour satisfaire le fantasque député béarnais ? Pas sûr. Le chantage risque donc bien de se retourner, comme les vestes de Jean Lassalle, contre son auteur et contre la vallée d’Aspe. Mais avec Jean Lassalle, plus c’est gros, plus cela marche, alors méfions-nous.
L’IPHB en panne sèche
D’autre part, le député chanteur, aussi président de l’IPHB aux poches désormais vides est entrain de faire les yeux doux à Michel Barnier, le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Sur son site, Jean Lassalle relate sa version de l’entrevue : «L'entretien entre les deux hommes fut des plus chaleureux ». Il parle de lui comme Alain Delon, faut s’habituer ! Jean Lassalle espère que celui qui a participé à la création de l’IPHB, renfloue son grand machin en oubliant les casseroles que traine l’IPHB : les dépenses qui n’ont servi à rien, la disparition des ours en Béarn… L’IPHB sert de modèle universitaire pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut pas faire !
Michel Barnier est aussi l’homme qui a signé la première réintroduction d’ours en 1996-1997. La partie n’est donc pas gagnée. Mais avant de s’opposer bille en tête, Jean Lassalle vient ronronner à Paris. Au sortir du ministère de l'Agriculture, « le député Jean Lassalle s'est félicité (Il parle toujours de lui à la 3ème personne sur son site) de cette rencontre qu'il a qualifié « d'extrêmement encourageante pour l'agriculture de montagne, pour les montagnards et l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn .»
- Lire les paroles de ses chansons sur son site.