On assiste au comble de la mauvaise foi de la part des anti-ours : le fait que Franska a été renversée par une voiture serait la preuve qu'elle n'est pas adaptée aux Pyrénées. Ben voyons!
Pourquoi ne voit-on pas tant de sentimentalisme envers les centaines et les milliers de cerfs, chevreuils ou sangliers, qui meurent tous les ans de collisions routières ? Si l'on suit la même logique que pour Franska, ils n'auraient donc pas leur place dans nos campagnes?
Arrêtons le délire
Oui, un ours traverse les routes, comme tous les animaux sauvages, du campagnol au cerf, en passant par le blaireau ou le loup.
La seule différence, c'est qu'avec des effectifs de plusieurs centaines de milliers d'animaux, un chevreuil ou un sanglier qui se font renverser, c'est de l'ordre de l'anecdote (quand il n'y a pas de pertes humaines bien sûr), quand c'est un ours - dans une population réduite à une vingtaine - c'est une très lourde perte.
Arrêtons le Mythe
Lire : Gérard Caussimont : le mythe de l'ours des Pyrénées
L'ours, qui serait un animal d'une sauvagerie extrême et qui ne vivrait que dans les forêts vierges et reculées des plus profondes vallées montagnardes.
Henri Claverie, éleveur de brebis : « Nos ancêtres ont combattu l'ours, dit-il. En tant qu'éleveur on ne peut qu'être contre la réintroduction de l'ours, ou alors il faut qu'elle s'accompagne de mesures efficaces de protection des troupeaux. Il faudrait arriver à cantonner l'ours dans une zone définie, le nourrir. Cela semble impossible. Ce sont surtout les ours slovènes qui posent problème. Ils sont habitués à vivre près des habitations, se nourrissant parfois dans les poubelles. Ils n'hésitent pas à descendre des montagnes, alors que l'ours brun des Pyrénées, lui, reste dans les hauteurs. Et puis si nous pouvons admirer les pentes verdoyantes, c'est grâce aux troupeaux qui entretiennent les estives.»
L'ours vit en Slovénie dans des forêts traversées de pistes et de routes. Les Cantabriques ou les Abruzzes ne sont pas les Montagnes Rocheuses, mais des massifs où l'homme et ses activités sont bien présents.
Slovénie - Massif du Triglav. Sentier de montagne en zone à ours.
L'ours a toute sa place dans le biotope pyrénéen, encore très favorable à l'ours. Pour preuve, 3 ours (Ziva, Mellba et Pyros) ont abouti à la formation, 10 ans plus tard, d'une petite population de 15 ours, par reproductions naturelles et non par lâchers.
Pour finir, je citerai M. Pajetnov, biologiste russe spécialiste de l'ours (mais sans doute moins connaisseur que Lacube et cie qui eux ont certainement une vraie connaissance de l'ours ! Humour bien sûr), disait il y a quelques années, de passage dans les Pyrénées, "la zone de Luchon est la zone la plus favorable que j'ai vue"...
Donc qu'on soit anti-ours, c'est un droit, une opinion qui doit être respectée. Mais qu'on n'utilise pas de faux arguments pour arriver à ses fins, notamment une supposée non adaptation des ours slovènes aux Pyrénées, car biologiquement, tout prouve le contraire. Et ce n'est pas des accidents épisodiques qui peuvent prouver le contraire : plusieurs ours sont tués tous les ans par les voitures en Slovénie...
Ne seraient-ils pas adaptés à la Slovénie, alors qu'ils sont plus de 500 à y vivre, bien plus que nos 20 malheureux plantigrades qui seraient responsables, selon certains, de tous les maux de la région?
Mathieu Krammer
Leis oursoun – Carnivores et rapaces
