Sursis pour l'IPHB
Des nouvelles de Jean Lassalle
Nième rebondissement dans le feuilleton de l'Institution patrimoniale du haut Béarn. Alors que le drapeau noir était hissé depuis plusieurs mois, il a été décroché hier. La Chambre régionale des comptes a fini par valider le budget 2007.
Le préfet avait saisi l'instance, du fait des finances largement déficitaires de l'organisme (moins 140 000 euros). En juillet, ladite chambre émet un avis défavorable octroyant un mois pour redresser la barre. La conséquence du bras de fer engagé entre Jean Lassalle, président de l'IPHB, et Nelly Olin, la ministre de l'écologie en 2006, à propos du plan de réintroduction d'ours. L'État, et par ricochet la région Aquitaine (dans le cadre du contrat état-Région), suspendaient alors les subventions.
Le Département au soutien. Pour rendre une copie équilibrée, l'IPHB s'est lancée cet été dans une course aux financements. Jean Lassalle a pu compter sur le soutien financier du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Il a débloqué 22 400 euros au titre de diverses subventions. La Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale), a versé 11 509 euros. De quoi muscler les recettes.
Parallèlement, les dépenses ont été revues à la baisse. Charges de fonctionnement, indemnités des élus, plusieurs actions suspendues (équipement de sécurité de troupeaux, évacuation de bétail accidenté et suppression de la lettre d'information, abandon du programme de valorisation des produits de montagne?). « Une bouffée d'oxygène, se félicite Jean Lassalle, cela va nous permettre de maintenir les sept emplois et de continuer l'aventure. Malgré l'acharnement mis à nous détruire, l'institution fonctionne. » L'IPHB entend désormais recentrer ses actions sur le terrain : aide au pastoralisme, gestion de la forêt et travail entrepris sur l'eau. Sans oublier la compétence ours, « que nous allons jalousement garder », précise le député aspois. « Si l'institution disparaissait, il n'y aurait qu'une urgence : en créer une autre. Nous tiendrons, comme nous l'avons toujours fait, et retrouverons l'ensemble de nos prérogatives. »
«Étape décisive»
Jean Lassalle considère la décision comme « une étape décisive ». C'est en tout cas un sursis, car il faut désormais songer à 2008. Ce que n'a pas manqué de relever la Chambre régionale des comptes, en invitant l'IPHB à « engager pour l'avenir une réflexion sur ses perspectives de financements ».
Il n'est en effet pas évident qu'en 2008 l'État et la Région consentent un effort financier qu'ils ont refusé en 2007. Aussi, René Rose, président de la Communauté de communes de la vallée d'Aspe prévient : « Il nous faudra à nous, les collectivités locales, mettre la main au portefeuille pour bénéficier de l'ingénierie de l'IPHB. Mais je compte également sur le Conseil régional et le Conseil général », explique-t-il. Des soucis que Jean Lassalle a bien en tête, voulant continuer à avancer : « Le troisième contrat de charte (signé avec l'état, NDLR) est prêt. » Reste à trouver un partenaire pour le parapher.
Source : Xavier Sota, Sud-Ouest