Condamnés à 4 300 euros d’amende en première instance en septembre 2006, les anti-ours sont poursuivis par le maire d’Arbas, qui leur réclame 17 000 euros pour le nettoyage de la façade de la mairie, et 20 000 euros de dédommagement pour atteinte à l’image de la commune.
C’est à 14 heures aujourd’hui que les dix militants anti-ours qui ont saccagé des bâtiments publics, le 1er avril 2006 à Arbas, ont été jugés par la cour d’appel de Toulouse. Dix-huit mois plus tard, le dialogue est toujours aussi difficile entre les pro et les anti-ours.
“Nous espérions beaucoup avec le changement de gouvernement, mais nous avons été déçus”, explique Magali Boniface, porte-parole de l’Aspap, principale association anti-ours. Elle dénonce l’importance des moyens financiers et logistiques des pro-ours : “Cela nous inquiète beaucoup. La population des ours augmente dans les Pyrénées. Cet été, il y a des secteurs en Ariège qui ont été touchés pour la première fois.”
“La pérennité des ours dans les Pyrénées passe par la présence d’une cinquantaine d’individus. Il y en a vingt-deux aujourd’hui”, constate Alain Reynes, de l’association Pays de l’ours. Ce dernier se félicite néanmoins de l’arrêt des violences des anti-ours : “Prochainement, un voyage à l’étranger réunissant pro et anti-ours va se dérouler pour étudier le comportement des ours.”
Un important dispositif policier a été déployé devant la cour d’appel de Toulouse, à l’occasion du procès des anti-ours. Seuls les éleveurs condamnés en première instance et des représentants d’associations ont été autorisés à assister à l’audience.
Dès la fin des débats, Gérard Dubuc, opposé à l’introduction de l’ours et maire de Saint-Lary, commune ariégeoise de 150 habitants, a interpellé François Arcangeli, le maire d'Arbas : “Accepteriez-vous une rencontre avec des éleveurs dans un esprit d’apaisement ?” “J’ai toujours été pour un dialogue”, a répondu le maire d’Arbas, en lui donnant rendez-vous. François Arcangeli "ne s’est pas dit opposé" à ce que sa commune soit candidate pour de nouveaux lâchers d’ours.
Pour l'ASPAP : "François Archangéli réclame aujourd'hui 40.000 euros. La hauteur des exigences financières du maire d'Arbas, également président de l'ADET – outil de promotion et d'importation des ours slovènes - ne laisse aucun doute sur sa volonté, au-delà d'aggraver les peines individuelles, d'atteindre l'ASPAP qui n'a jamais caché son soutien aux ariégeois traduits en justice." déclare un communiqué de l'association du 9 octobre.
"S'en prendre à l'ASPAP, c'est attenter à la liberté d'expression que les Pyrénéens, longtemps privés de parole, ont chèrement gagnée. Des Pyrénéens qui dénoncent la casse de l'outil de travail de milliers d'éleveurs, les coûts exorbitants de ces programmes, les dangers d'ours peu farouches pour les populations, l'ensauvagement programmé des estives. Et qui dérangent."
A la sortie du tribunal, près de 80 ultrapastoraux de l'ASPAP, l'association financée par Augustin Bonrepaux dont sont issus les casseurs d'Arbas étaient là pour "soutenir" les accusés et "crier" leur colère.
La cour d'appel de Toulouse a mis en délibéré son jugement au 26 novembre. A suivre.