Description de l'espèce Canis lupus
Morphologie
Le loup a l’allure générale d'un grand chien, ce qui s'explique facilement, vu que ce dernier en est le descendant domestique. L'impression générale associe puissance et souplesse. Les mâchoires bien développées contribuent à l'impression de force de la tête. Le poids des animaux adultes varie de 20 à 70 kg selon les régions du monde (loup arctique Canis lupus artic pour les plus gros). Le léger dimorphisme sexuel en faveur des mâles est rarement discernable en nature. En Europe, le poids d'un mâle varie de 20 à 40 kg, celui d'une femelle adulte de 18 à 30 kg.
Confusion possible
Les chiens divaguants sont nombreux en Europe et il n'est pas aisé de distinguer, dans les conditions de terrain, un loup d'un chien d'une race morphologiquement proche, tel que le Berger allemand ou le Berger Malamut, d'autant que les observations sont souvent furtives. L'avant-main du loup est plus puissante, la poitrine plus profonde et la tête plus large et son allure est celle d'un animal "haut sur pattes". Les oreilles sont proportionnellement plus petites que celles d'un chien et plus écartées, la queue généralement plus fournie et plus courte. Il est impossible de distinguer un chien d'un loup à partir d'une seule empreinte laissée dans la boue ou dans la neige. Une piste suivie sur plusieurs centaines de mètres et sur laquelle les individus marchent fréquemment à la queue leu-leu, la longueur du pas ainsi que l'alignement de la voie sont de bons critères convergents de reconnaissance.
Lignée génétique
Le loup présent en France est issu de la lignée italienne. La population de loup présente dans la chaîne des Appenins est isolée des autres populations de l'Est de l'Europe depuis plus de deux siècles. Aussi, par voies de mutations, cette population italienne présente une séquence type sur son ADN mitochondrial qui est retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. Sa caractérisation Canis Lupus lignée "Italie" est donc unique.
Caractéristiques biologiques
Reproduction et structure sociale
La cohésion sociale est l'élément structurant la vie du loup. Ces groupes appelés "meutes" sont composés de 3 à 8 individus le plus souvent en Europe occidentale (jusqu'à 12 en Europe de l'Est) avec une hiérarchie marquée entre les membres du groupe. La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 2 ans mais, au sein d'une meute, un seul couple dominant (Alpha) se reproduit (même si des exceptions existent). Les autres femelles du groupe, généralement issues de la descendance propre du couple Alpha (l'intégration d'une meute par un congénère non apparenté est possible) voient leurs chaleurs inhibées par le comportement de la femelle Alpha.
Le rut à lieu en février-mars dans les régions tempérées et les naissances en avril-mai, après une gestation de 63 jours. L'unique portée annuelle comporte en moyenne 3 à 5 jeunes. La louve possède 8 tétines. La mise-bas a lieu dans un abri naturel : terrier récupéré, abri sous roche, buisson épais ou souche renversée. Les jeunes viennent au monde aveugles et sourds. Leur pelage est alors plus foncé que celui de l'adulte. Ils seront sevrés vers 2 mois et nourris ensuite de viande en partie régurgitée, rapportée par les adultes. Les louveteaux chassent avec le reste du groupe à partir de l'automne suivant leur naissance. En moyenne, un jeune sur deux n'atteint pas l'âge de maturité sexuelle.
Occupation de l'espace, dispersion et colonisation de nouveaux territoires :
Les territoires sont exclusifs entre les meutes et leurs bordures sont des zones de forts conflits avec la meute voisine. De ce fait, elles ne sont fréquentées que pour le marquage territorial, essentiellement réalisé par les individus Alpha de chaque meute (laissé majoritairement par le mâle dominant).
Le territoire d'une meute s'étend sur des surfaces allant de 100 à 1000 km2 (de l'ordre de 150 à 300 km2 en France et en Italie) selon l'abondance et la diversité des proies. Les limites de territoires fluctuent entre années selon les pressions induites par les meutes voisines. Chaque meute défend son territoire par des marquages olfactifs (urines, fèces) et sonores (hurlements).
Pendant l'élevage des jeunes, les adultes restent cantonnés sur une partie de leur territoire devant la nécessité de nourrir les jeunes à la tanière, puis sur les "sites de rendez-vous". Certains resteront dans leur meute d'origine (individus béta), les autres (à partir d'un an et demi) la quitteront pour chercher un nouveau territoire pour s'établir. Cette étape du cycle biologique de l'espèce appelée dispersion s'opère sous la pression sociale des autres individus pour l'accès à la reproduction à l'année n + 1.
La dispersion a lieu au printemps (période d'accouplement) et en automne (période d'intégration des jeunes de l'année à la meute) et concerne principalement les individus subadultes (nés l'année précédente), mâles ou femelles. Ces individus en phase de colonisation peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de se fixer et ceci en quelques jours (distance de dispersion variant de 10 à 800 km). Le système de colonisation par "tâches" est caractéristique du loup. Le nouveau territoire est séparé de la meute d'origine par plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres laissant des espaces interstitiels qui seront comblés par la suite. Ceci explique certaines observations isolées loin des zones de présence permanentes connues. Ces individus en phase de dispersion peuvent séjourner plusieurs mois dans un secteur avant de la quitter.
Ainsi, les signalements de loups dans une région entre mars et novembre ne signifient pas qu'une meute est définitivement installée. La rapidité du déplacement d'un point à un autre fait que l'espèce peut facilement passer inaperçue le long de son trajet de dispersion, notamment si l'abondance en proie domestique est faible (si par d'attaque, pas de détection).
Taux de multiplication annuel des populations
Il faut distinguer deux phases dans la dynamique des populations de loups : une phase de colonisation, une phase de stabilisation. Dans un contexte de colonisation des espaces vacants, quelques individus par meutes (subadultes en général, mâles et femelles) se dispersent pour fonder un nouveau territoire. La probabilité de rencontre entre deux animaux de sexe opposé est la plus forte contrainte à l'installation d'une meute. Par contre, la combinaison d'une forte fécondité (une portée par an avec 4 à 6 jeunes) et de l'immigration intensive des animaux donne un fort potentiel de croissance (ex. : 35 % aux Etats-Unis, 25,5 % en Scandinavie, 31 % en France).
Les besoins minimaux de connaissance biologique : le suivi de l'aire de répartition par le réseau loup/lynx : La phase de colonisation actuelle de l'espèce nécessite un suivi de l'évolution de son aire de répartition ainsi qu'un suivi exhaustif des dommages aux troupeaux domestiques. Les objectifs du réseau loup/lynx, fusionné en 2000, sont de :
collecter et vérifier l'ensemble des indices recueillis via un système de fiches techniques "indices" qui serviront à mesurer l'évolution de l'aire de répartition (et de statuer sur son état de conservation),
constater les dégâts causés au cheptel domestique via un formulaire de constat afin de permettre leur compensation et évaluer leur volume.
Ces deux objectifs sont réalisés de manière systématique par le réseau « grands prédateurs loup/lynx ». Son fonctionnement est basé sur le multi-partenariat avec un pilotage technique et une animation nationale de l'ONCFS qui assure également la formation des correspondants, et une coordination départementale par les DDAF (chargées d'instruire les constats).
Classification
- Règne Animal
- Embranchement : Chordés
- Sous-embranchement : Vertébrés (animaux à colonne vertébrale)
- Classe : Mammifères (animaux à sang chaud muni d’un pelage et de glandes mammaires pour l’alimentation des jeunes)
- Ordre : Carnivores, animaux pourvus de canines permettant de découper des morceaux de viande. Les carnivores sont soit des digitigrades (qui marchent en appuyant sur les doigts par ex. le loup, le lynx) soit des plantigrades (qui marchent sur la plante des pieds, par ex. l’ours).
- Famille : Canidés (avec 13 genres et 38 espèces)
- Genre : Canis (chien, 8 espèces)
- Espèce : lupus (loup)
Signalement
- Poids : 12-80 kg, en fonction de la sous-espèce et de l’individu
- Taille : Corps 100-150 cm, queue : 31-51 cm, hauteur au garrot : 60-95 cm
- Coloration : Le plus souvent un mélange de beige et d’anthracite, mais aussi noir, blanc ou fauve. Poils du dos beiges avec la pointe noire, formant une sorte de légère crinière. On ne trouve pas de poils complètement noirs. En revanche, on observe souvent sur les pattes avant une ligne nettement plus sombre. Poitrine beige.
- Chromosomes : 76, comme le chien
- Dentition : 42 dents (32 chez le louveteau, dentition définitive à 7 mois)
- Régime alimentaire : Carnivore, mais mange aussi des fruits et des insectes
- Répartition : Europe, Amérique du Nord, Asie, Proche et Moyen-Orient
Reproduction
- Maturité sexuelle : 2 ans chez les deux sexes
- Longévité : 5-10 ans, jusqu’à 17 ans en captivité
- Saison des amours : de janvier à mars selon les régions
- Gestation : 61-63 jours, 4 paires de mamelles
- Mise bas : de mars à juin selon les régions
- Nombre de jeunes : de 3 à 5 par portée
- Poids à la naissance : 300-500 g
Particularités
- Pression de la morsure : 150 kg/cm2
- Déplacement : jusqu’à 60 km par nuit (record prouvé : 190 km !)
- Vitesse de pointe : de 45 à 50 km/h
- Bon nageur
- Odorat : peut détecter un animal à 270 m contre le vent
- Angle de vision : 250° (180° chez l’homme)
- Audition : jusqu’à 40 kHz (20 kHz chez l’homme). Peut entendre d’autres loups hurler jusqu’à une distance de 6,4 - 9,6 km
- Fréquence des battements cardiaques : 90 pulsations par minute, jusqu’à 200 lors d’efforts importants
- Fréquence respiratoire : 15-20/minute, jusqu’à 100 lorsque le loup halète
Photos
- Les photos de loups de le buvette des alpages
Sources : chiffres de loup.org