Interview de François Arcangeli
Maire d’Arbas, président de l’association Pays de l’Ours-Adet
« La maison du pays de l’ours » de Fos a fermé ses portes en décembre dernier. Mais votre commune s’est portée candidate pour accueillir un nouveau lieu. Où en est ce projet?
Il faut préciser que notre projet se veut très différent de la Maison qui se trouvait à Fos. Nous sommes plutôt sur l’idée d’une structure muséographique abordant les questions de l’ours et des activités humaines.
Nous avons d’ailleurs étudié et observé d’autres réalisations similaires, dans les pays voisins, qui nous donnent des idées. A l’heure actuelle, nous en sommes à la phase d’étude de faisabilité du projet. Nous avons prévu de la boucler durant le premier semestre 2008. Les études de réalisation viendront par la suite.
Quel serait l’objectif d’un tel écomusée?
Nous le savons, l’ours constitue une question complexe. Mais nous pensons qu’il faut le décharger de problèmes qui ne sont pas les siens. Certes, sa présence interfère avec d’autres activités, mais elle révèle surtout bon nombre de dysfonctionnements. L’ours n’est tout de même pas responsable de tous les problèmes du pastoralisme ! Notre objectif est donc de répondre aux multiples questions et de recadrer certaines choses. Il faut expliquer qui est l’ours, comment il vit et comment il cohabite avec l’homme. Et nous avons l’ambition d’ouvrir ce lieu aux touristes bien évidemment, mais aussi aux populations locales, aux scolaires ou encore aux associations.
A votre avis, l’ours peut-il devenir un produit d’appel touristique ?
Oui, si on considère qu’il intéresse un très grand nombre de personnes. De nombreuses études viennent le confirmer. Nous avons l’exemple de ce qui se fait en Espagne ou en Italie, où l’ours a contribué à améliorer l’attractivité de ces territoires. Sa présence peut permettre de mieux faire connaître un pays. Hélas, dans les Pyrénées, nous connaissons les inerties qui freinent le processus.
Avez-vous bon espoir de voir la situation évoluer ?
Oui, car je reste convaincu que l’ours est une grande opportunité pour notre région, mais la vraie question, c’est le temps. Combien de temps nous faudra-t-il pour aller au-delà de la polémique ? Je pense que sur les dix dernières années, les uns et les autres ont toutefois acté une notion fondamentale : l’ours fait partie du patrimoine pyrénéen.
Source : Empreinte Ours n°4. Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.