L'une des règles de base de la conduite de ce type de stratégie est de travailler autant sur les représentations que sur les faits, autant sur les réalisations que sur les intentions et les ressentis. On ne peut pas parler de "prédateurs" sans penser que certains pourraient en être les victimes, et qu'ils doivent à ce titre, être aidés.
Les aider suppose :
- de ne pas parler pour eux,
- de les rencontrer,
- d'être aussi présent en anticipation sur des secteurs d'accompagnement spécifique en fonction des lieux de tanières des ours et de leurs migrations,
- de suivre l'efficacité réelle ou supposée des mesures de prévention que les éleveurs acceptent de prendre,
- de ne préconiser de changement de système d'exploitation qu'avec la certitude d'une faisabilité et d'un progrès, et naturellement
- d'indemniser correctement les impacts qui n'auront pas pu être évités ou réduits.
Au niveau du massif, le "pôle de compétences Ours" peut permettre des synthèses entre acteurs des services et établissements publics de l'Etat, mais sa réunion est au mieux annuelle.
Au niveau des départements, les "comités de gestion de l'espace montagnard" n'ont pas pu faire vivre ce dossier (ici, il y avait l'IPHB, là il n'a pas été constitué, ailleurs il ne se réunit que si l'on ne parle pas d'ours...). Où est le lieu d'échange, de dialogue, de concertation permettant le dialogue régulier entre éleveurs, protecteurs et administrations d'Etat ?
Si un groupe national ad hoc devait être constitué par co-construction pour l'ours pyrénéen, la mission, sachant qu'une telle instance de concertation risque toujours de se transformer en forum perdant de vue les qualifications techniques, recommande qu'en soit distinguée une instance de conseil strictement scientifique (exclusive des représentants d'associations et, hors secrétariat, d'établissements publics techniques) joignant aux scientifiques français des experts européens et nord-américains de l'espèce ours et des opérations de renforcement de population, afin de disposer d'un socle d'études et d'interprétations comparatives solide et régulièrement actualisé.
La dimension psychosociologique de la mise en oeuvre des deux plans impose de créer un lieu d'échanges entre éleveurs, protecteurs et administrations d'Etat, mais elle suppose que le délégué interministériel et les agents en charge du dossier fassent régulièrement du terrain et de l'accompagnement personnalisé en anticipant sur les interfaces ours –pastoralisme.
Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".
Commentaires de la Buvette
Un programme ambitieux et de très bonnes intentions. Voilà un traval qui, s'il est réalisé de cette manière, représentera un sérieux progrès dans le sens de l'acceptabilité. Les éleveurs ont été entendus et j'avoue que j'ai du mal à comprendre le boycott du Groupe National Ours alors que le programme présente de telles avancées qui vont dans le sens de leurs revendications. Mais ont-ils envie de négocier quoi que ce soit ? Ne présentent-ils pas simplement un frond du refus ? Leur bonne volonté et leur objectivité sera prochainemet mesurable.
"L'IPHB n'a pas pu faire vivre son dossier", voià des termes très diplomates pour qualifier le bilan de ce grand machin, usine à pâlabres et gros consommateur de subventions détournées de la suvegarde de l'ours vers le pastoralime. L'intention d'éviter de tels "forums", d'adjoindre des experts internationaux, spécialistes de l'ours va -t-il permettre des avancées ? L'Etat semble le vouloir ; reste à voir si les méthodes soporifiques de l'IPHB dans ce dossier et sa tendance à pondre des loghorées verbales pompeuses sans queue ni tête et destinées à reporter sans cesse les échéances, une des spécialité de Jean Lassalle et de Didier Hervé, pourra être évitée. L'Etat semble bien se rendre compte que ce qu'il a accepté pendant des années, ne peut plus l'être à l'avenir, mais il devra être beaucoup plus pro-actif pour éviter les pièges de cette usine à paperasse.