Les auditeurs insistent sur l’importance d’un pilotage organisé de la mise en oeuvre des deux plans par des chefs de projets MEEDDAT et MAP, et du dispositif général par un directeur de projet, délégué interministériel chargé de la cohérence globale des actions menées par l’ensemble des intervenants.
Sur ce point, il peut être utile de rappeler qu’une proposition en ce sens avait d’ailleurs été faite au ministre chargé de l’environnement par le chef de service de l’IGE au moment du démarrage des plans actuels.
"Dans tout ce qu'on fait, nous disait un sage berger, il y a une somme de contradictions, mais à un moment il faut faire le bilan".
Sur un tel sujet reconnu par tous comme passionnel, qui a la fois révèle des problèmes et remet en cause, l'un de nos interlocuteurs nous conseillait : "il ne s'agit pas d'être pour ou contre, mais de voir ce qu'il en est sur le terrain, de le vivre et de l'analyser". Incontestablement, depuis le premier renforcement de 1996, l'intégration des mesures de prévention aux méthodes traditionnelles de travail des professionnels a connu de réels progrès dans les zones de présence régulière de l'ours. Il importe de rendre durable cette intégration en l'étendant systématiquement aux zones de quiétude et de nourrissage qui ont déjà été décrites et peuvent faire l'objet d'une modélisation annuellement actualisée.
A la question qui nous a souvent été posée "finalement, qu'est-ce que l'Etat veut faire ? jusqu'où est-il prêt à s'engager pour une population réellement viable d'ours dans les Pyrénées? Quel pastoralisme veut-il maintenir avec les financements correspondants ?", il est clair qu'il ne peut pas répondre avec des messages contradictoires.
Les propositions du présent rapport récapitulées ci-après ont toutes pour objectif de favoriser la convergence des plans, la cohérence de leurs dispositions, l'affermissement de ce qui a réussi, la transparence sur les financements, l'attention à porter aux deux populations ursines ouest et centre pour leur consolidation, l'amélioration des protocoles concernant les "ours à problèmes" et les indemnisations des prédations, la communication sobre et appropriée, l'identification sûre des responsabilités, la valorisation des métiers et des productions, le sens du terrain et le respect des partenaires dans des dispositifs de concertation adaptés aux données économiques et psychosociologiques.
Éric BINET
Membre de l'Inspection Générale de l’Environnement
Alain ESCAFRE
Membre du Conseil Général de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Espaces Ruraux
Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".