Des mesures appropriées d'intervention favorables aux habitats naturels de l'ours

Des mesures appropriées d'intervention, soit favorables aux habitats naturels de l'ours, et notamment à son alimentation, soit de non intervention pour protéger sa quiétude, particulièrement en forêt (fermeture de pistes, non sortie de bois…)

La prise en considération des exigences biologiques de l'ours, parmi les espèces animales de montagne, concerne les ressources alimentaires, les zones de reproduction, l'écran visuel, la protection thermique, et surtout le non dérangement.

Ceci suppose dans certains espaces et dans certaines périodes, de nouveaux systèmes d'exploitation évitant les routes forestières, tels le câble et l'hélicoptère, une réglementation réellement appliquée des accès aux voiries forestières avec des obstacles et des contrôles [Nos interlocuteurs nous ont souvent confirmé que les mesures de réglementation des pistes soulèvent des questions de faisabilité et que les difficultés techniques et politiques de mise en oeuvre et de contrôle ne les rendent que très rarement efficaces (cf. déjà 1989 – DDAF 64)], et des reports de coupe chaque fois que nécessaire, avec les indemnisations correspondantes. La répartition spatiale des coupes doit en effet maintenir des zones de quiétude et de gagnage dans chaque secteur.

L'arrêté interministériel du 28 mars 1994 portait "approbation des règles de gestion applicables aux forêts domaniales situées en zones à ours dans les Pyrénées" ; il convient de l'appliquer, sans en atténuer la portée, mais au contraire en le rendant davantage lisible à partir de réalisations effectives.

Le regret de ne plus voir fonctionner les "comités techniques ours" qui ici ou là discutaient en amont des projets d'aménagement forestier de l'année, exprime une impression générale que l'ONF, le CRPF et en Béarn la commission forêts de l'IPHB ne mettent pas en oeuvre une politique perceptible et concrète de réalisations favorables à l'ours. Or, beaucoup des espaces de son biotope des Pyrénées centrales se trouvent en forêt domaniale. Il y a donc là un chantier à ré-ouvrir avec des agents de l'ONF dédiés à l'interface entre améliorations de l'habitat, limitations des pénétrations sur les sites sensibles, adaptations des aménagements en temps et lieux.

L'importance des terrains domaniaux dans les zones à ours impose une participation active de l'ONF à la protection de l'espèce : plantations favorables à sa nourriture, limitation de la création de pistes pénétrantes et contrôle effectif des accès réglementés aux pistes existantes, reports de coupes en cas de dérangements excessifs. Réactiver les "comités techniques ours" permettrait de rendre lisible et visible la prise en compte effective du plantigrade dans les projets d'aménagement. Simultanément la révision à la baisse des tarifs des baux consentis aux éleveurs ovins pourrait faciliter une concertation tripartite Etat-ONF-professionnels sur le sujet.

Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation  ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".

Commentaires de la Buvette

"La prise en considération des exigences biologiques de l'ours, parmi les espèces animales de montagne, concerne les ressources alimentaires, les zones de reproduction, l'écran visuel, la protection thermique, et surtout le non dérangement."  Maintenir des zones de quiétude et de gagnage, un arrêté de 1994 à appliquer vraiment, enfin.

J'apprécie le juste "En Béarn, la commission forêts de l'IPHB ne met pas en oeuvre une politique perceptible et concrète de réalisations favorables à l'ours." La charte de l'IPHB 'a jamais été respectée.

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