Le travail sur l'identification des zones favorables, notamment en disponibilités alimentaires et en possible quiétude, a été suffisamment engagé [Ainsi des cartographies de l'ONCFS de 1989 réactualisées en 1996.] pour que l'Etat connaisse les lieux privilégiés de présence possible et puisse commencer à réaliser des travaux d'amélioration des habitats et des opérations d'enrichissement trophique avec les propriétaires et gestionnaires du sol, et au premier chef l'Office national des Forêts ainsi que les communes.
Il s'agit notamment de vergers et de champs d'avoine favorisant la sédentarisation des ours,et particulièrement des femelles.
L'objectif n'est surtout pas de tracer un trait intangible définissant à la parcelle les secteurs où l'ours est "cantonné" [Le mot de "cantonnement" a fait florès ces derniers temps. Ambivalent, il désigne pour ceux qui refusent de parquer les brebis, l'exigence de parquer l'ours, soit dans un parc de vision, soit dans une réserve naturelle, soit dans des zones dédiées de quelques centaines d'hectares choisies et clôturées.] , mais bien d'identifier pour les deux noyaux occidentaux et centraux des Pyrénées les massifs dans lesquels il convient de concentrer les moyens de protection des troupeaux. Afin de ne pas disséminer ces moyens, ce qui est une mauvaise gestion budgétaire et n'a pas de réelle efficacité protectrice, il vaut mieux rassembler les énergies sur des secteurs d'action et de cohabitation possibles. Des cercles sur une carte pourraient permettre une visualisation à condition qu'il n'y ait là aucune irréversibilité et qu'ils soient ajustés chaque année après consultation du groupe technique ad hoc.
Faut-il l'ajouter, bien entendu les indemnisations ne connaîtraient pas ces limites et, selon une jurisprudence administrative constante, elles seraient assurées là où sont constatés les dégâts de prédations dus à des espèces protégées.
Source : "Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009" et "Évaluation ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013".
Commentaires de la Buvette
Sédentariser les ours, améliorer les ressources alimentaires, fruits, céréales... et concentrer les moyens de protection pour favoriser la cohabitation. On évite ainsi l'absurde liberté pour les brebis et le cantonnement des ours d'un monde à l'envers désiré par les ultrapastoraux. Même si la liberté de l'ours y perdra, au moins sera t-il encore là.