Si la mission place cette partie sur l’information et la concertation en fin de chapitre, ce n’est pas seulement parce qu’elle est le prolongement naturel des considérations techniques exposées supra et qu’il faut expliquer au public et aux socioprofessionnels, mais surtout parce qu’elle est la condition d’une bonne application de tout ce qui est proposé précédemment, et qu’elle boucle de cette manière le principal enseignement de l’analyse comparative présentée au début du rapport : la transparence et la gestion collectives.
L’information et la communication
Dans tous les pays visités, l’information des habitants et des parties prenantes fait partie intégrante des plans et mesures de gestion. Cette information et cette communication ne sont bien entendu pas absentes du Plan de restauration dans les Pyrénées, tant vis à vis des élus et du grand public que des socioprofessionnels : lettre d’information semestrielle, communiqués de presse, dépliants, site Internet, sensibilisation des scolaires, etc. Elle devra se poursuivre et s’accentuer pour la mise en œuvre des propositions de ce rapport.
Concernant la localisation des ours, elle ne pourra pas dans le futur être connue précisément dans les Pyrénées, sauf circonstances particulières (observation directe, photographie, traces très récentes, pouvant être datées…), ce qui est déjà le cas pour la majorité des ours présents. L’identification certaine d’un animal, ayant déposé un indice en un lieu connu, mais à une date indéterminée, sauf cas particuliers, devra attendre l’analyse génétique.
Dans ce contexte, le partage de l’information et la transparence sur les méthodes de collecte d’indices et d’interprétation de résultats sont essentielles pour connaître, mais inévitablement avec délai (le temps des analyses génétiques), l’effectif estimé des animaux, et les points de passage répertoriés de ceux-ci.
En revanche, toute localisation d’un ours, instantanée ou récente et prouvée (individu souvent non identifié, notamment suite à prédation) devra être largement portée à la connaissance du maire de la commune et des communes voisines, des responsables des agriculteurs et groupements pastoraux et des associations communales de chasse.
Mais sauf cas d’urgence, l’identification de l’ours par la génétique ne pourra être réalisée que plus tard, les déterminations en laboratoire devant être regroupés en un ou deux traitements annuels d’échantillons, pour maîtriser les coûts. Il en est ainsi dans les pays visités. Les pièges à poils des stations de suivi sont relevés tous les 15 jours : par contre, en raison du coût, les analyses sont faites en deux sessions annuelles, sur échantillons regroupés : juin et novembre. Une procédure d’urgence, coûteuse, peut donner une détermination d’échantillon en 15 jours. Dans le cas habituel, le délai entre la collecte de l’échantillon et l’identification de l’animal est de 1 à 6 mois. La date de passage de cet animal sur le lieu de piégeage est connue dans ce délai, avec une incertitude de 15 jours. Les recherches simultanées d’indices se font sur neige fraîche, à des dates fonction de la météo, en mai et en octobre.
Trois synthèses de données peuvent être produites dans l’année :
- 30 juin : synthèse des recherches simultanées d’indices, enrichie le cas échéant des indices kilométriques d’abondance et de témoignages validés.
- 1er septembre : données précédentes consolidées avec les identifications génétiques : individus (génotypes) différents sur échantillons collectés au 1er semestre, sexes et dates de présence (à la quinzaine de jours près) sur les pièges.
- février : synthèse annuelle, avec l’ensemble des données issues des analyses génétiques.
La synthèse du 30 juin est utilisable par les élus et les éleveurs ; la synthèse du 1er septembre intéressera principalement les chasseurs.
La mission recommande que soient élaborées dans l’année ces trois synthèses, avec une large diffusion auprès des élus, des responsables agricoles et groupements pastoraux, des Fédérations de chasse et associations locales concernées, des associations d’environnement.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
Au vu de ce qui s'est passé avec l'ourse Francka (l'utilisation des localisations pour l'organisation de battues), la publication des localistions précises doit être retardée en cas de conflits avec les éleveurs.
Lire la suite : 5.6.2 La concertation et la gouvernance